4.5/10

Cyborg

Van Damme accède au statut de star avec cette bourrinade futuriste super-fauchée de 1989. Il faut croire que quand on aime, les coups de tatane valent tous les scénarios du monde.

A la fin des années 80, la firme Cannon de Menahem Golan et Yoran Globus ne doute de rien : leader dans le domaine du film d'action décérébré, elle prévoit de tourner une suite à son nanar de 1987 Les maîtres de l'Univers (avec Dolph Lundgren et la très jeune Courteney Cox), et une adaptation de Spider-man (plusieurs années avant que James Cameron s'intéresse au projet, et bien entendu douze ans avant que Sam Raimi entre dans la course). Les deux films auraient dus être réalisés par Albert Pyun ; ce dernier, apprenant que Cannon est sur le point de déposer le bilan et qu'aucun des deux films ne verra le jour, leur propose in extremis un synopsis écrit sur un coin de nappe qui lui permettrait d'utiliser une partie des décors et des costumes fabriqués, histoire de ne pas gâcher. C'est ainsi que naît Cyborg, film de bout de ficelles qui clôt le règne de Cannon mais consacre Jean-Claude Van Damme comme star du film d'action bourrin. Il faut dire que Jean-Claude, à 29 ans, tient ici la vedette pour la troisième fois, après le célèbre Bloodsport et le beaucoup moins célèbre Black Eagle.

La plus grosse réussite du scénario consiste à avoir affublé les personnages de noms véritablement impossibles, jugez plutôt : le héros Gibson Rickenbacker (JCVD) s'est juré d'avoir la peau de Fender Tremolo et ses acolytes Brick Bardo, Prather, Vondo et Xylo. A leur décharge, tous ces gens habitent dans le futur, à une époque où la peste a tué tous ceux qui portaient un nom décent. Ce monde, Fender Tremolo l'aime, car il y fait régner la terreur comme un gros salopard.


« Va au diable !
- Pauvre connard, je suis le diable. »

Si la logique du film peut faire sourire (deux-trois gentils, plein de méchants, de la castagne), on s'inclinera devant l'épaisseur de l'ambition de Albert Pyun, qui déclare à l'époque : « J'ai voulu faire un western futuriste à la Sergio Leone. » S'il est effectivement possible de discerner quelques clins d'œil à Il était une fois dans l'ouest (carrément), on notera surtout les ressemblances avec Keoma de Enzo G. Castellari, auquel Cyborg emprunte des scènes entières. La mode de l'époque n'étant pas au western, l'action est déplacée dans un futur post-apocalyptique à la Mad Max (et puis c'est un bon moyen de recaser les décors, comme vu précédemment), et la présence d'un cyborg dans le titre permet de séduire les fans de Terminator et de Robocop, deux films ayant déjà généré leur lot d'émules dans la deuxième moitié des années 80 (Atomic Cyborg, Cherry 2000, Robot Holocaust...). La femme cyborg dont il est question est quasiment absente du film lui-même, en-dehors d'une très courte séquence agrémentée d'un joli effet spécial.


« Tu dois avoir l'habitude.
- L'habitude de quoi ?
- L'habitude de tuer.
- C'est ce monde qui veut ça, j'y peux rien. »

Jean-Claude Van Damme promène un air particulièrement bête tout au long du film, notamment dans les scènes de flashbacks où il porte une perruque RIDICULE (les majuscules sont indispensables), mais il offre par ailleurs des séquences d'action ébouriffantes, servies par une réalisation énergique malgré la généreuse pelletée de faux raccords et les gimmicks risibles comme le célèbre « Jean-Claude donne cinq fois le même coup de pied sous différents angles. ». On notera avec amusement que Cyborg est sans doute le film que les Inconnus ont pris comme référence pour leurs hilarantes parodies Les Miséroïdes et Les liaisons vachement dangereuses.

Si le statut d'icône de Van Damme s'est bâti avec ce film, notamment à l'aide d'une séquence de crucifixion qui fait de lui un cousin (allons-y gaiement) du Schwarzenegger de Conan le Barbare et du Kirk Douglas de Spartacus, on peut néanmoins rester pantois devant le niveau de son jeu d'acteur... Mais après tout, les fans ne lui ont jamais demandé autre chose que de faire des coups de pieds retournés, des grands écarts et des interviews cocasses.

En 1993, un film appelé Cyborg 2 vit le jour. Mettant en scène le has-been Jack Palance et la toute jeune Angelina Jolie (18 ans), il n'a bien entendu aucun rapport avec le Cyborg de Van Damme. Quant à Cyborg 3 : The recycler, son titre parle de lui-même...

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6 commentaires

  • nazonfly

    31/05/2008 à 14h05

    Répondre

    Dire que j'aimais bien ce film dans une autre vie. Faudrait que je le revois.

  • Lestat

    31/05/2008 à 15h01

    Répondre

    Un film dont le héros a un nom de guitare ne peut pas être mauvais.

  • Anonyme

    31/05/2008 à 22h24

    Répondre

    Fallait oser personalliser les 2 marques de guitares les plus célébres et les faire s'affronter

      


     

  • Bung

    01/06/2008 à 01h04

    Répondre

    Purée, comme j'ai adoré revoir et revoir et revoir la scène où son  poing émerge  d'un tas de bois qui s'était effondré sur sa perruque


     


    L'un des des plus grands nanards de tous les temps ! 

  • gyzmo

    01/06/2008 à 12h00

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    Perso, j'assume complétement ma fan attitude de JCVD tellement cet acteur m'est sympathique. Même en le regardant au premier degré, je suis d'ailleurs incapable de mettre à ce film moins de 7 de toute façon ! Cyborg est l'un de mes tout premier full contact avec le bonhomme à l'époque où je passais plus de temps dans les vidéos clubs que devant mes devoirs d'écoles. Bon, la mise en scène est basique (mais bien foutue) et l'histoire ne vole pas très haut car elle s'inspire de tout plein d'autres références ciné mais y'a deux ou trois ambiance du film qui sont presque aussi bien construites que les passages apocalyptique d'un Terminator, par exemple. Y'a aussi pas mal de Highlander's like dans ce film je trouve, niveau rythme et éclairage. Ce qui est le plus frappant, c'est les bruitages. Rif évoque les sketchs des Inconnus dans sa critique. Ben, c'est exactement de là qu'ils ont pompé les "cris" et les "coups". Et avec le recul, en remattant Cyborg, c'est très difficile de garder son sérieux devant les scènes de bastons tant l'image de Didier Bourdon en caricature de Van Damme domine.


     


    Allez, pour le plaisir, le trailer typique des 80's et tout simplement excellent (me file vachement envie de le revoir, dites !) : ... re=related


     


    Gloire à [accent ricain] Jan Clôde Vanham ! 

  • Anonyme

    15/09/2009 à 20h19

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    ce film est culte un "poing" c'est tout. atmosphere apocalyptique ,jcvd en pleine forme, bruitage de gueudin .mon préféré avac full contact et bloodsport. culte je vous dit

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