6/10

Embrassez qui vous voudrez

Plutôt corsé, ce 9 Octobre 2002 ! Le cinéma français n'a rien trouvé de mieux pour contrer la sortie pétaradante de xXx (Triple X, pour les adeptes de la diction) que de lui opposer une comédie, singulière et gentillette comme lui seul sait en faire. Casting blindé, et vrais comédiens de talent aux commandes, Embrassez Qui Vous Voudrez ne démérite cependant pas dans son rôle de substitut coupe-américain.

Alors que son mari Bertrand (Jaques Dutronc) reste à la maison s'occuper de ses affaires, Elisabeth (Charlotte Rampling) passe ses vacances au Touquet en compagnie de sa meilleure amie Julie (Clothilde Coureau) et du bébé de cette dernière. Sa fille, Emilie (Lou Doillon), s'est envolée avec une soi-disante copine qui se révèle être en fait son amant Kevin, un employé de son père. Elisabeth retrouve sur le terrain de ses vacances un couple d'amis sans le sou, Vero et Jérôme, ainsi qu'une femme collée à un névrosé jaloux comme pas deux...

Le titre est on ne peut plus évocateur : le film tournera autour du sexe, d'une série de relations plus ou moins ambiguës, voire même étranges. Chacun des protagonistes taille son caractère dans un problème, un fantasme, un comportement pas forcément acceptable, et se complaît à le cacher, ou inversement à le laisser s'exprimer puissance dix. Le croisement de tous ces petits travers constitue le scénario de Embrassez Qui Vous Voudrez. Plan livré clés en main : sexe et dépendances. L'un cherche sa sexualité, l'autre est amoureux d'une fille très libre, un autre ne peut pas s'empêcher de draguer à tout va... Cette absence de véritable intrigue amène inévitablement d'autres problèmes : un fil conducteur bien mince et une architecture fragile. Reste cependant le moteur, un panel d'acteurs motivés et en grande forme (Michel Blanc en tête dans son rôle de jaloux étouffant), la carrosserie parfaitement polie par le génial talent de l'ancien du Splendid, et une mécanique rondement assemblée de bons mots et de répliques cinglantes.

Embrassez Qui Vous Voudrez succède au tandem Jaoui-Bacri dans la catégorie des portraits atypiques et grinçants, emmené par un Michel Blanc qui signe certainement son oeuvre la plus aboutie en tant que réalisateur. Le scénario, maladroitement construit, ne peut pas être pris une seule seconde au sérieux et s'enlise dans une série de rapports humains sans véritable but, sauvé de justesse par un casting remonté et motivé.

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