7.5/10

Elite de Brooklyn (L')

Un polar à l'ancienne porté par un scénario d'une grande intensité dramatique, et par un trio d'acteurs au coeur de leur sujet. Intéressant, prenant, et désormais dans les bacs à DVD / Blu-ray. 

Désormais cantonné aux rôles de petite envergure, dont la plupart n'atteignent pas les côtes françaises, voilà que nous retrouvons notre Richard Gere dans un polar américain. Pas de quoi faire du remous, certes, mais la présence à l'écran de Ethan Hawke et de Don Cheadle invite néanmoins à s'attarder sur cette production bien plus intéressante qu'il n'y parait.

Affectés au même quartier, les vies de Sal, Clarence, et d'Eddie semblent sur le point de basculer. Alors que ce dernier n'est qu'à quelques jours d'une retraite qui s'annonce déjà désespérement solitaire, Clarence se bat pour sortir de sa couverture de trafiquant de drogues et récupérer sa vie, et Sal se tord les méninges dans tous les sens pour trouver l'argent nécessaire à la sauvegarde de sa famille, bientôt agrandie. Au coeur de Brooklyn, ces trois destinées vont s'effleurer et se déchirer...


L'Elite de Brooklyn
nous amène donc à côtoyer la vie de trois policiers, chacun s'apprêtant à prendre un tournant de son existence. Le premier compte les jours jusqu'à sa retraite, le second essaye d'amasser frauduleusement un petit pécule pour déménager convenablement sa famille, et le dernier se lamente en regardant sa vie se perdre dans une opération sous couverture qui n'en finit jamais. Autrement dit, trois grands axes scénaristiques assez fréquents lorsque l'on évolue dans le monde du polar (souvent jalonné de « fuck » et d'autres joyeusetés de la même fabrique), mais portés au nu par une intrigue qui se veut tout sauf complaisante. Tout est dans le traitement, et Antoine Fuqua semble l'avoir remarqué, son film avance à petit à petit et finit par hypnotiser, élevant de quelques points la tension dramatique à chacun de ses pas. Par moment, celle-ci fait une sorte de soubresaut, au travers de quelques scènes d'une violence, physique ou psychologique, assez poignante. Le dénouement est à l'image du reste : pas de twist final, pas de regain d'originalité, le film se finit comme un bon vieux polar à l'ancienne, dans le blues et la mélancolie. Merci en tout cas aux acteurs principaux, qui parviennent à donner suffisamment de relief aux personnages pour qu'aucune des trois histoires ne soit laissée pour compte, malgré leur traitement en parallèle. C'est ainsi avec plaisir que l'on retrouve enfin un peu du talent de Richard Gere, bien loin des rôles habituels que l'on lui connaît - ce qui n'enlève rien au mérite de Don Cheadle et de Ethan Hawke, dont les incarnations semblent déjà plus traditionnelles pour ces deux pointures. Intéressant également de retrouver Wesley Snipes sur grand écran, dans un rôle certes moins important que les autres.

En jouant la carte du conventionnel, Antoine Fuqua fait mouche et livre une nouvelle référence du polar, portant ces trois acteurs principaux au sommet de leurs capacités en ce domaine. On suit avec une certaine tension ces 120 minutes violentes et dramatiques, recherchant l'hypothétique issue heureuse qui pourrait bien ne jamais arriver...


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