7.5/10

Enfin veuve

Presque aussi drôle et émouvant que le précédent long métrage de Isabelle Mergault réalisatrice, Je vous trouve très beau.

Il y a deux ans, Isabelle Mergault se faisait étriller par la presse avant la sortie de Je vous trouve très beau, puis rencontrait le succès public qu'elle méritait, suivi d'un César encourageant. Enfin veuve semble promis au même destin, recueillant des critiques à la limite de la mesquinerie (l'une d'elle affirmant que le seul bon acteur du film serait le chien) mais suscitant en salle le même rire et la même émotion que le premier film de la réalisatrice.

Du côté de Marseille, Anne-Marie (Michèle Laroque) est mariée à Gilbert (Wladimir Yordanoff), chirurgien esthétique sans humour, sans affection et qu'elle a cessé d'aimer depuis longtemps. D'ailleurs, son cœur appartient désormais à Léo (Jacques Gamblin), qui s'apprête à partir en Chine et lui propose de commencer ainsi leur vie à deux. Elle est sur le point d'accepter, lorsque Gilbert se tue en voiture, occasionnant du même coup une invasion familiale qui paralyse complètement Anne-Marie.

Indéniablement, Enfin veuve opère sur le même territoire que Je vous trouve très beau : des personnages ordinaires, émotionnellement fragiles, et trop soucieux du Michèle Laroque et le chien d'Einstein
Michèle Laroque et le chien d'Einstein
regard des autres. Là où Michel Blanc n'osait pas avouer à son entourage sa recherche d'une compagne dans un pays de l'Est, Michèle Laroque s'interdit de révéler à son mari, puis à son fils, qu'elle aime un autre homme et que son seul souhait est de partir avec lui. Si le postulat est un prétexte idéal à une série de gags plus ou moins réussis, il mène également, à terme, à la plus douloureuse des situations : celle où le personnage, à force de vouloir ménager la chèvre et le chou, finit par faire le malheur de tout le monde. Soit la démarche strictement opposée à l'égoïsme absolu, pour un résultat identique.

On retrouvera donc ici cette même capacité d'Isabelle Mergault à alterner le très drôle et le poignant, avec un bémol dans la première catégorie, moins au point que dans son précédent film : si les amateurs de Kaamelott, entre autres, apprécieront à leur juste valeur la présence de Anne Girouard et surtout de Franck ‘Perceval' Pitiot, on pourra regretter le jeu outrancier du fils, et les dialogues souvent maladroitement écrits entre Laroque et sa domestique Nicole (Valérie Mairesse). Mais au bout du compte, Isabelle Mergault ne déçoit pas, et s'affirme comme une scénariste-réalisatrice bien plus significative que ce que les mauvaises langues pouvaient en dire au départ. On notera également que Michèle Laroque et Jacques Gamblin, pas toujours employés au mieux de leurs capacités, sont ici impeccables de justesse.

Avec un réel sens de l'écriture et une sincérité qui rend le film terriblement attachant, Mergault pose une deuxième pierre dans une filmographie qu'on espère voir s'enrichir très vite. En espérant qu'elle évite au maximum la répétition, car varier le lieu de l'action et le sexe du personnage principal ne masque pas éternellement la reprise des mêmes thèmes.

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3 commentaires

  • Umbriel

    21/01/2008 à 11h31

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    J'avoue que j'hésitais à aller le voir, mais ta critique m'a convaincue de le faire


    Merci

  • Anonyme

    21/01/2008 à 22h56

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    film rempli de sensibilité, on retrouve la patte d'Isabelle Mergault. Michèlle Laroque est excellente.J'ai passé un très bon moment

  • Anonyme

    24/01/2008 à 21h57

    Répondre

    Trés trés bon film, rien a redire sur cette critique

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