4.5/10

constant gardener (The)

Le mélange des genres n'est pas toujours synonyme de succès. A trop vouloir en faire, on peut vite tomber dans la caricature brouillonne ou l'ennui ; c'est ce qui se passe avec The constant gardener. Inspiré d'un roman de John Le Carré et réalisé par le brésilien Fernando Meirelles déjà auteur de La cité de Dieu retraçant la violence des favelas de Rio, ce film oscille sans cesse entre le thriller politique et le drame humanitaire, bien que ces deux styles n'aient guère de point commun. Il en ressort un film certes atypique mais qui aurait dû davantage se concentrer sur l'intrigue elle-même ou sur la misère africaine au lieu de traiter les deux parties de manière égale.

Justin, un diplomate anglais spécialisé dans les boutures et la prévention du Sida au Kenya rencontre un beau jour Tessa, une avocate militante sur la condition humaine. C'est le coup de foudre entre les deux, la belle partant directement s'installer au Kenya où elle passe son temps à faire des recherches sur un nouveau médicament miracle. Mais un beau jour, elle est retrouvée morte. Son jardinier de mari va donc essayer de comprendre ce qui s'est passé.

Sans être mauvais, the constant gardener se révèle difficilement digeste, avec sa réalisation surchargée et son histoire de conspiration politico-pharmaceutique particulièrement dure à avaler. L'intrigue s'avère à la fois trop simple et trop grosse pour séduire. On n'entre jamais dans la paranoïa des personnages, qui semble déplacée au vu de l'affaire qu'ils essaient de dévoiler. De la même façon, l'intrigue manque de manipulation et de retournement de situation pour réussir à accrocher, sachant que l'on en est de plus très vite détourné à force de filmer l'Afrique en gros plan. Le réalisateur se prend pour un documentariste et s'en va caméra à l'épaule faire des plans serrés sur les enfants africains d'une manière épileptique. C'est sans parler des trop nombreux et insupportables flash-back romantiques qui nous permettent de revoir l'horrible jeu nunuche de Rachel Weisz. Reste tout de même la performance de Ralph Fiennes, impeccable en diplomate calme et volontaire qui sauve le film à lui seul.

On ne peut pas nier au film une certaine qualité narrative et esthétique, mais que le résultat est laborieux pour finalement ne pas arriver à grand-chose ! Trop long et trop chargé, The constant gardener part dans des dérives sentimentales ou de documentaires humanitaires qui n'ont rien à faire dans un thriller qui aurait pu être de qualité. De plus le message des méchants capitalistes qui exploitent les pauvres petits africains fait complètement caricatural (même s'il y a du vrai là-dedans).

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5 commentaires

  • nazonfly

    27/02/2006 à 15h31

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    J'aurais pour ma part un avis beaucoup moins négatif que weirdkorn sur ce film.
    Si je suis totalement d'accord avec lui sur les "trop nombreux et insupportables flash-back romantiques" qui plombent une bonne moitié du film, je trouve par contre que, à partir de la mort de Tessa et la prise de conscience de Justin, le film retrouve un second souffle, largement plus profond que la bluette du départ.
    Le propos de cette oeuvre de fiction rappelle le sujet du Cauchemar de Darwin ou l'exploitation de l'homme par l'homme, de l'africain par l'européen/américain. Plus que la misère du peuple africain, le réalisateur montre la réalité (jusqu'à quel point??) du fonctionnement de certains labos pharmaceutiques et de leurs relations délétères avec les diplomates des pays occidentaux.
    Certes ce film est loin d'être parfait, mais il a le mérite de peut-être vouloir ouvrir les yeux sur une certaine façon de faire occidentale, même si dans ce sens-là, le Cauchemar de Darwin (qui lui est un documentaire.....) va encore plus loin.
    C'est du moins comme ça que j'ai ressenti le film, ce qui semble n'avoir pas été le cas de quelques personnes dans la salle qui sont sorties en riant...

  • Wax

    27/02/2006 à 15h39

    Répondre

    Je suis assez d'accord avec toi Naz. Cela dit, je n'ai pas été gêné plus que ça par les "flash-back" romantiques: ça doit être mon coté fleur-bleue.
    Au contraire de weird, j'ai plutôt aimé le coté "documentaire filmé caméra à l'épaule" en ce sens qu'il apportait un genre de vérité et de crédibilité au propos.
    Par ailleurs, j'ai beaucoup aimé la musique!

  • phiiip

    02/10/2006 à 14h21

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    globalement d'accord avec les critiques. l'intrigue ne m'a pas semblé complètement irréaliste, mais ce doit être mon côté comploteur... par contre, les images sont beaucoup trop léchées à mon goût, ce qui leur enlève beaucoup de force; quand les taudis, la misère, sont filmés, on se croirait presque en train de regarder un magasine de photos, diminuant grandment l'impact visuel, et remettant le spectateur à sa place - plutôt que de le garder dans le film, près des personnages.

  • Anonyme

    14/04/2008 à 23h49

    Répondre

    Reflet romantique, certes, d'une réalié certaine. Les firmes pharmaceutiques n'ont pas une grande moralité. Les écolos non plus quand on y pense: pas d'OGM pour les Africains; qu'ils crèvent de faim n'est-ce pas ? Pas d'électricité non plus: ils la fabriqueraient avec leur pétrole; qu'ils continuent de se cancériser les poumons en faisant du feu de bois dans leur huttes.

  • Anonyme

    14/06/2009 à 23h02

    Répondre

     L'AUTEUR DE CETTE CRITIQUE DOIT AVOIR DES PARTS DANS UN QUELCONQUE LABORATOIRE PHARMACEUTIQUE

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