8/10

Die Hard - la trilogie

Critique des trois premiers Die Hard, classiques du film d'action des années 90

Alors que les rumeurs courent à propos d'un quatrième épisode, il est temps de revenir sur les trois premiers, d'autant plus qu'ils viennent de sortir dans un beau coffret les regroupant. Ils s'appellent :

  • Die Hard (Piège de Cristal)
  • Die Harder (58 minutes pour vivre)
  • Die Hard With a Vengeance (Une journée en enfer)

Die Hard

John McClane est un flic de New York. Sa femme Holly a fait carrière à Los Angeles mais il ne l'a pas suivie. Il va la retrouver pour fêter noël au cours d'un réception qui se tient au trentième étage du Nakatomi Plazza, une immense tour de bureaux appartenant à Nakatomi corp., l'employeur de Holly. Pas de chance, ce soir-là, des terroristes prennent en otage la tour avec tous les invités de la fête dont Holly. Seul John parvient à s'échapper sans chaussures mais avec son 9mm...

C'est John McTiernan qui réalise ce premier film et offre à Bruce Willis son premier grand rôle avec le personnage de John McClane. Sorti en 1988, ce film bouscula les standards du film d'action et devient très rapidement culte. D'abord parce qu'à partir du moment où l'action démarre, elle ne s'arrête pas. Pas de scène d'amour avec la jolie héroïne, juste quelques passages de dialogues entre McClane et Powell, le seul flic de l'extérieur qui comprend vraiment la situation. L'histoire n'est pas complexe mais elle est très bien ficelée et ne comporte aucune incohérence. C'est une des caractéristiques de tous les Die Hard.

Si le film est aussi efficace, c'est grâce aussi à une certaine unité d'action due au fait que le film se passe sur 4-5 étages seulement et grâce à une unité de temps : le film se déroule sur une soirée. McClane devient aussi le roi de la conduite d'aération et de la cage d'ascenseur ce qui occasionne quelques belles cascades. Certaines séquences figurent au panthéon du film d'action comme lorsque McClane rampe sous une table alors qu'un terroriste marche dessus et tire à travers ou comme lorsque McClane se retrouve nez à nez avec Hans sans savoir que c'est lui. Les méchants sont bateaux sans être stupides. Leur chef Hans est particulièrement réussi. De plus, le fait qu'ils disposent de gros moyens (explosifs, missiles) entraînent des beaux effets pyrotechniques à grand renfort de dollars.

Ce qui caractérise le personnage de John McClane est que ce n'est pas un super-héros. Il souffre, fume, a tout le temps des vêtements crades (le marcel dégueulasse est le symbole des Die Hard) mais c'est un bon flic. Il sait bien viser, prendre les bonnes décisions et réfléchit vite. C'est un héros à visage humain et doté d'un sens de l'humour assez prononcé ce qui donne lieu à de bien bonnes répliques. La musique du film est assez réussie et contribue pour une bonne part à l'ambiance du film. On retrouve les thèmes principaux dans la plupart des trois films.

Alors vous allez me dire que Die Hard c'est finalement un blockbuster de plus comme les Américains savent en faire des dizaines par an. Peut-être bien, mais c'est aussi une des références en matière de film d'action, un film qui va vous scotcher à votre siège du début à la fin et que vous vous devez de voir.

Die Harder

John McClane a finalement suivi sa femme à Los Angeles. Mais pour l'heure, il va la chercher à l'aéroport de Washington DC pour les fêtes de fin d'année. Pas de chance, des terroristes se débrouillent pour couper toutes les communications entre la tour de contrôle et les avions et éteignent toutes les pistes d'atterrissages. Ils sont désormais maîtres du ciel et des avions qui s'y trouvent, dont celui de Holly, la femme de John. Il s'est encore retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment et va devoir tout faire pour arrêter les terroristes s'il ne veut pas que l'avion de sa femme s'écrase.

C'est reparti pour un tour avec au programme un paquet de fusillades, encore plus d'explosions, le tout pendant une tempête de neige. C'est Renny Harlin qui mettra en scène ce deuxième épisode malheureusement moins bon que le premier sur de nombreux points. Sorti en 1990, il ressemble plus parfois à un film catastrophe qu'à un film d'action vue la façon dont il est monté. A intervalles réguliers, on entend « les avions vont bientôt se crasher » ou « ils n'ont plus de kérosène ». Même le crash d'un des avions et la fin font penser à « 747 en péril ». McClane perd aussi beaucoup de sens de l'humour pour jouer de façon plus dramatique, plus classique et cela passe beaucoup moins bien. Ensuite on revient aux standards du film d'action : une scène de dialogue suivie d'une scène d'action qui se déroule à chaque fois dans un décor différent. Même l'histoire reprend trop d'éléments du premier. C'est encore Noël, Holly est encore en danger...

Du coup on se retrouve avec un film d'action classique. Certes, les scènes d'action sont particulièrement efficaces : combat sur une aile d'avion, course-poursuite en scooter des neiges, fusillade sur un tapis roulant... Mais l'action est trop souvent cassée malgré le fait que le film se déroule toujours dans un laps de temps très court (une soirée). C'est un bon film mais comparé au premier, il ne fait pas le poids.

Die Hard With a Vengeance

Des terroristes font sauter un grand magasin de New York et menacent de faire sauter d'autres lieux publics si McClane, de retour à New York après s'être engueulé avec Holly un an avant, n'accomplit pas une suite de défis qui sont plus des missions suicides. McClane reprend du service avec une sacrée gueule de bois et il a cette fois un partenaire pour ses aventures : Zeus, un électricien qui l'aide à Harlem lors de sa première mission et qui est contraint de suivre McClane par Simon, le chef des terroristes qui donne les missions. Ajoutez à cela une tonne d'explosifs de forte puissance volée et vous obtenez un film survolté.

Après Renny Harlin, John McTiernan reprend du service pour ce film sorti en 1995 qui est certainement le meilleur des trois. John McTiernan se devait de dépasser le premier Die Hard et de bousculer les règles. On oublie Noël, on oublie Holly et on garde juste une histoire à peu près similaire au premier : des faux terroristes qui sont en fait de vrais cambrioleurs hors norme. L'unité de temps est conservée car le film se passe sur une journée. Pour le décor, la production a vu les choses en grand : le film a été quasiment entièrement tourné à New York même ! C'est d'autant plus dingue dans certaines séquences notamment lorsque McClane et Zeus foncent à travers New York et traversent Central Park en taxi ! Le film offre encore moins de répit que le premier car les missions de Simon sont en temps limité. Les personnages passent leur temps à courir tout en essayant de comprendre où veut en venir Simon, joué par un Jeremy Irons impérial. Outre l'humour caustique de McClane, on a le droit à de franches engueulades avec Zeus, joué par Samuel L. Jackson.

Si McClane devient véritablement un super-héros, Zeus est maintenant l'homme qui n'a jamais voulu être dans cette situation mais qui s'en sort bien car il utilise sa tête. On a souvent l'impression que nos deux héros sont les personnages d'un jeu vidéo d'aventure-action avec énigmes et gunfights et dont chaque niveau est une nouvelle mission de Simon.
Certes plus invraisemblable que le premier mais bien plus divertissant, Die Hard With a Vengeance constitue le point culminant de la série et demeure un des plus grands films d'action hollywoodien.

Les bonus :

Chaque film comporte un second DVD de bonus avec au programme les habituels making-of, bandes-annonces, scènes coupées et commentaires audio. Comme d'habitude, les bonus sont aussi intéressants qu'un cours sur la reproduction des batraciens en Australie. Les making of sont creux, on comprend pourquoi les scènes coupées ont été coupées, les interviews n'apportent rien...
La grosse blague vient du studio de montage de Die Hard qui consiste à remonter une scène en choisissant les plans. Ca revient à faire mumuse avec des boutons et ça devient vite ennuyeux.

Les seuls bonus intéressants sont : les making of de quelques scènes d'action de Die Hard With a Vengeance où on se rend vraiment compte que le tournage a été fait au milieu de New York avec piétons et circulation et une explication des différents formats d'image dans les bonus de Die Hard.
Comme d'habitude, le seul intérêt du DVD est d'avoir un son et une image exceptionnels ce qui ne fait pas défaut ici.

A propos de l'auteur

    2 commentaires

    • Jonathan

      17/07/2003 à 00h00

      Répondre

      Je dirais que les films catastrophes d'avion sont, ces temps, peu éxistants. Depuis le film, à Noël, s'appelant "Destination Inconnue", le film duquel je n'arrive décidément pas à en avoir la moindre explication sur Internet. "Destination inconnue", "58 minutes pour vivre", "Turbulences à 30'000 pieds", ou "Turbulences 2" sont des films catastrophes. Et c'est ceux-là qui passent le plus rarement à la télé. Avec TF1, c'était un jour, pas loin de Noël 2002, j'étais tombé par hasard sur un film catastrophe, "Destination inconnue", je me souviens qu'il était en deux parties. Un virus avait contaminé un passager puis, ensuite, tous devaient mourir. Dans la deuxième partie c'est un avion privé d'un terroriste, qui s'en prend à ce Boeing 747, en tentant de le descendre en tirant deux missiles dans ses deux réacteurs... Et quand il a fini par se poser, le terroriste s'est écrasé sur le même aéroport de l'île ou le gros porteur s'était posé, après avoir in extremis viré par sa gauche, avant de se crasher en tournant, et le film ne tardait pas à finir à ce moment-là. Et, pas moyen d'essayer d'en savoir plus sur Internet. Pourquoi le terroriste s'en prenait à cet avion, puis pas un autre ?, et pourquoi cette envie de tuer avec rage et plaisir ? Je n'en ai plus entendu parler de ce téléfilm. Et même sur Internet comme partout il est impossible de trouver quelque chose sur ce film. Et quand je vais chercher sur "Destination inconnue", ou même ce qui en concerne, c'est en vain, le résultat aboutit à tout sauf à ce fameux film, ce film que j'aimerais revoir encore une fois. La seule explication qu'il y a ne me donne rien, et est toute en Anglais en plus. Il a fallu tomber sur "Pandora's Clock", pour avoir un peu pour en savoir plus, et la seule et unique chose qu'il y a est courte et toute écrite en Anglais. En tout cas je dirais qu'à ce stade, il y a un manque sérieux de films catastrophes diffusés depuis Noël. Et moi, qui adore les films catastrophes, m'ennuie à la téévision.

    • el viking

      15/09/2008 à 14h18

      Répondre

      Yippie-Kay-yee, pov' con!


       Non, sérieusement, la trilogie Die Hard fait parti de ses (trop) rares films qui me permettent de reconcilier mon amour pour les bon films et mon côté définitivement bourrin... De l'humour, de l'action, des répliques cultes, des acteurs plus ou moins talentueux, que demande le peuple?


      A noter le rôle remarquable de Jeremy Irons dans die hard III, sublissimement bien interprété (en plus il se tape la fille à la fin... ah, ce Jeremy Irons...)

    Participer à la discussion

    Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

    Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

    Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

    Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

    Rubriques