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course au jouet (La)

Arnold cherche un jouet, mais son passé de star de film d'action ressurgit. Du coup, il tape les méchants papas et poursuit des gamines dans des centres commerciaux.

A la veille de Noël, Howard (Arnold Schwarzenegger) s'aperçoit qu'il n'a pas encore acheté le cadeau en tête de liste de son blondinet de fiston. Il lui reste encore un jour pour mettre la main dessus, envers et contre tout...

La star de film d'action, quand elle en a marre de taper des gens, se tourne vers la comédie. C'est un fait immuable, compréhensible dans une certaine mesure, et généralement négligeable. Le problème avec Arnold, c'est qu'en 1996, il y est enfoncée jusqu'au cou. Bien sûr, il continue à verser dans le bourrinage à grande échelle, avec des titres comme L'Effaceur ou True Lies, mais sa filmographie compte désormais des étrons comme Junior, Jumeaux, ou bien encore Un flic à la Maternelle. La Course au Jouet, Jingle All the Way en version originale, s'inscrit manifestement dans cette catégorie bien que Schwarzie se permette de frapper quelques gars et quelques rênes pour la forme.


Le synopsis est directement extrait de notre quotidien. La veille de Noël, il manque LE cadeau qu'il ne fallait surtout pas oublier : une figurine TurboMan, le super héros crétin du moment tout droit tiré d'un ersatz des Power Rangers. Les vendeurs se gondolent quand vous en réclamez, les magasins affichent « Sold Out » (« épuisé », pour les non anglophones) partout, et les quelques rares exemplaires qui restent sont quasiment irrécupérables. Bref, vous êtes dans la panade, surtout qu'un excité du bulbe cherche lui aussi son jouet, et se montre prêt à tout pour l'obtenir. Dans un cas comme celui-là, que fait notre bon Schwarzie ? Il se tape tous les magasins de la ville, fait usage de violence quand il en a l'occaz', et saute sur toutes les opportunités au détriment de son concurrent pas mal ravagé. Nous ne sommes pas devant une comédie, mais devant un film consternant, d'une morale assez vilaine, où le héros fait preuve à de nombreuses reprises d'une agressivité qui n'a d'égale que celles des gens qui l'entourent. Le cliché est en effet poussé à l'extrême : la population appartient à une jungle, les gens n'hésitent pas à se dévorer entre eux pour obtenir l'objet de convoitise, se marchent dessus, et oublient le respect et la bienséance. Dans d'autres circonstances, cela aurait pu être amusant quand on s'aperçoit que la réalité n'est jamais loin (visitez certains magasins lors de soldes monstres, ou même la gare Saint-Lazare en période de grève, vous verrez), mais ici, le résultat obtenu est tout juste supportable. Le pire, dans tout ça, est qu'ils espèrent nous refourguer une morale à deux francs six sous où la famille, en fin de compte, c'est bien.

En film de Noël, vous pourrez trouver mieux. Pardon, je reformule, vous trouverez FORCÉMENT mieux. Arnold se la joue pépère, les péripéties n'appartiennent pas à l'humour, et le tout se saupoudre d'un second degré de méchanceté assez repoussant. A la rigueur pourra-t-on s'amuser du parallèle avec le quotidien des derniers jours de décembre, mais c'est tout. A part peut-être si vous souhaitez découvrir les premiers pas cinématographique de Jake Lloyd (le petit Anakin Skywalker de La Menace Fantôme).

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Igor

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