6.5/10

Doll graveyard

Poupées tueuses dans un slasher ultra-court : Doll graveyard sort sa tête de la masse grâce à de bons dialogues et à une musique de bonne facture.

Charles Band, illustre nom du cinéma d'horreur cheap, a produit plus de 200 films du genre depuis la fin des années 70 : la série des Trolls, celle des Trancers, celle des Robot Jox ou encore celle des Puppet Master, c'est lui. Plus rarement passé derrière la caméra, il s'est pourtant fendu d'un doublé en 2005 : Gingerdead man (suivi depuis d'un deuxième opus sous-titré Passion of the Crust) et Doll graveyard. Dans les deux cas, de petites créatures innocentes (un gâteau, des poupées) prennent vie pour semer la terreur. Tout fauché qu'il soit, Charles Band n'est pourtant pas un manchot, et il parvient avec légèreté à faire un peu de bonne soupe dans un très vieux pot.

Doll graveyard commence en 1905, alors que la petite Sophia subit les réprimandes de son père : elle passe son temps à jouer avec ses poupées au lieu de s'ouvrir au monde. Le papa en a vachement marre, au point de traîner sa fille dans le jardin pour l'obliger à enterrer ses poupées. Et quand elle se jette dans le trou avec elles, le paternel dévoile son potentiel de psychopathe et enterre tout le petit monde sans sourciller. 100 ans après, inutile de dire que l'esprit de la fillette va bondir sur l'occasion qui se présente à elle de se venger...

Rien de bien nouveau sous le soleil du slasher façon Chucky : les poupées de 20 cm qui reviennent à la vie et parviennent à massacrer les humains, il faut faire un
gros effort pour y croire. Ici, on jouit d'un catalogue intéressant puisque l'une est un samouraï, l'autre un guerrier massaï, etc. Une fois n'est pas coutume, elles sont même aussi nombreuses que leurs victimes : l'action est confinée à une maison où, conformément à la tradition, cinq adolescents s'adonnent aux joies de l'alcool, de la fumette et du sexe en attendant que l'esprit maléfique vienne les châtier de leurs excès. Trois filles et deux mecs (ces derniers étant manifestement en lice pour le prix du jeu le plus lourd de l'année), si on veut y laisser des survivants, ce n'est pas une population qui permet un jeu de massacre de deux heures. De fait, le film en dure à peine une si on lui retire ses deux génériques. Un peu court, jeune homme, mais on se consolera en appréciant les qualités qu'il déploie : une musique étrange qui atteint son but malgré des limitations techniques évidentes, et surtout des dialogues savoureux qui jouent avec les attentes du spectateur en la matière. La blonde chaudasse inévitable dispense ainsi les plus grosses perles, par exemple en faisant payer à un des mecs sa goujaterie : elle lui lance un melon en lui disant « si t'as un coup de déprime, fais un trou dedans et improvise ». Plus tard, en voyant l'autre mâle couvert de sang, poinçonné par le casque prussien d'une des poupées, elle se tourne vers la copine de la victime et lui assène pédagogiquement « les trucs SM, ça se fait pas n'importe comment, faut être prudent ! ». C'est encore le même personnage qui, lors de la scène dite du « oh merde, j'ai oublié mon porte-monnaie » rappellera au spectateur la bêtise proverbiale des blondes en situation de danger.

Sans crever les plafonds de l'originalité, et choisissant la brièveté ouverte vers une suite plutôt que de développer une intrigue en deux temps qui aurait pu lui donner une autre dimension, le film est de bonne facture, et mérite un petit coup d'œil pour sa qualité « à l'ancienne » (effets spéciaux mécaniques) et ses dialogues pleins de bon mauvais esprit.

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