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Dune - 2000

La folie des grandeurs

La famille Atreïde reçoit l'ordre de prendre en main Dune, la fabuleuse planète où l'Epice, cette substance qui dirige tous les échanges commerciaux de tout l'Univers, est omniprésente. Une infâme trahison, mêlant la famille Harkonnen et le grand Empereur, va cependant détruire le nouvel Ordre en place et mettre un terme aux jours du duc Leto Atreïde. Condamnés à fuir à travers les immenses contrées désertiques de la planète, sa concubine Jessica, et son fils Paul, vont trouver refuge auprès des Fremen. Les Fremen, ce mystérieux peuple du désert, qui voit en Paul l'être qui saura leur donner une véritable existence, l'être qui saura les commander et faire jaillir l'eau, cette substance si chère à leurs yeux.

Inspirés par l'oeuvre grandiose de Frank Herbert, nombreux furent les réalisateurs qui tentèrent d'adapter Dune au cinéma: il y eut Alexandro Jodorowsky en 1975, dont le projet, qui lui coûta deux millions de dollars, ne se concrétisa jamais. Il y eut également un projet mêlant le génialissime auteur d'Alien : Ridley Scott, mais là encore le projet n'aboutit pas. David Lynch en personne s'attela à son tour à cette difficile adaptation : en 1984, ce furent 75 millions de dollars employés pour un échec commercial retentissant. Alors John Harrison entreprit à son tour de reconstituer l'univers futuriste du roman de Frank Herbert. Résultat : une oeuvre extrêmement fidèle, précise mais longue de presque cinq heures.

Dune a de nombreuses qualités, c'est indéniable : d'abord, l'histoire en elle-même est passionnante et l'émotion des personnages est bien retranscrite. Qui plus est, le rythme de l'épopée ne faiblit que rarement, preuve que les cinq heures d'animation ne sont pas de trop. Et puis il y a ce jeu des couleurs, cette incroyable palette graphique : procédé basique pour matérialiser les divers sentiments éprouvés par les différents héros, certes. Mais le résultat est intéressant : ainsi, on passe du rouge, symbole de la colère et de la mort, au vert, symbole de l'eau et de l'espoir et du réconfort qu'elle apporte. Le bleu représente la royauté et la victoire, et le blanc, la pureté. Classique mais efficace.

Cependant, Dune n'est pas un film à mettre entre toutes les mains. Le film en lui-même n'est pas vraiment réussi, selon moi, pour bien d'autres raisons : le jeu des acteurs est sacrément théâtral, les personnages semblent incroyablement naïfs par moments ; les décors sont tantôt splendides tantôt vulgaires, et certains passages semblent tout droit sortis de mauvais jeux vidéo ; les musiques ne sont pas brillantes et le dénouement, peu convaincant ; quant aux scènes de combat, elles ont été presque éludées, à croire que le réalisateur ne semblait pas prédisposé à monter celles-ci. Décevant.

John Harrison, qui a participé à la réalisation de Dinosaure, ne m'a pas convaincu : certes, il est difficile d'adapter des oeuvres de science-fiction pour le cinéma : parce que la science-fiction appelle à beaucoup d'imagination et le cinéma n'offre qu'une interprétation possible du travail d'un auteur littéraire. Mais bien trop d'éléments entachent un travail, qui fut je n'en doute pas coriace et pénible.

Il semble que certaines oeuvres littéraires demeurent intraduisibles pour le septième Art.

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