6.5/10

Dany Boon, douanier de la comédie dans Rien à déclarer


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Après son Bienvenue chez les Ch'tis, Dany Boon avait de quoi se faire du souci. Comment réitérer le succès du premier, ou tout au moins éviter la casse ? Le Ch'timi a dû faire une analyse de son succès et a fait des choix en conséquence. On pourra le taxer de se fier à ses origines, puisque Rien à déclarer se passe, encore une fois, dans les terres du Nord, mais aussi plus au Nord, puisque la Belgique y est présente.

En 1993, c'est le passage à l'euro. Ruben Vandevoorde (Benoît Poelvoorde), douanier belge complètement francophobe, et Mathias Ducatel (Dany Boon), douanier français, forment la première force de douane volante franco-belge. Le caractère du Belge est exécrable, tandis que le Français n'ose avouer à son collègue qu'il aime sa soeur.

On a bien du mal à comprendre ce film. Non pas que l'intrigue soit compliquée ou que les accents soient difficiles à saisir pour le Parisien, non, bien sûr, mais plutôt car on se situe face à un OFNI de première catégorie. Rien à déclarer a tout pour ressembler à une comédie telle qu'on les faisait il y a quelques décennies, quand avoir un fond franchouillard et légèrement raciste ne prêtait pas à conséquence. Les plus grands classiques de la comédie française sont là pour en témoigner...
Ainsi le malaise est réel, entre blagues belges et racisme quotidien. Evidemment, on ne prêtera pas de mauvaises intentions au réalisateur, qui nous a prouvé qu'il était bien loin de tout ça. Mais on est cependant soulagé quand dans la seconde partie du film l'humour repose plutôt sur d'autres ficelles.


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Maintenant que l'on a évacué ce point, on ne peut que convenir que Dany Boon est très fort sur le registre comique. Il parvient à rythmer son film et à rebondir de rires en rires. Après une introduction expédiée avec efficacité en quelques bonnes minutes, c'est la galerie de personnages que l'on saluera. S'ils ont tous des "gueules", qu'ils font des grimaces et qu'ils surjouent, c'est bien pour jouer la comédie, et pas pour faire dans le jeu intellectuel à la française. Ainsi, Karine Viard plante une parfaite commerçante sans scrupule, tandis que Bruno Lochet sait jouer de sa trombine pour faire l'idiot du village et que Benoît Poelvoorde s'énerve comme jamais ! Le casting a été brillamment constitué, avec, en contrepoint de tous ces rôles délirants, la présence de Julie Bernard, bien plus sérieuse et glaciale.
L'humour est basique : gestes, grimaces, exagérations, mais fait mouche. Les gendarmes coursent les voleurs ; une liaison est dissimulée, j'en passe, et des classiques !

Au final, Rien à déclarer porte plutôt bien son nom : pas de dénonciation malgré une toile de fond dangereuse, mais un véritable talent comique pour qui aime le rire simple et immédiat.


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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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