6/10

Dragon rouge

Menace Fantôme

Quand je disais que le cinéma faisait de plus en plus la part belle aux remakes, je ne pensais vraiment pas que l'information se vérifierait aussi facilement. Et pourtant, Dragon Rouge, nouvelle adaptation d'un roman de Thomas Harris, est en fait le remake pas véritablement indispensable du Sixième Sens de Michael Mann (à ne pas confondre avec celui de Shyamalan). Étant donné que le film était lui aussi voué au personnage d'Hannibal Lecter, il était concevable que le film soit retourné avec son fidèle interprète, j'ai nommé Anthony Hopkins, pour donner lieu à une véritable préquelle.

Will Graham (Edward Norton), agent du FBI, découvre que le docteur Hannibal Lecter (Anthony Hopkins), un éminent psychologue qui le conseille dans son enquête, est en fait le fameux criminel-cannibale qu'il recherche assidûment. Poignardé par le médecin, il arrive tout de même à le neutraliser et le faire interner. Des années après, alors qu'il a définitivement renoncé à son poste au FBI, Will reprend du service sur la demande de son ancien supérieur Crawford (Harvey Keitel), pour traquer un tueur méthodique qui inflige à ses victimes un rituel plutôt étrange. Devant l'immensité du mystère, Will n'a d'autre choix que de prendre conseil auprès d'un autre psychopathe, le docteur Lecter...

Chronologiquement, Dragon Rouge se place avant Le Silence des Agneaux, même si cette particularité n'est pas évidente lorsque l'on voit le visage fatigué et vieilli de Hopkins. En face de lui cette fois, point de femme, mais un comédien de talent : Edward Norton, fidèle à lui-même, c'est à dire juste et crédible. Le personnage qu'il incarne, Will, possède un indiscutable sixième sens pour élucider les comportements des psychopathes (ce qui nous arrange bien étant donné que la toile de l'araignée paraît réellement emmêlée), bien qu'ils lui fichent une trouille bleue. Contre son gré, il a besoin du déséquilibré Lecter pour attraper «La Petite Souris», qui tue des familles entières et leur remplace les yeux par des bouts de miroir. Mais le Bras de fer Will-Hannibal n'aura pas lieu, le sympathique (...) cannibale passant rapidement au second plan, dès la seconde moitié du film. Intervient alors le personnage du tueur, joliment interprété par Ralph Fiennes, qui se remet en question avec l'arrivée de l'aveugle Reba. L'intrigue policière se perd alors un peu, et s'intéresse de plus près au Dragon Rouge et ses états d'âme. Tout cela pour dire que si Dragon Rouge se laisse voir facilement, l'intérêt reste faible, du fait d'un scénario mal exploité et d'une inévitable analogie avec Le Silence des Agneaux, largement plus réussi.

Dragon Rouge cherche à donner une image neuve avec un contenu vieux et déjà vu, ce qui handicape son réalisateur de l'effet de surprise et d'une liberté dans l'atmosphère rendue. Néanmoins, l'ensemble est agréable à regarder et se découvre parfois même subtil dans son match avec nos nerfs, principalement dans la première partie.

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1 commentaires

  • gyzmo

    20/11/2006 à 01h20

    Répondre

    Casting sympathique et réalisation soignée.
    C'est à peu près tout ce que je retiendrai de ce film dans les heures qui vont suivre avant de le ranger dans les limbes de mon oubli. Le Sixième Sens de Michael Mann est tout de même bien supérieur, pour peu que l'on aime les thriller qui ont pris un sacré coup de vieux niveau BO et brushing (quoique... Norton en blondinet, c'est presque aussi décalé).

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