6.5/10

Descent (The)

Un an après un tragique accident de voiture causant la mort de son mari et de sa fille, Sarah (Shauna Macdonald) retrouve cinq de ses amies pour faire une expédition de spéléologie dans une grotte écartée des Appalaches...

« Il y a des films d'horreur... et il y a des films qui font peur ». Avec une pareille accroche sur l'affiche du film, accompagnée d'un « une expérience unique au cinéma », il est difficile de ne pas être intrigué par ce The Descent, oeuvre anglaise d'horreur signée du réalisateur et scénariste Neil Marshall, à qui on doit Dog Soldiers.

Passée une introduction un peu longuette où l'on peut s'amuser à trouver un paquet de références du genre (The Hole pour le générique, Destination finale 2 pour l'accident de voiture, Darkness pour le couloir d'hôpital, Cannibal Holocaust pour les plans de caméra amateur...), le long métrage décolle véritablement lorsque les 6 amies se retrouvent confrontées à la traversée d'un vide impressionnant. Dès cet instant, une vraie impression de danger apparaît et donne du piment à des premiers aspects claustrophobiques peu convainquant.

La suite du film, soit environ 50 minutes, parvient à mélanger le pire comme le meilleur. D'un côté les combats foutoirs avec des espèces d'orcs (marqués par des mouvements parkinsoniens de caméras) laissent un peu dubitatifs malgré un rythme soutenu et le gore apparaît tout d'abord bien inutile. D'un autre côté des surprises choquantes visuellement et psychologiquement (comme la jambe cassée, le meurtre, la fausse mort et le twist final prévisible), justifiées par une grosse trahison, donnent une force conséquente à des scènes parfaitement sanglantes et poisseuses (l'expression « bain de sang » prend ici tout son sens). Même si l'on regrette un peu le basculement rapide dans la confiance de l'héroïne et l'aspect des êtres de la grotte (très proches du monstre de Creep ou des orcs du Seigneur des Anneaux), on ne peut s'empêcher de trouver jouissif l'étalage réussi de violence immonde qui s'acharne sur nos 6 héroïnes évidemment toutes mignonnes et sexy.

The Descent, très inspiré de classiques du cinéma d'horreur comme Alien, Cube, Deliverance et Massacre à la Tronçonneuse (pour la scène finale), se perd inutilement dans son introduction et dans des mini flashbacks avec la fille de Sarah. De plus, on ne peut s'empêcher de penser que pour créer un vrai choc, quelques événement crasseux auraient pu être amplifiés. On reste donc loin des électrochocs La Dernière Maison Sur La Gauche ou House of 1000 Corpses.

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34 commentaires

  • iscarioth

    13/10/2005 à 20h15

    Répondre

    Après avoir vu ce qu'en disait MAD MOVIES, je me suis jetté sur ce film.
    The descent comporte son lot de qualités et de défauts mais se doit d'être vu de tous les amateurs de films d'horreur et gore. De nos jours, réaliser un film d'horreur mêlant effets gore (qui ont disparus de écrans depuis les années 90), violence pure aucunement aténuée par des punch lines débiles, et horreur suggestive (en terme de claustrophobie, la comparaison avec Alien est méritée), c'est extrêmement rare

    Reste quelques défauts, oui. L'intro laborieuse avec ces discussions insipides entre stéréotypes féminins (la sportive sosie de lucy liu, la trentenaire, la rebelle avec ses grandes dents, etc...) D'insupportables scènes à rebond (BOUH !!! Ah, désolé, t'as eu peur ? En fait c'était moi !) et un casting, comme la dit vincent L, évidemment entièrement dévoué à la plastique féminine parfaite. Elle sont belle, elle ont de jolies formes et en plus elle sont spéléo !

    Oui, mais voilà, en ces temps de disette horrifique, un film comme The Descent qui n'aurait pas atteint la moyenne dans les années 70, je met 8. Parce que c'est devenu vraiment rare de voir un film à l'horreur suggestive, qui joue sur les couleurs (fusées rougeatres), le suspense et la pénombre. C'est devenu rare un film d'horreur avec des scaredy cat qui ne font pas hurler de rire, avec des effets gore assumés, et des scènes de violence sans détours (arrachage de chair avec les dents, coups de pieds entre les jambes, doigts dans les yeux, etc...).

    Un film qui, malgré ses quelques scènes ratés (l'intro, le twist final bof bof, les chauves souris numériques ridicules) fait peur, instaure le malaise. Bref, un film d'horreur et pas seulement un film de sursauts.

  • la ritale

    22/10/2005 à 01h38

    Répondre

    coucou !! bon g vu le film "the descent" g trouve ca tres sympa.... certes très gore mais cela faisait bien lgtps !!!!!

    par contre g une petite question comment interpreter la fin????

    g une petite idée mais j'aimerai des avis extérieurs.... Merci !!!

  • iscarioth

    22/10/2005 à 08h03

    Répondre

    je n'ai pas cherché à interpréter la fin. Après tout, ce n'est pas très important. Ce qui prime, c'est la descente aux enfers et l'animalisation.

    Aucun Krineinien n'a vu ce film sinon ? Même Creep a provoqué plus de discussion, alors qu'il est bien loin de ce niveau !

  • Fandor

    22/10/2005 à 14h24

    Répondre

    Gallu a dit :
    Aucun Krineinien n'a vu ce film sinon ? Même Creep a provoqué plus de discussion, alors qu'il est bien loin de ce niveau !

    Je suis bien d'accord avec toi, [b]Creep est nettement moins bien. Mais ça ne veut pas dire que The Descent m'ait intéressé non plus.
    Je reconnais toutes les qualités mais ce film ne fonctionne pas sur moi tout simplement parce qu'il ne va pas là où ça me fait flipper. Certes, les effets gores font le leur (merci pour la fracture ouverte, miam ! ) mais j'y reste assez extérieur. Non, le truc qui m'a fait ça --mais littéralement j'entends !-- c'est la séquence du début lorsque l'héroïne est devant la fenêtre en pleine nuit et que *****. Brrrrrrrrr...
    Après, la descente, le noir et tout ça, oui c'est bien fait mais tant qu'on entend pas la rire de la petite fille, ça ne me touche pas vraiment. Et puis les orcs tout droit sortis du Seigneur des Anneaux ont fini de me sortir du film, la suspension d'incrédulité s'évaporant à grande vitesse.
    Mais certaines images restent gravées, comme l'héroïne émergeant de la mare de sang, très Carrie ! A ce moment là, elle ressemblait étonnament à Sissy Spaceck !
    Pour le physique des actrices, c'est étrange, je les trouve assez quelconques et c'est une bonne idée. Alors oui, elles font pas 150 kg mais ce sont des sportives aussi ! En fait, jamais ça n'a été un élément auquel j'ai pensé durant le film. Ou même après avant d'avoir lu quelques réactions à ce sujet.
    Alors, c'est un petit film sympa mais en rien une claque, la comparaison avec Alien[/b] étant tout de même un peu exagérée.

  • Tasslehoff

    24/10/2005 à 15h20

    Répondre

    J'aurais une question, comment trouver vous la bande annonce ?

    Si je dois me baser sur la bande annonce pour me decider à aller voir se film, je n'irais pas, elle ne m'a pas procuré la moindre réaction, si vous me dites qu'elle ne reflete en rien le film, je me laisserais peu etre tenter, sinon...

  • seb30

    28/10/2005 à 13h17

    Répondre

    Je l'ai vu hier soir...clairement il faut se mettre en conditions séance de nuit, un peu crevé... comme j'y suis allé pendant les vacances il y avait un max de petites ado avec leurs mecs qui leur tiraient la manche en gloussant du genre "on va se faire peur et je me collerai à toi".

    Passent 20 minutes...je me permets de noter que des temps morts il y en a mais que le film nous met vite en bouche et que le suggéré ne sera pas son fort (scène de l'accident). OK on s'emmerde un peu pendant la première demi-heure qui, comme d'habitude, pose les personnages (assez creux et caricaturaux et sur lesquels on ne s'étend pas). Mais dès la grotte le rythme s'accélère et on commence vraiement à s'amuser après 10 bonnes minutes de spéléo. OK, les rires de petite fille sont top débile et n'apportent rien sauf pour casser l'ambiance.

    Je reviens à mes minettes. Dès que ça commence à saigner, ça y va franco de port et on n'est pas dans la dentelle. Sauvage et rapide. On s'attend sans arrêt à voir une saloperie se pointer. Et le film n'absuse pas des "attends ! C'est moi" surprises. En tous cas les nanas dans la salle grimpaient aux rideaux à chaque scène saignante et les effets de suprises sont assez réussi. Mais bon...la salle était assez réceptive et on s'est bien marré. Ok les bestioles font assez recyclage du seigneur des anneaux mais bon...on s'en sort. Le registre du comique n'est pas épargné et sans tomber dans l'humour à la Evil Dead, il y a moyen de rigoler sur une ou deux scènes. Pendant une scène, je me suis même demandé qui était vraiment en danger les nanas ou les bestioles ?

    Un bon film du samedi soir à voir avec sa bande de copains/copines pour se faire peur et rire un peu. Ca fait bien longtemps que je n'avais pas revu ça.

  • la ritale

    28/10/2005 à 17h52

    Répondre

    je suis qd meme halluciné par les commentaires... en sortant de la salle, personne ne se demande c koi la fin???!!!! elle devient quoi sara?? est- ce ke tt est réel ou c elle ki a tué tt le monde???
    Ont elles ete prises d'hallucinations? (effets secondaires de la speleologie...).
    Enfin bref

    si qq'un veut bien s'y pencher a part dire ke ca ne sert a rien de se preoccuper de la fin!! depuis qd on se fiche de comprendre la fin d'un film??!!!

  • Vincent.L

    28/10/2005 à 19h51

    Répondre

    je suis qd meme halluciné par les commentaires... en sortant de la salle, personne ne se demande c koi la fin???!!!! elle devient quoi sara?? est- ce ke tt est réel ou c elle ki a tué tt le monde???
    Ont elles ete prises d'hallucinations? (effets secondaires de la speleologie...).


    La fin est pourtant claire... Je ne vais pas faire de spoiler pour te l'expliquer car il n'y a vraiment rien de complexe.

  • Fandor

    28/10/2005 à 20h55

    Répondre

    la ritale a dit :
    si qq'un veut bien s'y pencher a part dire ke ca ne sert a rien de se preoccuper de la fin!! depuis qd on se fiche de comprendre la fin d'un film??!!!

    Bah heu, je m'interroge sur la fin d'un film lorsque celui-ci m'a intéressé. Là, comme c'est pas vraiment le cas... Mais j'ai lu cette explication et je la trouve jolie alors:

    Elle arrive bien à sortir de la grotte physiquement et non pas mentalement. C'est basé surtout sur la manière dont sont filmées les hallucinations de l'héroïne (sans décors, vide), sa sortie de la grotte (très physique, tout plein de détails: réaliste en somme) et le twist final (la grotte où il n'y a rien, où c'est vide comme dans ces hallucinations).

    Voilà !

  • Donovan

    15/01/2007 à 16h08

    Répondre

    J'ai vu The Descent vendredi dernier sur Canal Plus (le film qui passait avant, sur les loup-garous, de Wes Craven, était bien daubesque, au passage).

    J'avais assez apprécié la fin sans espoir qui change assez des standards des films dits "d'horreur" de ces derniers temps...

    Toujours à propos de cette fin, et vu comment certains s'interrogent là dessus, j'ai trouvé quelques petites info interessantes sur le net...

    La version sortie aux USA s'arrête sur Sarah, dans sa voiture, qui a réussi à sortir de la grotte. La scène du retour à la "réalité" dans la grotte a été coupée.
    Le réalisateur n'a pas protesté contre ça, car lui-même avait eu différentes idées pour la fin du film et ce changement ne l'a pas dérangé. Néanmoins ses interviews à ce propos suggère bien que la dernière scène ou Sarah se réveille dans la grotte est bien la réalité.

    En revanche, une théorie assez répandue est qu'il n'y avait justement aucun monstres dans la grotte, que ce serait Sarah elle même qui aurait pété les plombs et zigouillé toutes ses amies. Le réalisateur a lui-même dit dans le commentaire audio du DVD que c'était une possibilité parmi d'autres.

  • iscarioth

    15/01/2007 à 16h59

    Répondre

    moi j'aime bien ce genre de fin "ouverte"... Ca en rajoute à la qualité du film que de laisser chaque spectateur faire le reste du boulot

  • kou4k

    15/01/2007 à 21h05

    Répondre

    Je l'ai visionné samedi dernier, en 3ème partie de soirée sur canal + cinéma, je crois, et je n'en attendait rien.
    Le titre ne me branchait pas, le contexte non plus, et 6 filles livrées à elles-mêmes, en général au cinéma ça donne plutôt ça :
    "Hiiiiîîîîiîîî!!!!! kyyyyaaaaaaa!!!!" et ca prend des decisions assez marrantes, sans aucune logique uniquement dictées par la panique...

    Donc je me suis lancé dans le film le crane rempli d'images de "souviens-toi l'été dernier"(oui, je sais, j'ai pris une référence), et bourré de préjugés.

    J'ai alors été très surpris par la tournure des énènements et les comportements des donzelles : elles ont enfin appris à réfléchir et veulent survivre !
    Bon, pour ce qui est de rester groupées, c'est pas encore ça, mais ya un net progrès...

    L'ambiance est vraiment bien rendue, opressante, rendant tout le monde claustrophobe.
    L'intégralité du film se déroule dans un noir quazi complet, éclairé uniquement par les lumières des exploratrices...
    Tout est fait pour stresser, particulièrement les créatures, et leur bruit, horribles.
    On aurait pu alors se retrouver devant un survival horror banal et longuet, mais la mise en scène est vraiment excellente, ne laissant que peu de temps morts, et offrant quelques scènes d'anthologie.
    haaaaa!!!!
    *se retourne, prise dans l'action, et schlak! une autre bestiole embrochée hin! hin!...*
    Oups, c'est pas une bestiole... bon ben, je te laisse. attend, je récupère mon arme, des fois que j'en aurai besoin, bon courage, je dirai aux autres que t'es morte courageusement... je me barre... 'tin la boulette...

    Le film, au final, offre un excellent divertissement, qui n'est pas sans rappeler La Crypte", son équivalent grand public, mais en beaucoup de points bien au dessus, et la comparaison s'arrête là.
    Opressant, angoissant, légèrement gore, violent, réaliste, percutant, ...
    Il y a bien longtemps que je n'ai pas autant été scotché devant mon écran de la sorte...
    "Attention gignol, derrière toi!" Cette phrase d'enfant devant un spectacle de marionnette revient à mon esprit quand je me remémore mon état d'esprit en le visionnant.

    Une excellente surprise, donc, pour ma part, avec une fin enigmatique(est-ce la réalité?), et une mbiance très bien rendue.

    Je trouve la critique de Vincent un peu dure, et les comparaisons pas super comparables, d'autant plus que les créatures, une sorte de mutation de l'humain, ou peut-être un proche cousin, sont plutot réussies et très bien implantées, mais chacun ses références.

    8,5/10 sans problème.

  • raidenjeff

    15/01/2007 à 23h09

    Répondre

    Je n'ai pas trouvé la 1ère partie interessante, en partie composée de conversations stériles et d'effets kitch destinés à faire sursauter. Du coup, je n'ai pas compris pourquoi le film consacrait 1h à des personnages plats et stéréotypés. Alien avait le mérite de nous proposer une palette de personnage passionant.

    Donc j'me suis pas mal ennuyé devant le film, excepté le final ou ça remu enfin. Le design des bêbêtes m'a fait penser aux créatures de Blade2. De bonnes idées certes, mais incomparable à Alien ou même The Thing...

  • kou4k

    16/01/2007 à 00h53

    Répondre

    Il est vrai que tout le coté positif est contenu dans la deuxième moitié, à partir de la rencontre des créatures...
    La mise en place est assez lente et mal amorcée.

    Mais une fois le massacre commencé, je me suis régalé ^^(non pas que je sois amateur de gore)

  • Anonyme

    16/01/2007 à 08h42

    Répondre

    Ce qui est interessant dans ce film c'est de regarder les deux sens de lecture, d'un côtés le survival simple et pourtant bien mené, et de l'autre l'analyse psychologique de cette femme qui ne réussit à sortir du trauma que l'accident a déclenché. Ces deux sens permettent d'assimiler le film de plusieurs façons.

  • Prospero

    17/01/2007 à 16h30

    Répondre

    L'apparition des gobelins m'a fait partir dans un fou-rire qui a duré quelque minutes et qui a eu l'avantage de détendre une salle un peu stressée. Mis à part ce monstrueux faux-pas -je veux dire, faire appraître des créatures au potentiel aussi peu anxiogène en plein milieu d'un passage qui fout normalement la pétoche- je dois avouer que j'ai assez apprécié. Surtout à cause de la fin, en fait, qui est à la fois suffisament ouverte pour permettre plusieurs interprétations et assez précise pour donner un genre de vertige, avec cette jolie mise en abyme.

  • Vincent.L

    17/01/2007 à 17h31

    Répondre

    L'apparition des gobelins m'a fait partir dans un fou-rire qui a duré quelque minutes et qui a eu l'avantage de détendre une salle un peu stressée.


    Je sais pas où tu habites mais ils ont un retard monstre car le film est sorti y'a un bon gros bail

  • kou4k

    17/01/2007 à 18h01

    Répondre

    Pitet dans un cinéma retro, en première partie d'un charlie chaplin...


  • Prospero

    17/01/2007 à 21h31

    Répondre

    Comme le sujet était uppé, j'ai répondu d'après mes souvenirs. Mais ça fait une vilaine lurette que je suis allée le voir.

  • Otis

    17/01/2007 à 21h37

    Répondre

    Voici ma ptite critique :

    The Descent :
    Waou !
    Quel pied de retrouver un FILM de genre, sérieux, qui le reste surtout jusquau dernier plan sans jamais perdre de son souffle, souffle que l'on aurait ici tendance à implorer. The Descent, la perle rare où les personnages sont embarqués dans un enfer insoupçonné mais possible. The Descent, le film qui retourne le genre à sa façon en creusant lhorreur dans toute sa complexité et dans toute son essence. The Descent, le film à placer directement parmi les classiques du Survival, peut-être celui qui se place au sommet de la pyramide pour ce qui est de distiller une angoisse claustrophobe où l'humidité se marie avec les ténèbres et le sang froid.
    Ce film nerveux, poli un maximum dans son approche, est l'un des plus grands survivals qui soient, racé, violent, et va puiser à fond dans la bestialité et la survie, en se détachant de toute psychologie puérile mais en taillant des portraits vrais rien qu'avec des dialogues, des gestes, des regards ; la réalisation saccadée lors des affrontements n'est pas une faute quand on sait la volonté du réal pour éviter la censure, mais au-delà de cette subtilité, cette réalisation est à saluer, elle rend parfaitement la violence des combats graphiques.
    Ici, ce qui est célébré, cest, par lintermédiaire de cette caverne, la peur ancestrale, tel un secret que lhomme voudrait négliger.
    On pense à Prédator, à cet invisible qui prend corps et à l'homme qui regarde son néant... dans le noir.
    Une petite révolution dans le genre, Marshall insuffle un climat claustrophobe proche de létouffement. Filmer le noir est une tache délicate mais il réussit à en tirer des images de toute beauté, bariolées et tapissées de violacé et de sang. En revanche, pas de surenchère sur les sursauts et la technique du « chat » On serait tenté d'affirmer que c'est l'allégorie de la caverne qui est revisitée tout entière.
    Des actrices dépourvues de clichés, des séquences chocs, des réminiscences surréalistes faisant penser à Bunuel ou à des rêves du Vertigo de Hitchcock, un film psychologique poignant, jouant sur notre instinct. Une petite révolution. Et cette musique, ce final qui appelle l'actrice principale (la meilleure "scream girl" si on peut la classer ainsi) à se transcender littéralement jusqu'au fantasme infernal ! Pessimiste et cinglant. Une grosse baffe.

    Maintenant, pour faire la fine bouche, je pense qu'il n'est pas assez "névrosé", et n'explore pas assez les bas-fonds du psychique, c'est mon avis. Je veux dire par là qu'il aurait été intéressant que la contamination du lieu où combat l'actrice principale qui joue de façon excellente en ayant conscience de ses troubles - mais que cela "aurait dû" entraîner une altération de plus en plus grave dans sa personnalité (au contraire de la névrose, du point de vue clinique) -, que cette contamination du lieu soit exercée avec des parallèles incessants entre son esprit de plus en plus bestial et son "souffle" humain qui lui reste, le tout comblé par le symbole du lieu, l'enfer quoi. "J'aurais" approfondi le point d'attache : mélanger fantasmes de liberté et retrouvailles ; concrètement, ça aurait donné à la place des monstres par exemple : j'aurais ajouté plein de pantins à tête du père, de la mère, des réminiscences bien concrètes. Peut-être plus intéressant, et à mon avis, même si cette approche est un des intérêts du film et qu'il fait qu'il est fort du point de vue sensations, cette fin est trop pessimiste. On aurait pu étudier un "après" : la tentative était intéressante dans Delivrance. Ces personnages deviennent des fantômes et je n'aurais pas été étonné qu'elle retourne dans cette grotte, sans jamais rien dire au reste du monde. Qu'elle y retourne une bonne fois pour toutes pour être en paix avec elle-même et assurée une belle catharsis. Ce sont des points "fantasmés" par le petit spectateur que je suis. Donc pour résumer :
    1) Pas "assez" psychique.
    2) Une fin belle, mais "trop" misérabiliste ? En même temps, on ne peut pas lui enlever cela, car comme dis au-dessus, elle fait la force du métrage.
    Au final, The Descent est une des premières tentatives (peut-être LA) d'un survival psychédélique. L'ancêtre est peut-être la scène du repas dans TCM avec "l'oeil" brûlant de Marylin Burns. Tous les survivals adoptent un récit réaliste (forcément) mais ne développent presque jamais une alternative "psychique". On voit l'impact, mais on ne creuse pas littéralement dans l'esprit des personnages : on ne voit pas ce qui se mijote à l'intérieur.

  • Anonyme

    18/01/2007 à 09h11

    Répondre

    Une fin belle ????

    De façon métaphorique, la fin est d'un fatalisme désarmant, montrer une femme qui ne réussira jamais à sortir de son trauma n'a rien de beau je trouve !

    Et même au premier degré, montrer un groupe qui ne survivra pas n' a rien de beau, j'aimerai savoir ce que tu appelles beau !

  • Vincent.L

    18/01/2007 à 11h20

    Répondre

    De façon métaphorique, la fin est d'un fatalisme désarmant, montrer une femme qui ne réussira jamais à sortir de son trauma n'a rien de beau je trouve !


    Je suis plutôt d'accord.

  • Otis

    18/01/2007 à 11h58

    Répondre

    "La mort d'une femme est le sujet le plus poétique qui soit"
    Edgar Allan Poe

    Plus sérieusement, je n'aime pas verser dans les "fins malheureuses" et encore moins dans les "fins heureuses". Cette fin est belle dans son esthétique qui en appelle à la transcendance (topos du survival), la mise en scène est impeccable. Maintenant, c'est mon avis.

  • hYpe

    18/01/2007 à 12h33

    Répondre

    J'ai pensé à une alternative de fin... elle s'en sort!

    On la voit sortir de la grotte à la fin du film...
    et si la dernière scène dans laquelle on la voit dans la caverne ne voulait justment pas dire qu'elle ne se remettrait jamais de cette expérience et qu'elle aurait à jamais cette attitude guerrière...

    J'ai vu le film il y a un moment deja j'ai peut-etre oublié un ou deux détails qui me contrediraient...

    Merci de me dire ce que vous en pensez?

  • Anonyme

    18/01/2007 à 12h49

    Répondre

    Otis a dit :
    "La mort d'une femme est le sujet le plus poétique qui soit"
    Edgar Allan Poe

    Plus sérieusement, je n'aime pas verser dans les "fins malheureuses" et encore moins dans les "fins heureuses". Cette fin est belle dans son esthétique qui en appelle à la transcendance (topos du survival), la mise en scène est impeccable. Maintenant, c'est mon avis.

    Poétique ne veut pas dire beau, mais je suis daccord avec ce que tu dis, le film finit de la manière la plus logique et c'est bien mise en image, si tu entends pas ça une "belle fin", je suis daccord, je pensais que tu voulais dire que la fin était comme tu as écris "heureuse", Moi je la trouve très fataliste mais en même temps c'est "bien" fait, donc autant pour moi.



    hYpe a dit :

    "J'ai pensé à une alternative de fin... elle s'en sort!

    On la voit sortir de la grotte à la fin du film...
    et si la dernière scène dans laquelle on la voit dans la caverne ne voulait justment pas dire qu'elle ne se remettrait jamais de cette expérience et qu'elle aurait à jamais cette attitude guerrière...

    J'ai vu le film il y a un moment deja j'ai peut-etre oublié un ou deux détails qui me contrediraient...

    Merci de me dire ce que vous en pensez?



    Cette conclusion fantasmé par beaucoup de personnes avec qui j'ai discuté du film n'est pas justifié, on comprend bien qu'elle pense pouvoir s'en sortir mais qu'elle n'y réussira pas, je ne l'ai pas revue depuis sa sortie ciné, je me trompe peut être, mais je me souviens qu'elle tombe dans un trou, qu'elle pense trouver la sortie (une sortie très surréaliste d'ailleur !) et une fois qu'elle rencontre le fantome de la femme qui lui a pourrit (indirectement) la vie, elle se réveille et se rend compte qu'elle s'était évanouie, du coup, elle décide de rester dans son carcan.

    Autrement dit, cette femme a tout fait pour sortir de son trauma mais même à l 'aide de ses amies, elle n'y est pas arrivée, elle gardera au fond d'elle la perte de l'être cher, ce petit trou ou elle est face à sa fille montre bien qu'elle restera à jamais dans la grotte, grotte qui représente son esprit, une esprit hanté par sa fille et par la trahison de son ami et de son mari, d'ou l'image du fantome, je trouve que la metaphore est très claire à ce niveau.

  • Otis

    18/01/2007 à 14h18

    Répondre

    Oui Kriss je parlais de la forme, non du fond
    et la poésie est peut-être une des formes qui touche au mieux le beau absolu, maintenant si ce sont les "vers" de M.Pokora, c'est un autre débat

  • nazonfly

    01/04/2007 à 18h54

    Répondre

    J'ai vu [i]The Descent hier soir.
    Si quelques passages peuvent prêter à rire, voire peuvent amener à se questionner sur la légéreté du scénario (alors là on dit qu'elles vont faire de la spéléo, et puis après elles vont dans une autre grotte comme ça pour voir, et alors le conduit se bouche, et alors elles se perdent, et alors ya des trucs bizarres au fond etc...), le début du film, complètement claustrophobe, est une réussite de tension. L'avancée des 6 filles dans les couloirs étroits est vraiment quelque chose de marquant (comme l'enfermement dans une boîte de Adrian Brody dans The Jacket[/i]). Ensuite on quitte le film d'horreur psychologique "à la Blair Witch" pour rejoindre une bagarre horrifique plus traditionnelle, mais excellente.
    Je ne me suis personnellement pas posé beaucoup de questions sur la fin.
    pour moi, Sarah (?) a rêver tout bêtement être sortie de la grotte, comme elle avait rêvé au début du film. Sa fille n'est juste qu'un appel de la mort
    Je découvre ici que la fin américaine est différente

  • Dobbs

    02/05/2007 à 20h50

    Répondre

    Une inversion du premier film du réal (le non mémorable Dog Soldier si, si)...

    On prend des filles, on va sous terre, on gère un équilibre suggestion-monstration...

    Rare de voir des films de genre qui jouent sur l'enfermement du cadre et la claustrophobie, intéressant tout de même pour la culture bis hehe

  • gyzmo

    03/05/2007 à 10h34

    Répondre

    Tu fais bien de remonter ce topic, Dobbs, car tu me fais penser que j'ai vu The Descent y'a quelques jours justement. Pour ma part, je l'ai trouvé réellement intéressant, avec une tension crescendo bien mise en scène. J'ai beaucoup aimé la première partie, à savoir la descente spéléo et les petites pointes d'action qui allaient avec. Je rejoins Nazgul sur la qualité du rendu claustrophobique, tout ça. Un régal. Le réalisateur introduit l'ingrédient fantastique de manière assez accrocheuse même si cela reste très classique. Tout comme la représentation de la faune qui survie dans les méandres de la grotte (Golum powa^^). Mais bon, le visuel est excellent, le rythme de la seconde partie, calibré à la perfection, avec l'apport de quelques surprises. La chasse aux femmes est digne d'un survival horrifique de qualité. Les réactions psychologiques et physiques des héroïnes sont suffisamment riches pour tenir en haleine. Puis le final, version européen, est vraiment un point que j'ai apprécié, pour son côté "ouverture", evidemment, mais aussi pour son pessimisme plutôt bouleversant. En somme, The Descent est un mélange réussi entre le drame, le fantastique, l'action et l'horreur. Très bon spectacle, malgré 15 premières minutes pas terribles.

  • hiddenplace

    23/08/2007 à 17h20

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    Bon j'ai eu un peu les chocottes de ma vie (ça faisait longtemps,
    tiens^^), mais j'ai quand même trouvé ce film particulièrement réussi,
    tant dans son atmosphère oppressante et ses accès de claustrophophie,
    que dans les passages "chair à vif" et "suggestion morbide".


    Le
    tout début ne m'a pas paru si long, même si je reconnais qu'il y avait
    un petit paquet de clichés effectivement sur les filles en "meute",
    mais ça permet d'installer un peu les personnageset de légèrement s'y attacher
    (bien que je crois que dans le noir de la seconde partie, je ne suis
    pas parvenue une seule fois à reconnaître qui était qui^^) .


    La
    fin ouverte est en effet un très bon point, qui interroge et amène
    plusieurs possibilités, dont l'idée d'un dénouement sur le fil du
    mythologique/ mystique, et c'est plutôt sympa pour un film de ce
    genre. 


    Bon enfin je vais quand même pas le revoir tout de suite, il a quand même pas mal malmené mes petits nerfs.

  • Anonyme

    08/12/2008 à 19h28

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    C'est fait vraiment longtemps qu'on avait pas sursauté autant dans un film d'horreur. Sanguinolent, scènes chocs et effets de surprises efficaces. La fin, ouverte met le doute parmi nous et cette question nous y fait penser et c'est là où on se dit " est ce que c'était des allucinations de Sarah ? Est ce qu'elle a pété les plombs ? Est elle une tueuse ? Les monstres les ont vraiment attaqué ?" Et c'est là où on commence à s'inquiéter et s'a y est le film a fait effet et c'est un petit bijoux du cinéma d'horreur. Dès le début on est paralysé par la claustrophobie, on est scotché devant l'écran par les risques inconsidérés que prennent les filles puis on passe brutalement dans l'horreur. On voit apparaitre petit à petit les monstres qui peuplent la grotte. Elles n'ont qu'une seule caméra infrarouge pour voir ce qui se passe dans le noir et là, place aux effets de surprises qui font sursauter de plaisir. Vraiment très violent moralement, psychologiquement et beaucoup physiquement. Le film est assez hard. Mais tellement bien. C'est très amusant parceque dès le début de leur déscente dans la grotte, on sait qu'il y a "quelquechose" dedans qui va les traquer et les piéger. Je conseil se film. Je le regarde souvent seul, ou avec des amis quand on se fait des soirées cinéma. Encore une fois, ça, c'est du film d'horreur !

  • Anonyme

    08/12/2008 à 19h36

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    Excusez moi pour la faute dans le début de mon commentaire: "ça faisait longtemps que..." Voilà.

  • Anonyme

    02/05/2009 à 19h32

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    j'ai rarement flippé autant que devant ce film. rien que pour ça 8/10.... ce film

  • Anonyme

    23/10/2009 à 00h37

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    bon alors je rétablis la vérité. Ca suffit. La comparaison avec alien est amplement méritée, amplement méritée. ce film innove par son histoire, par ses héroines, par ses thématiques, par le double lecture possible du film : descente aux enfers physique( les bestioles qui n'en finissent pas ) et psychologique ( les amies qui se trahissent). Un film très brillant à comparer avec predator ou alien (les premiers du nom je précise), mais sous la terre, ce qui permet de jouer sur plus d'effets que dans ces deux précédents films)...


     


    Un sommet de l'horreur à n'en pas douter. Je viens de voir le 2: même si il fonctionne sur les mêmes schémas, bon dieu que j'ai flippé. Eh oui, ce sont nos peurs enfantines qui nous prennent encore, et encore et encore et encore aux tripes... Et justement, le mélange de toutes nos peurs savamment distillés au cours de ces deux films, par des plans d'une incroyable construction, font de ce film un sommet de l'horeur, que je place loin devant evil dead....

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