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Dictateur (Le)

Le rire et la caricature !

Le Dictateur a été écrit courant 1938 et réalisé un an après. Son célèbre auteur s'appelle Charlie Chaplin. Avec ses armes à lui, il a souhaité dénoncer toute la bêtise, la stupidité des idéaux nazis et fascistes en caricaturant et en rendant plus que ridicules leurs dirigeants restés tristement célèbres : Hitler et Mussolini. Et ce, malgré les pressions dont il fit l'objet, au moins jusqu'à l'incident de Pearl Harbor en décembre 1941.

Nous vous devons beaucoup, nous vous devrons toujours davantage, Monsieur
Charles Chaplin
(Lettres Françaises, 1958). C'est l'histoire d'une période entre deux Guerres Mondiales, période intermédiaire où la Folie s'est déchaînée. La Liberté a piqué du nez, et l'Humanité a reçu des coups de pieds.

Hynkel est un dictateur au pouvoir, à l'égocentrisme surdimensionné et à la façon d'être totalement déjantée. Qui prône, qui plus est, l'antisémitisme. De son côté, un simple et modeste barbier juif quitte enfin, amnésique, l'hôpital qu'il occupait depuis la fin de la Grande Guerre. N'ayant pas été mis au courant de la nouvelle situation politique de son pays, il reprend son travail comme si de rien n'était. Il tombe sur sa voisine, Hannah, et en devient follement amoureux.
Dernière chose: ce barbier ressemble trait pour trait au fameux Dictateur...

Le Dictateur est le plus grand exemple d'oeuvre cinématographique engagée de tous les temps. Le chef-d'oeuvre par excellence du plus grand de tous les génies que le cinéma ait connu jusqu'à présent. Charlie Chaplin a su allier à la perfection crainte et réjouissance, obscurité et splendeur, les rires et les larmes. Il est le maître de la caricature, lui qui a d'ailleurs toujours su jouer une caricature vivante. Il s'est imposé comme le maître de la satire économico-sociale avec Les Temps Modernes. Le voilà maître de la satire politique.

Il a voulu faire de son Dictateur une sorte de cours d'éducation civique pour les générations qui ont vécu la Seconde Guerre Mondiale et toutes ses atrocités, mais aussi pour nous-mêmes, et pour les générations de demain. Le film restera toujours d'actualité et ses messages continueront de traverser le Temps.

Il y a ce barbier juif, interprété par Charlie Chaplin, Himself. Un homme un tantinet maladroit, mais tellement attachant et courtois, qui a accompli son devoir de citoyen pendant la Première Guerre Mondiale et qui a bien mérité de retrouver son univers à lui : son adorable petit cabinet, avec son fauteuil et ses ustensiles couverts de poussière. Il croyait pourtant ne l'avoir quitté que quelques jours.

Il y a ce fameux Dictateur, également interprété par Chaplin. Un être arrogant, un arriviste de base, impertinent, insolent et malhonnête. Un monstre arrivé on ne sait trop comment au pouvoir en Tomainie.

Et puis il y a la belle, Hannah, interprétée par Paulette Goddard. Courageuse, elle n'en est pas moins téméraire et généreuse. Elle est la voix de la Raison, la présence qui rassure et sa famille et nous-mêmes. Elle est l'Humanité incarnée.

En plus d'être une formidable condamnation des Etats totalitaires racistes que l'on connaît, Le Dictateur est un bijou d'humour et un recueil d'une grande limpidité de tout ce qui fait d'un film un bon film. Chaplin est au sommet de son Art, et il n'est pas question de discuter cela.

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4 commentaires

  • Anonyme

    08/12/2009 à 09h32

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    se film n'est pas trop bien J.R

  • riffhifi

    26/01/2010 à 22h26

    Répondre

    "Le film datant de 1935 environ"


    1938, quoi. Hannibal, pourquoi ai-je l'impression que tu ne lis jamais les critiques existant sur le site, ce qui t'amène par exemple à paraphraser les résumés, et ne te permet pas de rebondir sur les éventuels débats existants. Dommage, non ?

  • Anonyme

    21/05/2010 à 13h04

    Répondre

           J'ai trouvé ce film génial d'un bout à l'autre mais il y a quand même quelque chose qui m'a choqué. Goering est représenté par un personnage dui détone totalement. Il fait penser au Sergent Garcia (l'ennemi de Zorro) ou à Pat Hibulaire (l'éternel ennemi de Mickey). Pour rappeler l'apparence physique de Goering, j'aurais plutôt pensé à un acteur  genre Orson Welles (sur le tard quand il a pris du poids) .


         J'ai regardé ce film avec ma petite-fille. Je me suis régalé pendant le discours du dictateur, j'ai fait assez d'anglais pour reconnaître les mots "démocratie" et "liberté" suivis d'un mot bizarre qui me semblait être composé du verbe anglais "Stink" (puer) et au verbe allemand "rauchen" (fumer). J'ai bien aimé aussi la longue évocation des gens qu'il a en haine suivie d'une phrase du genre "mon coeur déborde d'amour pour tous les autres".


         Ma petite-fille m'a semblé s'ennuyer pendant cette partie-là mais elle a ri aux éclats en voyant juste après le Sergent Garcia faire dégringoler Hitler en le heutrant de ses grosses fesses. A la réflexion, je me suis dit que ce film était destiné à un très grand public et qu'il était normal qu'il contienne à la fois de l'intellectuel et du clownesque. Et finalement, c'est du très grand art que d'avoir réussi à marier les deux registres d'une façon harmonieuse.

  • Anonyme

    28/12/2010 à 17h25

    Répondre

    Ce film ne m'a pas vraiment plus sauf au moment du discours moral ou il y a une vrai leçon de morale !!!

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