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Ma femme... s'appelle Maurice

Ticket en poche, idées fraîches ou peu s'en faut, bien préparé aux pires blagues que l'on pourrait inventer, je franchis d'un pas alerte le seuil de la salle. Je suis seul. Un lundi après-midi, c'est compréhensible, mais c'est toujours impressionnant. Je pose mon dévolu sur LE siège qui sera occupé pendant la séance, le mien, qui se trouve être un peu plus confortable que d'habitude (le dossier était tordu comme une chaise longue). Les lumières s'éteignent, c'est une projection pour moi, seulement pour moi. Ma vie défile devant mes yeux, alors que les bandes-annonces se terminent. J'étais préparé à tout. Je devais le faire.

En plein week-end amoureux à Venise, Emmanuelle (Alice Evans) découvre que son amant Georges (Philippe Chevallier) n'a pas divorcé comme il le prétendait. Le bougre préfère s'esquiver en douce et rejoindre sa femme Marion à Paris, alors que la belle rumine déjà sa vengeance. De retour en France, elle n'a qu'une idée en tête : révéler à Marion la véritable nature de son mari...

A l'origine, Ma Femme s'appelle Maurice tire son scénario de la pièce de théâtre du même nom interprétée pendant plusieurs années par le célèbre duo de comiques Laspalès & Chevallier. 2001, Jean-Marie Poiré, immanquable guide de l'humour français, s'approprie le projet d'une adaptation ciné. Horreur. Voici donc les deux têtes d'affiche transposées sur grand écran, se travestissant pour la bonne cause : le rire. Soyons sérieux, la pièce se révélait déjà plutôt moyenne, en dépit du talent comique dont les acteurs principaux disposent (un nombre important de sketchs inénarrables derrière eux). Mais si en plus, la motivation de faire un bon film n'existe pas, on court à la catastrophe. C'est donc le cas. Si vous avez pleuré devant la réalisation de (Team) Riders, préparez-vous à ressortir les mouchoirs, celui-ci fait aussi très très mal à la profession. Exemple : conscient de ne pas faire un film d'action, Poiré a jugé bon de tourner toutes les scènes de pilotage (intégralité des scènes vues à l'intérieure d'une voiture) en studio, de façon à ce que le spectateur le remarque. Quelques autres points pourraient encore faire l'objet d'une dissertation, comme les raccords bidons et l'utilisation très spéciale de la Bande Originale (coupant le son soudainement pour laisser parler les protagonistes), mais les mots seraient de trop pour honorer la mémoire de ce monstrueux boudin de bobines français. Hommage spécial à Régis Laspalès, visiblement aware de la cochonnerie présente, qui ne nous offre même pas son extravagance habituelle.

Outre le fait que le sujet n'avait pas de grandes chances de m'arracher un sourire, Ma Femme s'appelle Maurice souffre de la quasi-intégralité des défauts qu'un film pourrait afficher, même pas regardable dans un état d'esprit nanar. Procurez-vous plutôt un spectacle de Laspalès & Chevallier, c'est mon conseil !

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1 commentaires

  • Anonyme

    24/04/2010 à 20h55

    Répondre

    Moi j'étais mort de rire! =D

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