7/10

dahlia noir (Le)

Beau et sinistre

Après une série de films qui ont laissé le public sur sa faim (Snake Eyes, Mission to Mars et Femme Fatale), Brian De Palma revient avec Le Dahlia noir. Un polar classe, mené par un beau casting : Josh Hartnett, Scarlett Johansson, Aaron Eckhart, Hilary Swank, Mia Kirshner, pour ne citer que les plus présents. Cette brochette d'acteurs n'est pas pour rien dans la réussite du long métrage. Tous dégagent une belle présence, avec un étonnant charisme pour certains. En tête, Josh Hartnett est quasi omniprésent, avec notamment une narration distinguée.

Des scènes d'une grande beauté

Histoires de meurtres, de manipulations, de mensonges, de sexe et d'amitiés, Le Dahlia noir se plaît à brouiller les pistes d'explication. Le spectateur qui n'a pas lu le roman de James Ellroy se verra ainsi bien baladé pendant deux heures. Comme le livre, le film est basé sur l'histoire vraie de l'atroce meurtre d'Elizabeth Short, jeune actrice dans les années 1940 à Hollywood. Avant de développer l'enquête policière, De Palma prend le temps de présenter ses personnages principaux. Grâce à cette intimité, il permet au spectateur de s'attacher à son beau héros. Si Le Dahlia noir marque le grand retour de De Palma, c'est que le réalisateur de Scarface y filme des scènes d'une grande beauté (telles le combat de boxe ou la chute de l'escalier), qui donnent une force indéniable à l'oeuvre. Il en signe aussi d'autres, très réussies, à l'horreur effroyable, comme presque lui seul sait le faire. A l'aide de délicats plan serrés et en donnant une importance particulière aux lumières, flous et couleurs (doux jeux sur le noir et blanc), il rend hommage au cinéma américain des années 1960. De ces procédés ressort une élégance supérieure.

Comme dans L'Esprit de Cain et Body Double, le cinéaste exprime justement l'obsession et les fantasmes, avec un soupçon d'érotisme. Perle de désir putride, Mia Kirshner est sublime. Elle offre une performance remplie d'émotions et de mystères. Avec ses yeux bleus grands ouverts, elle montre au monde qu'elle est dotée des plus belles mirettes du cinéma américain. Au fur et à mesure que l'investigation avance, les pensées fantasmagoriques vont jusqu'à atteindre le morbide et le malsain. La représentation du sang y est soignée. A la différence de la plupart des autres films du genre, les giclées de couleur rouge ont ici tout leur sens. Tantôt crasseuse, tantôt esthétique, l'hémoglobine est synonyme de tensions, de drames et de traumatismes. Dans son ensemble, Le Dahlia noir baigne dans ce tableau parfois un peu brouillé.

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Borat

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9 commentaires

  • weirdkorn

    10/11/2006 à 11h17

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    Pour faire simple : j'ai rien compris !

  • Vincent.L

    10/11/2006 à 11h30

    Répondre

    Pour faire simple : j'ai rien compris !


    Oui, mais as-tu aimé?

  • weirdkorn

    10/11/2006 à 12h25

    Répondre

    J'aurais aimé si j'avais compris. En fait, ça passait mais ça aurait été bien mieux si l'histoire n'avait pas été aussi confuse.

  • Garf

    10/11/2006 à 21h47

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    Et bien la première moitié du film est vraiment plaisante, on profite au maximum de l'esthétisme, de l'histoire aussi...et puis après c'est le grand déballage scénaristique, on ne voit que ça, on apprécie plus rien, et en plus on comprend pas grand chose en fin de compte.

  • phiiip

    16/01/2007 à 22h25

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    malheureusement, je n'ai pas réussi à me détacher de ma lecture du (superbe) livre. Et là, le film n'est pas vraiment à la hauteur, puisqu'il a beaucoup trop raccourci. Mais là où le film m'a le plus gêné, c'est dans la réalisation, qui réutilise tous les tics des films noirs, sans en oublier un seul. C'est subjectif, ça n'est peut-être qu'un détail, mais ça m'a gêné... pour le reste, j'ai trouvé ça bien joué, et je suppose l'intrigue intéressante (encore une fois, difficile de juger quand on a lu le bouquin, du moins pour moi).

  • Anonyme

    17/01/2007 à 12h59

    Répondre

    phiiip a dit :
    malheureusement, je n'ai pas réussi à me détacher de ma lecture du (superbe) livre. Et là, le film n'est pas vraiment à la hauteur, puisqu'il a beaucoup trop raccourci. Mais là où le film m'a le plus gêné, c'est dans la réalisation, qui réutilise tous les tics des films noirs, sans en oublier un seul. C'est subjectif, ça n'est peut-être qu'un détail, mais ça m'a gêné... pour le reste, j'ai trouvé ça bien joué, et je suppose l'intrigue intéressante (encore une fois, difficile de juger quand on a lu le bouquin, du moins pour moi).



    Sachant que De Palma est quand même un réalisateur qui a inffluencé beaucoup de monde et que comme ses références, son style est unique.

    Sachant que le bouquin comme une majeure partie des romans du même hauteur sont réputé difficilement adaptable.

    Sachant enfin que le film noir est un style très codifié, vos remarques sont carrément normales.

    Pour ma part, le spectacle ne m'a pas déçu mais une multitudes de petits défauts parasitent un film dont l'intrigue est déja difficile à assimiler.

    Du coup, l'un et l'autre étant non compatibles, on a du mal à apprécier

  • viandox

    12/03/2007 à 02h26

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    Dans les années 40, à Los Angeles, Bucky et Lee, deux inspecteurs, s'attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette, Elizabeth Short, a été découverte atrocement mutilée. Sa beauté et sa fin tragique deviennent les sujets de conversation de toute la ville.

    Après L.A confidential, cest au tour du Dahlia noir, autre roman de James Elroy de connaître les joies de ladaptation sur grand écran. Le chef dorchestre ne pouvait être que Brian De Palma tant les problématiques traitées dans ses film ressemblent a celles des uvres de Elroy. Il faut dire que le metteur en scène sen sort plutôt bien. Comme souvent il nous gratifie de plans de caméras superbement travaillés. Des petits joyaux de la réalisation qui se fondent dans le récit. De plus, Il restitue aussi lambiance poisseuse qui règne dans les livres de Elroy. Un sacré tour de force. Par contre, cest au niveau du récit que les choses ne tournent pas aussi rond : Les deux heures imparties au réalisateur semblent trop courtes pour développer lépaisseur du récit. Dans lultime quart dheure du métrage, De Palma nous livre les clés de son film. Un empressement qui fait tache tant le reste du film est de bonne facture.

  • Meow

    27/09/2007 à 23h22

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    Hmmm, quel ennui...mais quelle barbe ce film!


    Le néant absolu : trois plombes pour présenter des personnages manichéens, mous, sans épaisseur, sans charisme pour finir par plier un scénario tarabiscoté en moins de 15 minutes...


    La réalisation banale, sans intérêt, les codes 'classiques' (la belle affaire!), du thriller pendant au moins 3,25 secondes!! ... brrrrr....

     

  • gyzmo

    28/06/2008 à 10h04

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    Vu hier soir sur canal. J'ai aimé l'esthétisme, la reconstitution des années 60, tout ça. Y'a quelques tics du réalisateurs qui sont toujours aussi proutprout (les effets spéciaux à deux balles pour simuler un coup derrière la tête, les séquences au ralenti assez ridicules). Par contre, je suis comme Weird. J'ai absolument rien compris à l'histoire. Ca va trop vite vers la fin, les présumés coupables se multiplient, on est noyé par les patronymes qui sortent de nulle part, ça bazarde des tonnes d'infos en quelques minutes - alors que le film est plutôt tranquillou les 3/4 du temps. Complétement largué que j'étais. Je crois que la lecture du bouquin s'impose^^

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