6/10

Delirious

Steve wonder

Si le dernier opus connu de Tom DiCillo s'appelait Bad Luck ! (Double Whammy, 2001), son seul vrai succès remonte à 1994 : Living in oblivion, bêtement traduit par Ça tourne à Manhattan, racontait le quotidien d'une équipe de ciné qui tournait à la fois un film et en bourrique. Aujourd'hui, dans Delirious, DiCillo dirige Steve Buscemi pour la quatrième fois en six films, et lui accorde clairement une place de chouchou...

Toby (Michael Pitt) est un jeune SDF mou et gentil. Lorsqu'il rencontre Les Galantine (Steve Buscemi), un paparazzi prétentieux et misanthrope, il lui propose de devenir son assistant bénévole, en échange simplement d'un placard où dormir. Entre les combines sans scrupules de Les pour obtenir des photos de stars et la naïveté de Toby qui l'amène à suivre la chanteuse K'harma (Alison Lohman), l'amitié entre les deux hommes est-elle possible ?

Steve Buscemi
Les Galantine (Steve Buscemi)
Tom DiCillo aime bien ses personnages. Même la bimbo écervelée et superficielle, sur laquelle il aurait pu s'acharner sans pitié, est épargnée par un cinéaste qui préfère chercher le bon côté des gens pourris que les travers des gens normaux. La démarche se respecte, et permet de développer de façon plutôt intéressante une histoire d'amitié toute en retenue, entre un Michael Pitt naïf mais astucieux et un Steve Buscemi irascible mais humain. C'est ce dernier qui occupe manifestement la place la plus importante dans le cœur du réalisateur.
Personnage semi-tragique, le « photographe professionnel » interprété par Buscemi est un paria, un exilé volontaire qui préfère rester à la périphérie de la vie des autres plutôt que de faire quelque chose de la sienne. Il ne conçoit pas d'amitié désintéressée, ne comprend que les rivaux et les homos. Il serine à longueur de temps qu'il n'est pas un loser, trop souvent pour que lui-même puisse y croire. Et il ne sait pas gérer sa relation avec un être aussi candide et innocent que Toby.

L'étude de caractère aurait pu être passionnante, elle n'est malheureusement qu'ébauchée. Préférant partir sur une bluette sans intérêt que d'aller jusqu'au bout des contradictions et des névroses de Les Galantine, DiCillo se ferme à la fois les portes de la comédie et celles du drame. Dommage évidemment, mais on se consolera avec quelques très jolies scènes entre les deux hommes, et la perspective de revoir Steve Buscemi le 1er août dans Interview, son quatrième film en tant que réalisateur après l'excellent Lonesome Jim. Il y jouera un journaliste qui se retrouve presque malgré lui à interviewer une actrice jouée par Sienna Miller.

Un conseil pour les amateurs : restez jusqu'au bout du générique de fin, la scène supplémentaire part dans une direction différente de la fin officielle du film. Cocasse.

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Fantastic Four (The)

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1 commentaires

  • weirdkorn

    25/07/2007 à 23h00

    Répondre

    Euh, c'est un bon film ça ? Jeu d'acteur plus que moyen, réalisation raplapla, intrigue et scénario inexistants. Bref, je suis parti au bout d'une heure...

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