Festival de Cannes 2008 : Alfonso Cuaron

A 47 ans, s'il n'est pas l'égal d'un Steven Spielberg ou d'un Gus Van Sant, nul doute que le réalisateur mexicain fait maintenant partie des grandes figures cinématographiques contemporaines, non pas par le prestige de ses œuvres, mais bien par son talent et sa technique.


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De 1983 à 1990, Alfonso partage son temps entre la réalisation de courts-métrages et d'épisodes de séries pour la télévision mexicaine. Son premier long métrage, Solo Con tu Pareja (Uniquement avec ton Partenaire, 1991), lui offre un certain succès et une bonne réputation dans son pays natal. Alfonso s'envole alors vers les Etats-Unis, et accepte de tourner pour la série Fallen Angels (1993).
Deux ans plus, il réalise son second long métrage, Une Petite Princesse (1995), transposition cinématographique du célèbre dessin animé Princesse Sarah. Le film n'arrivera jamais en France, mais sera plutôt bien reçu outre-Atlantique. En 1998, Alfonso adapte le roman de Charles Dickens, De Grandes Espérances (1998), réunissant à l'écran Gwyneth Paltrow, Ethan Hawke, Robert de Niro, et Anne Bancroft.
2001 sera à la fois un retour aux sources et un bond en avant. Retour aux sources, car Alfonso retourne au Mexique pour tourner Y Tu Mama Tambien (2001), comédie dramatique sur la jeunesse et le passe à l'âge adulte, avec notamment Gael Garcia Bernal ; bond en avant, car il fait ses premiers pas de producteur en associant son nom à L'échine du diable (2001) de Guillermo Del Toro.


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2003 est la consécration, Alfonso succède à Chris Colombus aux commandes de la franchise Harry Potter, et réalise Le Prisonnier d'Azkaban (2003). Si le film n'est, certes, pas le plus réussi de la saga, il affiche des qualités indéniables qui seront retrouvées dans ses prochaines réalisations. En 2006, il réalise un petit court-métrage pour le recueil Paris, je t'aime (2006), et y dirige Nick Nolte et Ludivine Sagnier. Parallèlement, il produit The Assassination of Richard Nixon (2004) de Niels Muller et le très beau Labyrinthe de Pan (2006) de Guillermo Del Toro.
En 2007, Alfonso livre Les fils de l'homme (2007), film d'anticipation porté par un sujet intéressant mais aussi, et surtout, par une réalisation chiadée et impressionnante. Cuaron y multiplie les plans-séquence de grande envergure, éblouit par son sens visuel, et signe une des œuvres majeures de l'année, à défaut d'être un grand succès.
Aucun projet en cours, mais Alfonso Cuaron reste très énergique dans son activité de producteur. Il sera membre du jury du Festival de Cannes de 2008, sous la houlette de Sean Penn et aux côtés de Natalie Portman et de Marjane Satrapi (Persepolis).


Le jury et les films de Cannes 2008
Sean Penn

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8 commentaires

  • nazonfly

    14/05/2008 à 11h17

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    Faut que je me tienne à un truc cette année : regarder dans combien de salles sortent les films de la sélection officielle et regarder les entrées qu'ils font. Je suis sûr qu'il y a de quoi rigoler (l'année passée, seulement 1 film de Cannes a dépassé le million d'entrées et a donc figuré par les 41 films les plus vus!)

  • Loïc Massaïa

    20/05/2008 à 07h24

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    Alors, pour précision, Persépolis est ce qu'on apelle, de facon barbare, une auto-fiction, une autobriogaphie romancée en somme. Ca n'est pas une stricte autobio.


    Sinon, mais là j'en suis moins sur, il me semble que dans ses BD citées en fin d'articles, certains sont en fait des albums illustrés et non pas de la pure BD (mais ca demande confirmation).


     


     

  • Loïc Massaïa

    20/05/2008 à 07h31

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    C'est vrai que Les fils de l'homme est exceptionnellement bien réalisé!


    une vrai claque (pour etre exact, ca ressemble plus a un gros coup de bazooka dans la gueule).


     Ce qui manque a Cuaron maintenant, c'est un peu plus de profondeur dans les personnages et les thématiques abordées, et il pourrait aller loin. Pour l'instant ses films ne sont guère personnel (même Y tu mama tambien, celui qui ressemble le plus à un "film d'auteur' n'est finalement guère personnel, ressemblant a s'y méprendre à tout un tas d'autres films du meme genre...)


    Ca reste un réalisateur a suivre. 

  • riffhifi

    20/05/2008 à 09h44

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    Je ne saisis pas bien la différence entre autobiographie et auto-fiction : dans le cas de 99f je veux bien, le personnage s'appelle Octave et tue des gens. Mais dans Persepolis, il s'agit bien de Marjane, et des évènements qui se sont passés dans sa vie. Où est la fiction  ?


    En revanche, Sagesses et malices de la Perse est effectivement un album illustré, collectif de surcroît, qui reprend des contes populaires persans

  • hiddenplace

    20/05/2008 à 22h03

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    J'ai revu dernièrement Les fils de l'homme, j'ai eu moins de frissons que la première fois, mais je confirme quand même le coup de bazooka


    (j'avais lu quelque part à l'époque, que le film rappelait/ utilisait des procédés de FPS, mais comme je ne joue pas du tout à ça, je me rends moins compte)


    Sinon par contre, le Harry potter et le prisonnier d'Azkahban est l'adapatation que je préfère, des HP... 

  • Kei

    20/05/2008 à 23h07

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    The Assassination of Richard Nixon (1994) de Niels Muller et le très beau Labyrinthe de Pan (1996) de Guillermo Del Toro.


    CE serait pas 2004 et 2006 plutôt ? Je n'y connais rien, mais ça me parait plus cohérent avec le reste.

  • Nicolas

    21/05/2008 à 10h27

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    Absolument Kei !

  • Loïc Massaïa

    22/05/2008 à 10h39

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    Elle mélange tellement la réalité et la fiction que finalement ca devient impossible de s'y retrouver.


    Elle a prit sa vie, et elle l'a romancée, alors que Begbeider (ca s'écrit comme ca?) s'est inspiré de sa vie et a completement inventé autre chose. c'est un peu différent^^

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