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Crimes à Oxford

Film à suspense raté mettant en scène un duo improbable et ridicule. Rajoutez deux femmes pour la plastique et vous aurez une suite logique : un film inutile sans profondeur et sans saveur.

Un jeune homme aux yeux bleus du nom de Martin et venu du plus profond de l'Arizona s'installe à Oxford pour faire une thèse universitaire à l'anglaise sur les suites logiques. Son choix n'est pas anodin puisqu'il cherche à faire diriger sa thèse par un très grand mathématicien devenu professeur dans cette université prestigieuse, le très grand Arthur Seldom. Il se rend donc chez sa future logeuse, laquelle est une vieille amie de son idole de la suite logique, et essaye d'attirer désespérément l'œil de son futur mentor potentiel. Il n‘arrive pourtant qu'à attirer celui de la fille de la petite vieille, qui tombe amoureuse immédiatement de son regard azuré. Lors d'une partie de squash, ou cloisonné entre 4 murs, il pense à son désert natal, il fait la rencontre d'une deuxième jeune fille anglaise au teint fade et aux cheveux de jais. La vie se complique donc de plus en plus et atteint un degré de rejet ultime lorsque notre héros un peu faiblard mais profondément beau gosse se fait rejeter par la personne de toutes ses inspirations. Alors qu'il s'apprête à tout plaquer pour retourner gambader dans la prairie, il se retrouve à découvrir le premier cadavre laissé par un tueur en série et ce en compagnie de son professeur adoré. La thèse s'oublie alors pour une quête de la vérité et une course contre la montre pour sauver son intellect.

On aurait pu se dire que tous les ingrédients étaient là. On aurait pu jurer que la pellicule en question et ce qui l'anime promettait d'être vraiment intéressante et que la petite salle allait être illuminée de toute la noirceur possible ainsi que de l'humour tout aussi profond et glauque qui aurait pu aller avec. On se disait même qu'il y aurait pu avoir un toucher tout particulier, ce toucher dont Alex de la Iglesia est le savant propriétaire devant la communauté des amateurs de décalage que nous sommes. Au final, la déception nous a anéantis au visionnage de ce film sans la moindre ambition et au pointillisme plus que douteux.

Oxford ne sert pas à grand-chose si ce n'est à prétexter un classicisme anglais que l'on ne reconnait nulle part ailleurs que sur le principe. Ni dans la narration, ni dans le style nous ne retrouvons ce qui pourrait apporter un peu de dignité à l'édifice pour nous perdre un peu dans le romanesque de l'aventure intrépide que le film devrait nous proposer. Il faut rajouter à cela une très mauvaise écriture scénique qui empêche quiconque de sérieux de supposer que les plans et l'articulation de l'action aient été vraiment réfléchis. Le film pourrait se rattraper sur l'ambiance glauque et sordide d'une quête mystérieuse de la vérité comme il se prétend être. A la place d'une démonstration théorique très bavarde et constante, dont la véridicité mathématique et philosophique est plutôt exacte soit dit en passant, il aurait été préférable de se servir du roman pour s'envoler un peu d'un sujet lourd même pour les personnes qui peuvent éventuellement s'y intéresser. Du coup même un intellectuel féru de suites logiques et de rapports de causes à effets dans l'univers ne s'y retrouverait pas.

Outre le manque d'efficacité du scénario et du film, il n'est pas non plus supporté par la direction des acteurs qui les fait paraître moyennement efficaces et plus contextuels que taillés pour leur rôles respectifs de vieux con qui sait tout et de jeune garçon aux idées claires. On comprend dès le départ que leur travail ne les motive que très légèrement. De même que le décor s'ennuie, les personnages font de même y compris dans leurs rapports amoureux ou sexuels qui ne ressemblent qu'au pâle reflet du creux généralisé qu'est le film. Ne parlons même pas des deux rôles féminins donc l'intérêt n'est que plastique et encore il faudrait là aussi y croire.

On s'ennuie donc ferme avec une folle envie de partir faire autre chose car la stimulation ne se trouve nulle part et n'encourage le spectateur qu'à tuer son voisin de frustration. Merci d'abréger vos souffrances en n'y allant pas. Regardez-le éventuellement d'un œil lorsqu'il passera sur vos écrans de télé un dimanche de pluie lors d'un hiver venteux ou vous pourrez l'oublier en vous endormant tranquillement auprès du feu. Une déception à la hauteur d'une espérance peut être trop pointue pour complètement le descendre. Le film a toutefois décimé quelques autres personnes que la mienne lors de cette avant-première sans goût et sans saveur. La musique ne vaut pas non plus le coup donc ce film ne peut pas être visionné en mode audio non plus pour ceux qui auraient imaginé cette éventualité improbable.

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8 commentaires

  • nazonfly

    12/03/2008 à 14h37

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    Oui très facile cette suite quand même.

  • Anonyme

    12/03/2008 à 15h33

    Répondre

    C'est 22 !

  • riffhifi

    12/03/2008 à 15h43

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    Normal, c'est un film policier.

  • Anonyme

    13/03/2008 à 17h35

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    riffhifin -> lol !

  • Luz

    26/03/2008 à 13h18

    Répondre

    C'est tout à fait ça, jusqu'à l'envie de tuer son voisin.


     


     

  • Anonyme

    28/03/2008 à 12h55

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    Ou la, tu oses massacer le réalisateur de mes chères voisins ??? Un crime farpait ??? 800 Balles et autres Jour de la bête ??? Tu prends un énorme risque la ...

  • Anonyme

    09/11/2008 à 21h47

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    Très bonne analyse. ... En effet, je suis dans mon canapé en cet hiver venteux... à défaut de télé et de Scrabble. Bref, content d'avoir épargné 6€ du ciné... A+

  • Sylvain

    09/11/2008 à 23h09

    Répondre

    En revanche le livre - mathématiques du crime - est très bien tourné, et le héros est argentin comme l'écrivain d'ailleurs.

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