Dossier spécial : Les livres à ne jamais adapter en film

Encore une ! Encore une adaptation d'un grand classique de la littérature ! Encore une adaptation de Victor Hugo ! Encore une adaptation des Misérables ! Et oui cette fois c'est Tom Hooper qui s'y colle avec une version chantée d'un des plus grands classiques de la littérature française (une pensée pour tous ceux qui se sont étouffés avec une bouchée de lasagnes au poney en lisant ça), avec Hugh Jackman en Jean Valjean. Même Gérard Depardieu doit se retourner dans son goulag en voyant ça.

Bon plus sérieusement, le film a l'air d'avoir plutôt bien été accueilli par la critique mais je n'ai pu éviter un léger « lol » en entendant chanté à la manière d'un opéra : « -I'm Jean Valjeaaaaaan. -And I'm Jabeeeeert. Never forget that naaaaaaaame. » Bref, encore un type qui s'est dit que de toutes façons c'est Victor Hugo donc on peut faire tout ce qu'on veut ce sera jamais mauvais. En tout cas pas pire que l'Homme qui rit.

On rigole, on rigole mais adapter Victor Hugo en film c'est pas forcément la pire idée du siècle. C'est romanesque, les personnages sont hauts en couleurs, les intrigues sont profondes et le message politique reste toujours très actuel. Bref, on a vu bien pire comme idée d'adaptation, comme par exemple la bataille navale ou Hansel et Gretel. Mais ça ne veut pas dire que parce qu'une œuvre est un classique, elle doit absolument devenir un film à succès et des idées qui paraissent bonnes peuvent finir en pièges à cons.

Nous allons donc prendre les devants et prévenir le monde du cinéma du danger qui l'attend en faisant la liste des classiques littéraires à ne jamais adapter en film. C'est parti pour le dossier Krinein spécial : ces livres qu'on ne voudrait pas voir en film.

 

Proust's adventures : the curse of the time

Pour tous les passionnés de littérature, Proust est un peu difficile à aborder. Le genre qu'on ne peut pas se permettre de dire que c'est chiant en public mais qu'on souffre bien en lisant. Son œuvre principale s'intitule A la recherche du temps perdu, une grande fresque autobiographique divisée en plusieurs volumes dont les plus connus sont les premiers : Du côté de chez Swann et A l'ombre des jeunes filles en fleurs.

Là, les plus cinéphiles ou les plus accros de Wikipédia me diront : « Mais ça a déjà été adapté en film bougre d'idiot. Même avec Catherine Deneuve. On devrait vous passer les doigts à la ponceuse pour que vous arrêtiez d'écrire des inepties bande de pseudo-journalistes qui se la pètent avec un site au nom grec. » Et je vous dirais que oui, mais jamais en entier et jamais avec beaucoup de réussite il faut le dire.

Si un scénariste voulait s'atteler à la tâche, il devrait prendre en compte toute les réflexions de l'auteur, qui freine facilement l'action durant une trentaine de pages pour détailler toutes les émotions des personnages. Il devrait aussi faire avec les longues descriptions de ce qu'inspirent à Proust la vision de bouquets d'aubépines ou l'odeur d'une madeleine.


Avec ça Proust a tenu dix pages. On doit pouvoir en tirer une demi-heure de film.

Comment traduire à l'écran une histoire où la majorité des choses se passe dans l'esprit du narrateur et des personnages ? Facile, en mettant des vampires ou de la 3D mais là on s'éloigne du sujet.

 

Heureux qui comme Ulysse, etc…

Pour ceux qui ont lu Proust, vous vous rappelez certainement à quel point vous avez souffert. Si ce n'est pas le cas, tentez du James Joyce. Le bon côté des choses avec Ulysse c'est que ce n'est pas le genre de truc qu'on nous fait lire à l'école, du coup ceux qui l'ont lu l'ont fait volontairement et c'est bien fait pour eux. Pour ceux qui ne connaitraient pas, résumons un peu l'histoire : « deux types sont à Dublin. »

Voilà.

Okaaay j'ai le résumé et maintenant je regarde le bouquin dont le poids menace de briser ma bibliothèque. Et bien il faut croire que dans le genre digression spirituelle on est pas mal non plus. Je m'explique. Joyce voulait avant tout une réflexion sur les monologues intérieurs et la complexité de l'esprit humain face à la diversité des points de vue que l'on peut adopter. En gros, on suit en direct les pensées des personnages qui apparemment pensent à beaucoup de choses pendant leur ballade à Dublin. Des personnages qui se disent que de toute façon, la ponctuation c'est pour les nuls et qui peuvent déblatérer mentalement pendant près d'une centaine de pages sans s'arrêter.


Un monologue intérieur de ces deux-là ça doit faire un court-métrage à la rigueur.

Du coup, à quoi pourrait ressembler un tel film ? A un métrage incroyablement lent avec des gros plans sur les visages et une voix off retranscrivant les pensées ? Ou à un enchevêtrement  d'effets censés restituer ce que voient intérieurement les protagonistes ? En tout cas, le peu de gens qui ont réussi à lire Ulysse jusqu'au bout n'ont apparemment pas essayé d'en faire un film. Mais si jamais quelqu'un s'y attaque, le mieux qu'il puisse faire c'est… et bien encore une fois, les vampires et/ou la 3D ça pourrait aider.

 

Et Tolkien créa Dieu

Adapter le Seigneur des Anneaux en trois films ça tombe sous le sens. Faire Bilbo ça peut être acceptable. Après tout, le monde de Tolkien est tellement imagé, dense et épique que le retranscrire à l'écran apparait comme une évidence même si la tâche est ardue. Et après les succès qu'ont connu les films tirés des œuvres susmentionnées, il est cohérent d'imaginer une adaptation du Silmarillion.

Devant tant d'espoir, les fans ont l'œil qui brille et un filet de bave dégoulinant jusqu'à l'intégrale Blu-ray du Seigneur des Anneaux étrangement posée en permanence sur leurs genoux même s'ils ne cessent de repéter que « Bouh c'est pas fidèle d'abord, y'a même pas Tom Bombadil meuheuheu ». Mais pour les néophytes, il faut dire que le Silmarillion n'est pas l'œuvre la plus connue de Tolkien. C'est l'ouvrage où il raconte la création du monde avant que ça ne devienne la Terre du Milieu. En gros, des sortes de dieux ont créé l'univers en jouant de la musique et puis, paf des Hommes, pif des Elfes, et pouf des guerres.


Les cosplayers bossent sur le sujet.

De nombreux illustrateurs ont cherché à mettre des images sur les mots de Tolkien et bien souvent, le résultat fut superbe. Il faut dire que dans l'écriture ésotérique et cosmogonique de l'auteur, il y avait de quoi faire au niveau créativité et tout ça donne de nombreuses idées visuelles remarquables. Mais qu'en est-il de la possibilité d'en faire un film ?

À ma connaissance, ça n'a jamais été tenté par aucun réalisateur et pour cause, le scénario serait vraiment étrange. Déjà, il faut dire que ça se passe sur plusieurs millénaires. Et il faudrait raconter la genèse de l'univers avec des personnages pour la plupart indéfinissables et surtout très nombreux. Pas de vrai héros ni de vrai méchant, une mythologie étrange et complètement nouvelle… Au mieux, on aurait un film de fan pour les fans, mais les autres seraient complètement laissés de côté.

Une adaptation cinématographique du Silmarillion serait donc uniquement une succession de belles images très créative mais avec un scénario lent et illisible comptant la création du mo… Ah ben non en fait autant pour moi c'est déjà fait. Il a même eu une palme il me semble.

 

Inutile de digresser plus longtemps chers Krinautes, vous avez compris l'idée. Ce n'est pas parce qu'un livre est bon, parce qu'il est un classique ou parce qu'il a une grosse fanbase qu'il faut se sentir obligé d'en faire un film. Dans ces cas-là, et ce message s'adresse aux scénaristes qui, j'en suis sûr, lisent assidument Krinein, écrivez une histoire originale. Pourquoi prendre la peine de faire un film à partir d'un récit de SF du début du siècle, on sait d'avance que c'est foiré. On pourrait croire qu'on a eu droit à à peu près toutes les imbécilités, un paroxysme symbolisé par l'adaptation d'un jeu de société. Mais l'industrie du cinéma ne reculera devant rien pour adapter encore et toujours de nouveaux produits improbables au cinéma.

Hier, des livres. Aujourd'hui, des jeux de société, des jeux vidéos... Demain, pourquoi pas un yaourt sans sucre, une espadrille, Ebay. Après tout, à en croire Hollywood, n'importe quoi peut servir de base à un film donc allons-y gaiement.

A propos de l'auteur

Je regarde plein de films et sur mon temps libre je suis journaliste. J'ai eu peur devant Paranormal Activity et je me suis endormi devant Interstellar. Mes goûts n'engagent que moi.

22 commentaires

  • Loïc Massaïa

    11/03/2013 à 16h05

    Répondre

    Ce qui est bien avec ce sujet c'est qu'on pourrait le continuer à l'infini
    Même si dans cette premire patie je regrette que "livres" veuille dire "roman", du coup je m'attendais à de la BD aussi, genre DBZ, qui a -malheuresement- été victime d'une tentative d'adaptation... Manquerait plus que Dr Slump avec Arale interpretée par Bailee Madison...

  • Lily317

    11/03/2013 à 18h16

    Répondre

    Pour les autres je ne dis rien, mais pour les Misérables, le spectacle connaît un succès phénoménal depuis 25 ans à Londres et à Broadway, ce film n'est pas directement une adaptation du livre, mais de la comédie musicale qui est véritablement un chef d'oeuvre (et qui est bien meilleure avec de vrais chanteurs plutôt que des acteurs hollywoodiens qui chantent plus ou moins)

  • Loïc Massaïa

    12/03/2013 à 09h44

    Répondre

    Lily317 a dit :
    Pour les autres je ne dis rien, mais pour les Misérables, le spectacle connaît un succès phénoménal depuis 25 ans à Londres et à Broadway, ce film n'est pas directement une adaptation du livre, mais de la comédie musicale qui est véritablement un chef d'oeuvre (et qui est bien meilleure avec de vrais chanteurs plutôt que des acteurs hollywoodiens qui chantent plus ou moins)


    Le propos reste le même, plutôt que de créer, on reprend un truc qui marche. C'est symptomatique du manque de créativité de la part d'Hollywood depuis quelques années où les adaptations pullulent. À moins que ce soit de la frilosité de la part des producteurs, qui évitent un maximum de prendre des risques. Ou très certainement un mélange de tout ça...

  • nazonfly

    12/03/2013 à 10h16

    Répondre

    Tutututu le Silmarillion n'est pas l'histoire de "la création du monde avant que ça ne devienne la Terre du Milieu." C'est l'histoire de la Terre du Milieu avec au départ certes la création du monde. Rien à voir. Et puis c'est parfaitement adaptable. Ça prendrait des heures et des heures mais je suis sûr que c'est possible. Ou alors juste des petits bouts comme l'histoire de Turin. Ou alors en série (après tout si Le Trône de Fer a pu être adapté, le Silmarillion aussi).

    En tout cas, Le parfum semblait aussi inadaptable, il a bien été adapté.

  • hiddenplace

    12/03/2013 à 12h01

    Répondre

    Je suis plus mesurée aussi sur la pertinence ou non des adaptations à tour de bras. Par exemple, si les adaptations d'Harry Potter n'étaient pas toujours à la hauteur des bouquins (mais que perso je ressentais tjs une petite émotion à l'idée de voir s'animer des scènes que j'avais imaginées), je suis aussi sûre qu'il est possible d'en faire une chouette adaptation... en série, pour bien tout retranscrire, comme Game of thrones. J'espère qu'un jour ils se lanceront. (ça veut dire faire oublier Daniel Radcliffe et co... bon, c'est pas trop grave^^) Et ils ne prendraient effectivement pas beaucoup de risque.

    En fait, c'est une facilité de faire une adaptation (surtout quand le matériau de base a une fanbase conséquente) mais ça représente un certain challenge, quand même (pour la même raison). Et il est possible (je l'ai déjà dit ailleurs je crois) de faire une œuvre presque singulière à partir de la source, ex : Where the wild things are.

  • Hugo Ruher

    12/03/2013 à 19h33

    Répondre

    Voilà un article sur un livre souvent adapté mais considéré comme inadaptable... http://www.slate.fr/culture/57585/gatsb ... itterature

    Pour ma part, Gatsby me semble un bon choix d'adaptation et j'ai hâte de voir la version de Luhrmann.
    Et sinon pour revenir sur Harry Potter: je comprends qu'on veuille l'adapter mais c'était pour la plupart des films assez ratés, attendre aurait été largement préférable... Mais $$$$$

    Et sinon d'un point de vue purement journalistique... je pense que Slate a pompé Krinein sur ce sujet, quelle honte franchement tsss.

  • cubik

    12/03/2013 à 22h29

    Répondre

    nazonfly a dit :
    Tutututu le Silmarillion n'est pas l'histoire de "la création du monde avant que ça ne devienne la Terre du Milieu." C'est l'histoire de la Terre du Milieu avec au départ certes la création du monde. Rien à voir. Et puis c'est parfaitement adaptable. Ça prendrait des heures et des heures mais je suis sûr que c'est possible. Ou alors juste des petits bouts comme l'histoire de Turin. Ou alors en série (après tout si Le Trône de Fer a pu être adapté, le Silmarillion aussi).

    En tout cas, Le parfum semblait aussi inadaptable, il a bien été adapté.


    non mais le silmarillion, c'est toute une cosmogonie
    c'est beaucoup trop long, ça prend trop d'époques, de personnages, tout ça tout ça
    c'est un peu comme adapter la bible: tu peux te focaliser sur un ou 2 passages marquants, sur une lignée particulières à 2, 3 générations à la rigueur, si t'as le temps mais l'ensemble, c'est juste impossible

  • Lily317

    14/03/2013 à 14h22

    Répondre

    Loïc Massaïa a dit :
    Lily317 a dit :
    Pour les autres je ne dis rien, mais pour les Misérables, le spectacle connaît un succès phénoménal depuis 25 ans à Londres et à Broadway, ce film n'est pas directement une adaptation du livre, mais de la comédie musicale qui est véritablement un chef d'oeuvre (et qui est bien meilleure avec de vrais chanteurs plutôt que des acteurs hollywoodiens qui chantent plus ou moins)


    Le propos reste le même, plutôt que de créer, on reprend un truc qui marche. C'est symptomatique du manque de créativité de la part d'Hollywood depuis quelques années où les adaptations pullulent. À moins que ce soit de la frilosité de la part des producteurs, qui évitent un maximum de prendre des risques. Ou très certainement un mélange de tout ça...


    Certes, mais du coup ce n'est pas une adaptation de livre en film comme le suppose le titre de l'article (oui j'aime bien chipoter). Je pense aussi que c'est une chance pour ceux qui ne connaissent pas ou n'ont jamais vu le spectacle de le découvrir sur grand écran (un peu à la manière de Chicago, West Side Story et bien d'autres, qui sont loin d'être des films pourris, même s'ils restent des adaptations).

    Et finalement c'est pareil aussi pour les livres, je n'aurais jamais entendu parler de l'Odyssée de Pi si je n'avais pas vu le film, je ne vois pas en quoi c'est si mal d'adapter des histoires déjà existantes à l'écran, surtout s'ils sont réussis. Après tout quelques-uns des plus grands chefs d'oeuvre du cinéma sont tirés de livres (le Silence des Agneaux, le Parrain, la Liste de Schindler...)

  • Loïc Massaïa

    15/03/2013 à 09h42

    Répondre

    Lily317 a dit :
    Loïc Massaïa a dit :
    Lily317 a dit :
    Pour les autres je ne dis rien, mais pour les Misérables, le spectacle connaît un succès phénoménal depuis 25 ans à Londres et à Broadway, ce film n'est pas directement une adaptation du livre, mais de la comédie musicale qui est véritablement un chef d'oeuvre (et qui est bien meilleure avec de vrais chanteurs plutôt que des acteurs hollywoodiens qui chantent plus ou moins)


    Le propos reste le même, plutôt que de créer, on reprend un truc qui marche. C'est symptomatique du manque de créativité de la part d'Hollywood depuis quelques années où les adaptations pullulent. À moins que ce soit de la frilosité de la part des producteurs, qui évitent un maximum de prendre des risques. Ou très certainement un mélange de tout ça...


    Certes, mais du coup ce n'est pas une adaptation de livre en film comme le suppose le titre de l'article (oui j'aime bien chipoter). Je pense aussi que c'est une chance pour ceux qui ne connaissent pas ou n'ont jamais vu le spectacle de le découvrir sur grand écran (un peu à la manière de Chicago, West Side Story et bien d'autres, qui sont loin d'être des films pourris, même s'ils restent des adaptations).

    Et finalement c'est pareil aussi pour les livres, je n'aurais jamais entendu parler de l'Odyssée de Pi si je n'avais pas vu le film, je ne vois pas en quoi c'est si mal d'adapter des histoires déjà existantes à l'écran, surtout s'ils sont réussis. Après tout quelques-uns des plus grands chefs d'oeuvre du cinéma sont tirés de livres (le Silence des Agneaux, le Parrain, la Liste de Schindler...)


    Moi aussi j'aime bien chipoter, et je persiste. Ca reste une adaptation du livre, même si elle est indirecte.
    Je n'ai rien contre les adaptations en soi. La quasi totalité des films de Stanley Kubrick sont effectivement des adaptations, en tout cas pour ses chefs d'oeuvres. Mais quand on a lu les livres qu'il à adapté et qu'on voit les films on comprend bien là le sens du mot adaptation, ce n'est pas une simple transposition, le livre et ses thématiques servent de base à Kubrick pour proposer sa propre vision de ces thématiques.
    C'est malheureusement rarement le cas, les producteurs préférant caresser le fan du livre dans le sens du poil et proposer des films sans âmes la plupart de temps (avec quelques rares exceptions), plutot que de chercher comment rendre un livre cinégénique et comment revisiter les thèmes pour qu'il soit suffisament différent pour ne pas etre dans la redite et pour les rendre aussi fort et interessant à l'écran qu'ils ne l'était dans le livre, ce qui est certainement le plus difficile vue qu'on peut moins s'épancher au cinéma qu'en littérature.
    Oui, il y a des adaptations de roman qui sont des chef d'oeuvres du cinéma, quand le support de base le permet en tout cas. Et Les romans de Hugo devraient permettre de frôler le chef d'oeuvre, et pour cette adaptation-ci on en est quand même loin hein (enfin d'après ce que j'en ai lu, parce que pas vu).

  • nazonfly

    15/03/2013 à 10h32

    Répondre

    Loïc Massaïa a dit :
    C'est malheureusement rarement le cas, les producteurs préférant caresser le fan du livre dans le sens du poil


    Je n'ai pas franchement cette impression. Je ne dirais pas que je pense encore à I am legend, on va dire que je suis monomaniaque mais j'ai du mal à trouver un autre film sans âme parce que trop proche du bouquin. Je dirais qu'au contraire être proche du livre peut donner une âme à un film et c'est quand on s'en éloigne qu'on perd l'âme.

  • Hugo Ruher

    15/03/2013 à 10h59

    Répondre

    nazonfly a dit :
    Je dirais qu'au contraire être proche du livre peut donner une âme à un film et c'est quand on s'en éloigne qu'on perd l'âme.


    Pas forcément. D'abord on va au cinéma pour voir un film, et pas avec le livre original sur les genoux. Et puis le meilleur exemple qui me vient c'est Starship troopers, où le réalisateur a complètement changé le sens du livre pour en faire un film à part entière et se réapproprier les thématiques. Dans le livre, l'idée était qu'un régime autoritaire et militariste était une bonne chose pour garantir la sécurité des peuples et le vivre-ensemble. Et dans le film c'est complètement détourné et on nous montre les dérives d'un tel système.
    Donc d'après moi l'idée n'est pas de rester proche du livre ou pas, mais plutôt comme l'a dit Loïc de savoir se l'approprier et en faire un film à part entière, émancipé de l'oeuvre originale.
    Mais bien souvent, l'original ne sert qu'à avoir un nom accrocheur sur l'affiche pour attirer plus de monde grâce au prestige déjà acquis.

    Par contre, là où je suis bluffé c'est pour Game of Thrones, c'est impressionnant de faire une si bonne série en suivant pourtant quasiment le livre à la lettre (je parle du premier, j'ai pas lu les autres encore). C'est assez rare mais comme je l'ai dit plus haut, la série aurait pu être tout aussi géniale en s'éloignant du bouquin, même si les fans auraient hurlé au scandale!

  • Loïc Massaïa

    15/03/2013 à 11h29

    Répondre

    nazonfly a dit :
    Loïc Massaïa a dit :
    C'est malheureusement rarement le cas, les producteurs préférant caresser le fan du livre dans le sens du poil


    Je n'ai pas franchement cette impression. Je ne dirais pas que je pense encore à I am legend, on va dire que je suis monomaniaque mais j'ai du mal à trouver un autre film sans âme parce que trop proche du bouquin. Je dirais qu'au contraire être proche du livre peut donner une âme à un film et c'est quand on s'en éloigne qu'on perd l'âme.


    oui, tu as raison, en fait je parlais là plus des livres communautaires (genre harry potter, ETC)... I am e legend, le film, a été lissé pour etre accessible a un grand panel de public (un film de "zombie" quasiment tout public, c'est marqué derriere le DVD: accord parental -seulement-... c'est quand meme kekchose), sa fanbase n'étant pas gigantesque, les producteurs ont préférés cibler un max de gens pour rentabiliser le coût. Alors qu'en ciblant les fans de zombies à l'époque, ou les fans de mélancolie post apo, ca aurait certainement moins bien marché. Enfin, c'est ce qu'ils ont dut penser.

  • nazonfly

    15/03/2013 à 12h24

    Répondre

    I AM LEGEND N'EST PAS UN LIVRE DE ZOMBIES !!

    (elle est où la balise "blink"?)

  • hiddenplace

    15/03/2013 à 12h31

    Répondre

    Flammes-and-co a dit :

    Par contre, là où je suis bluffé c'est pour Game of Thrones, c'est impressionnant de faire une si bonne série en suivant pourtant quasiment le livre à la lettre (je parle du premier, j'ai pas lu les autres encore). C'est assez rare mais comme je l'ai dit plus haut, la série aurait pu être tout aussi géniale en s'éloignant du bouquin, même si les fans auraient hurlé au scandale!


    Elle s'éloigne (un peu) du bouquin pour l'adaptation du tome 2 (et un peu 3), mais ça passe bien. Enfin je trouve. (et pourtant je suis (devenue) une fan presque hardcore des bouquins ! mais je les ai lus après^^)

  • Guillaume

    15/03/2013 à 12h57

    Répondre

    Oui, je suis une légende c'est tout sauf un livre de zombie
    C'est davantage des vampires, et si on retrouve plutôt des zombies dans le film c'est certainement plutôt à cause de la mode des zombies.
    Sinon on nous aurait épargné cela.

    Pourtant, je trouve le film pas mal dans son genre. Bien en dessous du bouquin qui pour moi est un classique. Mais ça aurait pu être pire.

  • Loïc Massaïa

    15/03/2013 à 13h07

    Répondre

    Guillaume a dit :
    Oui, je suis une légende c'est tout sauf un livre de zombie
    C'est davantage des vampires, et si on retrouve plutôt des zombies dans le film c'est certainement plutôt à cause de la mode des zombies.
    Sinon on nous aurait épargné cela.

    Pourtant, je trouve le film pas mal dans son genre. Bien en dessous du bouquin qui pour moi est un classique. Mais ça aurait pu être pire.


    ah vi c'est vrai, on me l'avait dit (pas lu), mais bon mon propos reste le même a quelques détails près

  • Loïc Massaïa

    15/03/2013 à 13h08

    Répondre

    je sais pas par contre si ca a cause de la mode zombie... elle est pas arrivée après, cette mode ?

  • Guillaume

    15/03/2013 à 13h27

    Répondre

    En fait la mode dure depuis plus longtemps.
    Mais c'est, je crois, le moment où ça a commencé à devenir saoulant
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_films_de_zombies

    Avec un peu de bol on est sur la fin !

  • nazonfly

    15/03/2013 à 13h30

    Répondre

    Je ne sais pas si on peut dater l'arrivée d'une mode mais Wikipedia parle de premières zombies walks aux USA en 2005, les films 28 jours plus tard et Resident evil sortent en 2002, Shaun of the dead en 2004, Land of the dead en 2005 et donc I am legend, la même année que Rec, 28 semaines plus tard ou Planet terror...

    Pour en revenir au sujet initial, je ne suis toujours pas d'accord avec Flammes&Co. Il n'y a pas besoin de s'émanciper forcément de l'œuvre originale pour faire un bon film. Une adaptation fidèle peut faire un bon film (Seigneur des anneaux), une adaptation infidèle peut faire un bon film (Starship troopers), une adaptation infidèle peut faire un mauvais film (I am legend), est-ce qu'une adaptation fidèle peut faire un mauvais film ?

  • hiddenplace

    15/03/2013 à 14h15

    Répondre

    Sûrement quand le matériau de base est tout naze ? J'en veux pour preuve Eragon (passé à la téloche y a pas longtemps en plus), le film est relativement fidèle, mais le roman (le 1er du moins, je me suis arrêtée là) de base est tellement euh... enfin bref, que bon le film qui en découle est vraiment vraiment naze. (le charisme de l'acteur choisi pour faire Eragon y est pour qqch, mais comme le perso du livre est d'une mollesse exemplaire aussi, bon finalement ça se tient^^)
    Je savais qu'en prenant les exemples adéquats, le raisonnement se tiendrait.

  • Loïc Massaïa

    15/03/2013 à 17h14

    Répondre

    nazonfly a dit :
    Je ne sais pas si on peut dater l'arrivée d'une mode mais Wikipedia parle de premières zombies walks aux USA en 2005, les films 28 jours plus tard et Resident evil sortent en 2002, Shaun of the dead en 2004, Land of the dead en 2005 et donc I am legend, la même année que Rec, 28 semaines plus tard ou Planet terror...


    ok.

    nazonfly a dit :
    Pour en revenir au sujet initial, je ne suis toujours pas d'accord avec Flammes&Co. Il n'y a pas besoin de s'émanciper forcément de l'œuvre originale pour faire un bon film. Une adaptation fidèle peut faire un bon film (Seigneur des anneaux), une adaptation infidèle peut faire un bon film (Starship troopers), une adaptation infidèle peut faire un mauvais film (I am legend), est-ce qu'une adaptation fidèle peut faire un mauvais film ?


    bah comme dans tout, y a pas de règle, plutôt une tendance globale.
    Bon pour le seigneur des anneaux j'y reviendrais pas hein
    Après, on est pas forcé de s'émanciper, effectivement, mais en général, quand un cinéaste s'approprie une histoire, il y met du sien et donc sort du matériaux de base pour en faire autre chose. Et c'est là qu'une oeuvre devient une oeuvre d'auteur et donc intéressante pour moi : quand elle est la vision de quelqu'un (avec ses propres obsessions et réflexions) et non plus la vision de tout le monde. Le SDA c'est un peu une vision plate pour moi (arf j'ai dit que j'y revenais pas, c'est plus fort que moi).
    C'est pas forcément LA solution, l'émancipation, c'est peut être aussi une facilité quelque part, mais au moins c'est intéressant à voir car il y a un intérêt autre que la simple transposition visuelle.
    Par définition, une adaptation ne peut être fidèle, car c'est une transposition d'un système narratif à un autre, les enjeux ne sont pas les mêmes. Fidèle à quoi alors?
    Je crois qu'une adaptation sera réussie (proche du matériaux de base ou pas), quand le cinéaste adapte une oeuvre qui lui parle, dejà. Ca c'est pour le fond. Mais aussi et surtout, quand il a l'intelligence de comprendre comment adapter des mécanismes littéraires à des mécanismes cinématographiques. Ca c'est pour la forme.
    Là oui, chef d'oeuvre il peut y avoir.
    Sinon, il peut y avoir bon film, si le matériau de base est adéquat, mais c'est plus difficile je crois d'accéder au rang de chef d'oeuvre (surtout que c'est un rang tout a fait subjectif, le silence des agneaux et même le parrain ne sont pas des chefs d'oeuvres pour moi, pour reprendre des films cité comme tel plus haut).

  • nazonfly

    15/03/2013 à 22h03

    Répondre

    Loïc Massaïa a dit :
    Le SDA c'est un peu une vision plate pour moi (arf j'ai dit que j'y revenais pas, c'est plus fort que moi).


    Venant de la part de quelqu'un qui confond zombies et vampires, ça ne m'étonne pas.

    Loïc Massaïa a dit :
    Par définition, une adaptation ne peut être fidèle, car c'est une transposition d'un système narratif à un autre, les enjeux ne sont pas les mêmes. Fidèle à quoi alors?


    Une œuvre peut être fidèle à l'ambiance originale, fidèle à l'histoire, fidèle à l'idée générale.

    Après si on s'aventure sur le terrain de ce qui est un chef d'œuvre ou pas, en plus du débat actuel, on n'est pas sortis de l'auberge.

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