8.5/10

Donnie Darko

Donnie Darko est un adolescent schizophrène. Il a un ami du nom de Jack, un lapin géant venu du futur à la tête plutôt démoniaque, qui le réveille chaque nuit et l'oblige à le suivre à l'extérieur de chez lui pour lui annoncer la fin du monde, qui devrait avoir lieu sous peu. Un jour, un réacteur d'avion d'origine inconnue s'écrase sur la chambre de Donnie, et celui-ci ne doit son salut qu'au fait qu'il n'était pas chez lui puisqu'il avait suivi le lapin durant la nuit. Donnie commence alors à croire les dires du lapin et même à obéir à tous ses ordres, sombrant de plus en plus dans la folie profonde, et mettant progressivement en danger son entourage.

Donnie Darko est le premier film de Richard Kelly et ça se voit... parfois dans le bon sens, parfois dans le mauvais. Dans le bon on trouve une mise en scène talentueuse et novatrice, avec des séquences réellement oppressantes qui montrent l'état psychologique du héros. Richard Kelly joue également très bien avec les personnages annexes, comme Drew Barrymore dans le rôle de la prof marginale ou Patrick Swayze dans le rôle de l'Américain puritain donnant des leçons de confiance en soi. Ces personnages ne semblent pas avoir une importance primordiale dans l'intrigue mais sont traités d'une manière qui donne au film une consistance et une force supplémentaire. Dans le moins bon, on peut reprocher à Richard Kelly d'avoir voulu trop en faire, notamment dans certains effets de ralenti ou encore, au niveau du scénario, d'avoir trop insisté sur l'histoire de voyage dans le temps pour finir par perdre le spectateur complètement. Peut être est-ce voulu, mais en tout cas ce n'est pas fait de la bonne facon, le scénario semble se compliquer involontairement et c'est dommage.

Deux interprétations du film s'offrent alors à nous (après deux visionnages pour moi), la première est celle du rêve prémonitoire. En effet plusieurs indices peuvent nous amener à penser que ce film n'est que le rêve de Donnie, le thème du héros à qui tout réussit en particulier puisque Donnie est considéré comme un élève brillant, la fille tombe facilement amoureuse de lui, tous ses méfaits restent impunis, la remarque, Donnie Darko, on dirait un nom de super héros... Mais finalement tout se retourne contre lui et on arrive au réveil brutal. La seconde est celle du film fantastique, la fin du film amène Donnie à faire un choix : soit écouter le lapin pour sauver sa vie mais perdre tout le reste, confirmant aux yeux de tous sa folie, ou abandonner sa vie pour sauver son entourage... La fin peut sembler assez libre au premier visionnage, mais on se dit en y repensant (ou en le revoyant) que les possibilités sont finalement assez restreintes, comme si le réalisateur n'avait pas assez confiance en son scénario pour nous abandonner dans une fin ouverte. C'est assez dommage mais j'ai suffisament apprécié la fin en tant que telle pour ne pas m'en soucier.

En plus de tous ces points positifs, Donnie Darko traite plusieurs thèmes secondaires comme la pédophilie, la psychanalyse des jeunes, où l'impuissance des enseignants américains. Le film est en plus servi par une bande originale magnifique qui rend le film tour à tour éprouvant et apaisant.

Malgré tous les défauts qu'on peut lui trouver, Donnie Darko est un très bon film que je conseille à tout le monde en attendant le prochain film de Richard Kelly qui on l'espère confirmera son talent.

A propos de l'auteur

    6 commentaires

    • Anonyme

      25/01/2005 à 16h36

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      Dsl ms je ne suis pas d'accord ac ton interprétation.Pour moi Donnie Darko c'est avant tout un film sur la folie, la démence pathologique. On y retrouve toute la symbolique de la place du fou ds la société, qui a toujours été ambigue quelle que soit le contexte historique et culturel. Donnie est réellement fou, il en a tous les symptômes: bouffées délirantes, hallucinations, délire de persécution, rapport à la loi et à l'autorité à la fois plutôt flou et très rigide. Pour cette raison, il passe pour un marginal, mais paradoxalement, il se pose également en juge d'une société qui marche plus ou moins sur le même schéma psychique que lui, sur une logique de psychotique. La prof de gym puritaine et le gourou pédophile par exemple ont une tendance à avoir une vision déformée de la réalité du monde, puisque trop simpliste. La question est: Quelle différence y a-t-il entre eux et Donnie? Peut-être aucune et c'est là le drame.

    • nazonfly

      18/06/2007 à 11h18

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      Très déçu par ce film que l'on m'a conseillé comme culte. A vrai dire, je me suis ennuyé une bonne partie du film. Les scènes avec le lapin, enfin ce qui ressemble vaguement à un lapin, sont flippantes mais l'ensemble est très inégal.


      Mais surtout je n'ai pas vu où voulait en venir le réalisateur. Un film sur la folie? Un film sur le mal-être d'un adolescent et de la société américaine? Un film fantastique? C'est un mélange qui, chez moi, n'a pas pris du tout.


      Si on ajoute des seconds rôles que j'ai trouvés absolument inutiles dans le déroulement de l'histoire (notamment la prof marginale ou encore la psy), alors je crois que ce n'était pas un bon film.


      Pourtant il suffirait, j'en suis sûr, de peu pour que je l'adore. Mais ce peu était absent. 

    • Anonyme

      29/08/2007 à 05h24

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      Le pitch du film est simplissime: l'histoire d'un réacteur de 747 à travers les âges... Sans dec Donnie Darko est un bon film en dépit de quelques longueurs et même si l'histoire est un peu absconse. A voir et surtout à revoir si on veut tout comprendre.

    • Anonyme

      15/11/2008 à 21h27

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      Pour ceux qui n'ont pas aimer c'est parce que vous vous etes pas assez pencher dessus , franck le lapin n'est pas la pour faire peur il est la pour guider (comme les profs inconsciement) a réparer ces erreurs pour sauver ces proches il doit se laisser tuer par le réacteur , Les effets vont provoquer la cause qui vont provoquer les effets (peut etre aps assez claire) , apr exemple c'est aprce qu'il a tuer Franck que celui ci va le sauver du réacteur qui lui meme a été declancher par le sauvetage de Donnie par Franck et le guidage de Donnie par Franck

    • Anonyme

      20/11/2009 à 15h45

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      Un film exceptionnel avec une bande son superbe... L'atmosphère oppressant m'a plu, les personnages sont tous importants et apportent de la richesse à l'intrigue : Drew Barrymore en prof moderne, Patrick Swayze en prédicateur pervert . C'est un film peut-être complexe mais qui doit être certainement à regarder plusieurs fois, quitte à avoir des interprétations différentes à chaque fois. J'ai retrouvé dans Jake Gyllenhaal le regard dément de Nicholson dans Shinning. J'ai bien aimé aussi le clin d'oeil à Scorcese !

    • Anonyme

      24/09/2010 à 18h08

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      Pour des explications intéressantes:


      http://dir.salon.com/ent/movies/feature ... index.html


       


       

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