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Eye - 2003 (The)

Aveugle depuis l'âge de deux ans, Mann bénéficie dix-huit printemps plus tard d'une transplantation de cornée qui doit lui permettre à terme de recouvrer la vue. Suite à l'opération, elle apprend à composer avec ce nouveau sens et un sentiment étrange : celui de voir des êtres inquiétants voire agressifs que son entourage, justement, ne remarque pas. Ses nouveaux yeux permettraient-ils de voir des fantômes ? L'avenir ? Les deux à la fois ? Mais surtout : pourquoi ?

Scénaristes, monteurs et réalisateurs, les jumeaux Danny et Oxide Pang ont déjà démontré leur savoir-faire avec Bangkok Dangerous, polar mélodramatique sur un tueur sourd muet. Sans se résumer à la même chose, The Eye présente quelques points communs avec son prédécesseur. D'abord parce que le film appartient clairement au domaine fantastique, ce qui le limite à un exercice de cinéma de genre (comme avec le film policier), aussi brillant soit-il. Ensuite parce qu'il s'agit à nouveau de mettre en scène un protagoniste atteint d'un handicap (en l'occurrence, la cécité). Enfin parce que les frères scénaristes ont puisé leur inspiration d'un fait divers tout simplement lu dans le journal : après avoir retrouvé la vue grâce à une greffe de la cornée, une jeune femme habituellement optimiste et parfaitement équilibrée se suicide.

Mann, l'héroïne de The Eye (formidable Lee Sin-Jie), ne se suicide pas mais les frangins Pang nous racontent ce qui, selon eux, pourrait l'y pousser. Apparitions inquiétantes, prémonitions de morts... Pas vraiment une vision ordinaire. Le spectateur pourra bien sûr penser à Sixième Sens mais surtout à Ring, dont le film reprend la structure : première partie horreur pure, ici très réussie car très flippante, deuxième partie enquête (découvrir le pourquoi dont on devine malheureusement aisément la teneur) avant le coup de théâtre final. Celui de Ring effrayait beaucoup plus.

La mise en scène révèle deux réalisateurs doués qui manquent peut-être encore de constance dans l'inspiration (deux ou trois passages méritaient sans doute une coupe). Heureusement, leurs effets fonctionnent presque à tous les coups et leur script s'avère suffisamment malin pour supporter l'appui. Certaines intrigues secondaires se révèlent à cet égard particulièrement judicieuses (la petite fille atteinte du cancer, notamment).

Cela dit, l'efficacité de l'ensemble n'efface en rien la question que peut se poser tout amateur de pellicules démoniaques : à quand le film d'horreur qui nous empêchera de dormir pendant quinze jours ? Oxide et Danny Pang travaillent actuellement sur une suite de The Eye. Difficile d'y croire, mais pourquoi pas.

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Good bye Lenin !

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