5.5/10

Fauteuils d'orchestre

L'innocence au pays du luxe

Jessica (Cécile De France), jeune provinciale innocente, vient à Paris pour travailler dans le quartier des Champs Elysées. Au culot, elle obtient un job de serveuse qui lui permet d'observer un microcosme où se mêlent artistes, collectionneurs et opportunistes...

Fauteuils d'orchestre énerve presque autant qu'il réjouit. Avec sa représentation humoristique des tracas d'un quartier riche, le troisième film de Danièle Thompson (Décalage Horaire) est inégal. Construit sous forme de petits tableaux de caractères qui coexistent dans un même périmètre restreint, le long métrage varie en fonction de la pertinence de ses histoires et interprètes. Fraîche, pétillante et rayonnante, Cécile de France démontre un talent indéniable. Elle est ici comme une fleur qui, à peine éclose, découvre un monde riche qui se trouve des problèmes. Certes le malheur n'est pas l'apanage des pauvres, mais le côté petit bourgeois mécontent de l'oeuvre apparaît parfois un peu hautain. Passé cet aspect qui pourra en froisser quelques uns, Fauteuils d'orchestre navigue entre comédie bien dialoguée et niaiserie bien mièvre.

Le récit du pianiste enfermé dans les ambitions de sa femme constitue la plus grande réussite du film. Mené par un Albert Dupontel toujours aussi brillant, l'histoire rassemble un divin mélange de musique, d'émotion et d'amour. Le musicien classique est tiraillé entre sa vision universelle de son art et la contrainte d'un luxe quotidien qui le répugne. Derrière, l'histoire de Catherine Versen (Valérie Lemercier), actrice en rêve de grands rôles, ne manque pas de drôlerie. Déluré et rempli de scènes cocasses, son tournant de carrière entraîne la majorité des rires. Lemercier habite grandement sa protagoniste et explose lors d'une représentation finale délirante. La dernière histoire, celle du collectionneur et de son fils, tient plus de l'anecdote que d'autre chose.

Observé de l'oeil innocent d'une provinciale, cette micro vie parisienne baignant dans le luxe offre autant de rires que d'agacements. Les mini drames de ces nantis ont du mal à causer de l'émotion, encore moins lorsque la réalisatrice tombe dans une niaiserie pleurnicharde.

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Nouveau Monde (Le)

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