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disparition d'Alice Creed (La)

La disparition d'Alice Creed nous apprend deux choses. La première, qu'on pourra toujours le louer en DVD lors d'une soirée bières et pizzas avec ses potes. La seconde, que même avec des billets de Monopoly, on peut faire du bon cinéma.

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Vic et Danny qui sont bien contents de voir
qu'il y a des bières dans cette histoire
Gemma Arterton est jolie. Et donc, tout logiquement, Gemma Arterton a du talent. Mais en plus d'être photogénique, d'enchaîner les rôles en envoûtant le genre masculin avec ses longues jambes et sa voix cassée par la cigarette, Gemma Arterton est généreuse. Non Monsieur. Gemma Arterton n'est pas une star du X, mais une  actrice de 24 ans qui accepte volontiers de délaisser des blockbusters indigestes pour des films à petits budgets ambitieux. Alors, même si la crise de la quarantaine vous démange, ne bouclez pas trop vite votre valise pour quitter le domicile familial.

Dans un quartier huppé, deux ex-taulards (Vic et Danny) décident d'enlever une jeune femme, Alice Creed. Objectif : demander une rançon à son père pour quitter une Angleterre craignos et refaire leur vie sous les tropiques avec les vahinés de Serge Gainsbourg. « Papa bricole » dans l'âme, les deux ravisseurs détiennent leur otage dans une maison abandonnée qu'ils ont isolé de fond en comble en attendant de recevoir la rançon. Le plan machiavélique est parfait. Professionnel réglant mécaniquement chaque détail, Vic s'impose naturellement comme un leader. Il suffit simplement d'appliquer les consignes à la lettre près pour que tout fonctionne. Mais voilà, problème : Danny, lui, est à cran. Il sait qu'il doit combler 1h40 de bobine et il a peur que l'affaire soit remballée en 5 minutes. Aussi, il inscrit dès le début du film le mot « boulet »  sur son front. Hélas, Vic ne sait pas lire le braille acnéen, ce qui va lui valoir beaucoup d'ennuis...

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Alice qui se dit que la campagne
anglaise, ça craint.
Sur la base, La disparition d'Alice Creed repose sur une idée simple en parvenant à exploiter avec intelligence le filon de l'enlèvement qui tourne mal (décidément ...). Avec peu de moyen, J.Blackeson fait des pas remarqués derrière la caméra en tant que réalisateur. L'intrigue du scénario est plutôt bien ficelée. Les nombreux rebondissements explorent les pistes les plus extravagantes sans tomber dans le registre facile du grossier et de l'absurde. Le public ne baille pas et se plait à suivre les zones les plus sombres de chaque personnage, pour tenir jusqu'au coup de grâce : le dénouement.
Le budget du film sent les champs de vaches qui regardent passer les trains. Mais il en faut plus pour décourager Blackeson. Véritable MacGyver des petits achats au Leroy Merlin, l'auteur nous expose une petite leçon de cinéma et de persévérance avec trois fois rien. L'esthétique intérieure où Alice Creed est retenue en otage laisse sous-entendre un soin particulier apporté à la mise en scène et aux jeux des couleurs. Même accrocher des posters de l'héroïne-martyre sur les murs anti-son de la chambre serait de mauvais goût.  

La disparition d'Alice Creed nous apprend deux choses. La première, qu'on pourra toujours le louer en DVD lors d'une soirée bières et pizzas avec ses potes. La seconde, que même avec des billets de Monopoly, on peut faire des miracles.

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