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Dead Zone de Cronenberg

Quand un voyant joué par Christopher Walken découvre le futur effrayant d'un politique joué par Martin Sheen, c'est un film de David Cronenberg.

Comme une majorité de bouquins de Stephen King, Dead Zone n'est pas qu'un roman mais aussi un film (ainsi qu'un série). Et c'est, excusez du peu, un certain David Cronenberg qui le réalise même si le maître n'avait pas encore sorti La mouche et que Videodrome a vu le jour la même année que Dead Zone. Christopher Walken, qu'il n'est sans doute pas besoin de présenter (Pulp Fiction, Sleepy Hollow, Annie Hall, Batman : le défi), y campe Johnny Smith, cet homme tombé dans le coma qui, à son réveil, se découvre des pouvoirs paranormaux. Le reste du casting est assez oubliable mis à part Martin Sheen à la carrière impressionnante (Apocalypse Now, Wall Street) et quelques seconds rôles classiques (Anthony Zerbe ou Nicholas Campbell). Autant dire que si ça ne sent pas réellement la super-production, on est loin du direct-to-video d'autant plus que Dead Zone est un roman fantastique, sans aucun élément d'horreur, facilement adaptable pour tous les publics.

C'est peut-être pour cette raison que Dead Zone est assez reconnu et apprécié. Il est pourtant assez rebutant avec l'avancée des années, la faute déjà à une image assez mauvaise qui a souffert des affres du temps : on a presque l'impression de visionner un mauvais téléfilm. La faute aussi à une ambiance qui sent les années 80 à plein nez sans toutefois avoir la patine de la nostalgie, le film semble juste daté : il faut dire que la vilaine coupe en brosse de Walken n'est pas étrangère à cette sensation. Certes, me direz-vous, ce sont des détails et il ne faut pas s'arrêter à la forme. Qu'en est-il du fond ?


DR. On en parle de cette vilaine coupe ?

Le film semble, en réalité, ne tenir que par la présence de Greg Stillson/Martin Sheen qui offre une belle interprétation de cet homme politique sans foi, ni loi, prêt à tout pour parvenir au pouvoir. À la fois arrogant, inquiétant, mégalo et complètement sans limite, il n'est pas loin de faire penser à un certain président américain élu plus de 30 ans après le film ! À côté Johnny Smith/Christopher Walken paraît très, très fade. Peut-être est-ce volontaire pour faire le pendant de l'énergique Stillson mais Smith semble traîner son mal-être de bout en bout du film, ce qui fait qu'on a du mal à s'identifier à lui et qu'on ressent assez peu d'empathie pour lui et, en conséquence, pour l'histoire globale.


DR. Martin Sheen le winner

Il était difficile, sans doute, de faire un grand film avec un matériau original aussi pauvre (non, je n'ai jamais été fan du livre) mais Dead Zone, malgré son casting plutôt intéressant sur le papier, se regarde avec l'intérêt que l'on met sur un téléfilm de seconde zone.

A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

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