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Eva, le mélo SF intimiste

En 2041, la robotique a fait d'énormes pas en avant. Alex revient à la Faculté de Robotique après dix ans d'absence pour créer un enfant androïde. Le premier robot libre, qui devra ressembler à un véritable enfant. Il retrouve alors Lana, son amour de jeunesse, et son frère David, qui ont refait leur vie ensemble. Et il va surtout faire la connaissance d'Eva, sa nièce, une petite fille étonnante et charismatique. Entre Eva et Alex se dessine une relation particulière, et ce dernier décide alors, contre l'avis de sa mère Lana, de prendre Eva pour modèle de son futur androïde…


L'étonnante Claudia Vega (Eva)

Prenant le contre-pied de la quasi totalité de la production cinématographique de genre de ces dernières années, Eva est un film de science fiction atypique. Lorgnant tantôt vers la comédie dramatique ou vers la chronique intimiste, il met de côté l'univers et l'imagerie SF habituellement sur-exploités au cinéma pour se consacrer exclusivement à ses personnages. Notamment la relation entre Alex et Eva, retranscrite avec une réelle justesse. La jeune Claudia Vega créve l'écran par sa nature impétueuse et impertinente, et sa fraicheur naturelle. Face à elle, Daniel Brühl nous transmet parfaitement grâce à son charisme simple et juste de la sympathie pour son personnage.


Le chat-robot d'Alex aux cotés des deux frères, Alex et David

Contrairement à ce qu'on à l'habitude de voir, le métrage n'hésite pas à nous montrer autre chose que la candeur enfantine. Les angoisses, les colères foudroyantes, l'impertinence, Kike Maillo à bien compris que ses personnages, pour paraître vrais, devaient aller au-delà de l'habituelle caricature hollywoodienne. Mais le film ne s'arrête pas là et tente de dépeindre avec la même justesse des relations amoureuses et fraternelles compliquées. Malheureusement, ici, il échoue partiellement, en nous proposant une suite de cliché qui n'amène finalement pas grand chose au film, si ce n'est un prétexte pour le rendre un peu plus dense. Les acteurs sauvent la mise, mais le cinéaste peine à nous convaincre qu'il s'intéresse réellement à ce sujet-là.


Voilà comment on programme en 2041

Au contraire, tout ce qui touche à l'intelligence artificielle est particulièrement bien transmis, et nous fascine. Qu'il s'agisse du chat-robot, aussi crédible que celui de ma voisine, de l'amusant majordome-cyborg qui peut régler son niveau d'empathie, ou tout le travail qu'Alex réalise au sein de son projet. La scène de colère du robot-test est particulièrement remarquable, et fait d'un seul coup basculer la fascination dans l'angoisse.


Le robot-test acceuillant la personnalité d'Eva

La mise en scène contemplative fonctionne parfaitement sur certaines scènes, et moins sur d'autres, donnant au film un rythme bancal et fragile. Si globalement Kike Maillo s'en sort bien, on sent qu'il à du mal à trouver son ton, et à décider à quel sujet il voulait réellement consacrer son film. Jamais à aucun moment on ne sent le film décoller vraiment, et quand il tente de le faire, c'est pour aller dans la direction la moins intéressante, celle du mélo moralisateur avec une note d'espoir au bout, avec plein de violons et de plages de sable sous le soleil couchant...


Non non je n'ai pas exagéré: la preuve

Dommage que le film n'ai pas réellement pris plus position vers l'intime ou la SF ; celle du mélodramatique, bien plus classique au final gâche un peu le potentiel d'un film qui a eu l'audace de faire les choses autrement. Mais par les temps qui courent, c'est déjà pas mal.

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Hugo Ruher

    21/08/2013 à 12h23

    Répondre

    Complètement d'accord avec cette critique.Le film aurait pu être bien mieux vu les thèmes abordés et le contre-pied fait à la production actuelle.Dommage que l'espèce de triangle amoureux soit surexploité au détriment du reste, mais ça reste quand même un très bon film, content de l'avoir vu en tout cas!

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