6.5/10

Crazies (The)

La survie de quelques personnes dans une région dévastée par un virus militaire. Remake de The Crazies de George Romero, avec qui il n'entretient que peu de rapports.

Je suis une Légende, Rec et sans doute un peu Doomsday, auront permis de remettre les Infectés au goût de jour et il semblerait bien qu'au milieu des bons vieux morts-vivants, la tendance veuille désormais que se faufilent quelques virus à effets purulents et carnassiers. Logique, finalement, lorsqu'on se souvient que la cause de la Nuit des Morts Vivants était, déjà, une bactérie suspecte. Ce contexte peut permettre de comprendre ce qui a pu pousser les producteurs à s'intéresser à The Crazies (alias La Nuit des Fous Vivants, en vidéo !), petit classique de Romero  coincé entre les deux poids lourds de sa filmographie que sont, justement, La Nuit des Morts Vivants et Zombie. Oeuvre corrosive et nerveuse, et de fait film le plus "vif" d'un Romero plutôt caractérisé par une certaine lenteur rugueuse, The Crazies reste aujourd'hui un jouissif moment de noirceur, d'urgence et de paranoïa, n'oubliant pas de tacler sévèrement une gente militaire s'embourbant dans son propre système de procédure. Sur le fond comme la forme, un pur produit des années 70, filmé au 16mm sans grand budget.

Trente ans plus tard, Breck Eisner s'y colle. Le sujet est sensiblement le même (des militaires laissent échapper un gaz pas vraiment hilarant et c'est la chienlit à Ploucville), le traitement diffère. Le débat des remakes est toujours plus ou moins le même : si en mettant complètement l'aspect politico anti-militariste de côté, The Crazies 2010 ne dénature pas son aîné, il se présente finalement davantage comme un ersatz de 28 jours plus tard. En cela, il développe toute la logique de série B de l'original, s'intéressant exclusivement à la survie d'un échantillon humain face à une horde de mutants-pustules et de bidasses masqués. Sur le principe, ce n'est pas forcément un mal, d'autant que Breck Eisner va à la concision, remplit bien son Scope, n'est visuellement pas manchot et, pour notre plus grand plaisir, laisse un peu de côté son héros de shérif (Timothy Olyphant, transparent) au profit d'un adjoint à la gâchette facile qu'on croirait parfois sorti d'un Carpenter. Carpenter dont l'ombre plane souvent sur le film, notamment dans une première demi-heure assez exemplaire.

Si l'on peut discuter de son utilité en tant que remake, The Crazies 2010, qui spirituellement a plutôt tendance à rappeler Carnosaur, a au moins le mérite d'être divertissant. Les amateurs feront tant bien que mal le deuil de l'ambiguïté maladive et de l'ambiance littéralement folle composées par Romero, et se consolerons à la vision d'une poignée de scènes barrées, d'où surnage un Infecté amateur de fourche. D'aucun diront qu'à ce compte là, il aurait mieux fallu changer le titre : c'est pas faux.

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1 commentaires

  • Anonyme

    03/06/2010 à 18h40

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    Vu et revu, marre des remakes et des suites !

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