8.5/10

Il était une fois en Chine - La secte du lotus blanc

Un an après Il était une fois en Chine, Jet Li porte toujours sa grande natte. Par contre, maintenant, il tabasse d'autres Chinois. Dont Donnie Yen. Et toujours pour la bonne cause.

Si nous connaissons Jet Li pour ses apparitions dans certains quasi-nanars américains (The One, Rogue : l'ultime affrontement), il est néanmoins l'un des pratiquants d'arts martiaux les plus fameux du cinéma. Une bonne raison pour Stallone de l'engager pour son grand film d'action Expendables : Unités Spéciale, prévu pour le mois d'août 2010. 
Il était une fois en Chine était un digne représentant de la filmographie de Jet, La Secte du Lotus Blanc est indéniablement l'un de ses fleurons. Critique.


Si Il était une fois en Chine premier du nom était plus subtil à appréhender, La Secte du Lotus Blanc se veut plus concret, plus manichéen dans son approche, mais tout aussi pertinent. Le film expose une situation très facile à comprendre : l'impérialisme anglais irrite une partie de la population chinoise qui souhaite conserver son indépendance politique, et rejette donc violemment tout ce qui provient de l'occident. Les colons font donc les frais du terrorisme chinois, tandis que le peuple paye les pots cassés par une minorité de fanatiques, pris entre deux flambeaux : refuser le progrès ou être la cible des actes de brutalité anti-occidentalisme. Le personnage de Tante Yee subit bien malgré lui ce feu croisé : étant Chinoise occidentalisée, la secte du Lotus Blanc la traite comme une « sorcière » et entend bien repousser sa « magie démoniaque ».
La désignation « secte » n'est cependant pas utilisée au hasard. Qu'y a-t-il généralement au centre d'une masse de fanatiques religieux violents et irraisonnables ? Un homme, un prêcheur, un envoyé des dieux aux grands pouvoirs, un type capable d'arrêter les balles et de briser les lames à mains nues. La puissance de sa conviction ne peut supporter d'être contredite, et c'est pourquoi il s'érige lui-même en tant que « Parfait des Neuf palais », et édicte ses lois en se proclamant à l'écoute des toutes-puissances divines.

Wong Fei-Hung (Jet Li) reste égal à lui-même : c'est un observateur, un intellectuel posé, et un artiste martial de la plus grande qualité. En d'autres termes, il est le schéma type du héros parfait, à peine altéré par quelques menus défauts qui ne peuvent entacher son charisme et sa superbe. A sa grande habitude, il ne prend pas parti, se contente de défendre les siens et les opprimés, constatant le déclin de son pays et le mal qui le ronge de l'intérieur, mais qui ne peut se résoudre à prendre les armes sans avoir analysé la situation dans sa globalité.
Son hégémonie martiale est totale, aucun adversaire ne semble l'inquiéter ou lui faire peur, ce qui le hisse à une stature de personnage légendaire, de figure mythologique, bien davantage que dans le premier.
Ce piédestal est encore surélevé par la qualité des chorégraphies martiales, un cran au-dessus de celles de son prédécesseur, techniquement parlant, mais également un poil plus fantasmagorique. Les manquements à la gravité sont évidemment fréquents, grâce aux systèmes de câbles, mais les personnages ne se contentent pas de faire preuve d'un équilibre exacerbé. N'importe quel objet, entre leurs doigts, devient une arme redoutable, à commencer par un morceau de tissu roulé qui semble devenir un véritable bâton entre des mains expertes. Et ces mi-mines appartiennent notamment à Donnie Yen, un autre amateur d'arts martiaux de très très grande maîtrise, qui nous fait le bonheur de donner à Jet Li la possibilité d'exercer son talent à son plus haut niveau. Les deux acteurs manient le bâton comme personne et donnent aux combats des allures fantastiques du plus bel effet.
Tsui Hark a décidé de produire un effort sur la narration proprement dite : son film est plus clair et semble donc au premier abord plus simpliste. Néanmoins, l'histoire demeure d'une qualité au moins égale au premier film, harmonisant le contexte historique réel avec la fiction teintée de fantastique. C'est avant tout sa manière de gérer les combats qui impressionne. La quantité d'affrontements est énorme (les trente dernières minutes en regorgent), mais pourtant le rythme et la lisibilité n'en pâtissent pas.

Une suite lancée sur les traces de Il était une fois en Chine, mais en beaucoup plus lisible, en plus fantaisiste, et explorant avec plus de facilités les capacités physiques des acteurs. Jet Li, malgré quelques carences de jeu, en impose toujours grâce à sa très grande maîtrise technique, et trouve un formidable partenaire de combat en la personne de Donnie Yen. Pour tout cela, La Secte du Lotus Blanc est l'épisode qui brille au sommet de l'édifice construit par la série Il était une fois en Chine.

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Tamara Drewe

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1 commentaires

  • weirdkorn

    14/08/2010 à 14h20

    Répondre

    Les "Il était une fois en Chine I et II" font sans aucun doute partie des meilleurs films d'art martiaux jamais réalisés.


    Merci Nico pour cette critique.

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