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Conan le destructeur

Arnold Schwarzenegger porte le pagne de Conan le Barbare pour la seconde fois. Le réalisateur Richard Fleischer remplace John Milius, et tire le film vers la comédie nanarde.

Après quelques années de vache maigre, Arnold Schwarzenegger a rencontré le succès en 1982 avec Conan le Barbare, réalisé par John Milius. Le personnage se prête à la franchise, et le producteur Dino de Laurentiis propose rapidement au
Qui a la plus grosse ?
bodybuilder autrichien de soulever le glaive à nouveau. Cette fois, il sera dirigé par Richard Fleischer, un vieux routard du cinéma populaire à qui on doit 20 000 lieues sous les mers (1954), Les vikings (1958), Le voyage fantastique (1966), Tora ! Tora ! Tora ! (1970) ou encore Soleil vert (1973).

Conan et son ami Malak, bandits de grand chemin, croisent celui de la reine Taramis (mais où sont Tartagnan et Tathos ?!) qui leur demandent de voler un trésor pour elle. Ils seront guidés dans leur quête par la princesse Jehnna (Olivia d'Abo, dans sa première apparition à l'écran), et accompagnés par le garde du corps Bombaata… ainsi que par le magicien Akiro et la lutteuse Zula (Grace Jones, chanteuse noire athlétique que l'on verra peu après dans Dangereusement vôtre face à un Roger Moore décrépi). Une vraie colonie de vacances.

Franchise oblige, ce Conan-ci ne peut plus être sous-titré « le Barbare », il est donc « le Destructeur ». Et de fait, Conan destructe. Il destructe des miroirs, il destructe le crâne de ses adversaires (et des chameaux), mais il destructe aussi la noblesse et la dimension iconique que le premier film lui avaient conféré. Le réalisateur, trop vieux ou peu intéressé par son sujet, noie l'aventure dans la simili-comédie, usant pour cela des ressorts les plus usés de l'humour bas de plafond : le sidekick pleutre et maladroit, la scène de cuite (Schwarzie fait peine à voir), les blagues sexuelles… Le film s'avère finalement plus rigolo dans ses défauts involontaires, qui lui confèrent une qualité nanarde rédemptrice : créatures bien moches dont le costume pouilleux ne fait pas illusion un seul instant (Fleischer ne se donne même
Qui a la plus longue ?
pas la peine de les filmer dans l'ombre ni d'essayer de cacher leur pauvreté), bruitages ridicules accompagnant les moulinets du glaive (pensez aux Inconnus et à leurs Miséroïdes)… Mako, qui reprend son rôle de magicien compagnon de Conan, est réduit à pousser de curieux grognements, tandis que Grace Jones hérite pour tout dialogue de hurlements stridents (qui ne font pas oublier sa coiffure hautement anachronique).

Pourtant, le film ne manque pas totalement de panache sur le plan formel : Basil Poledouris signe la musique comme dans l'original, et lui injecte quelques accents héroïques mémorables ; et la photographie tente de faire oublier le carton-pâte de certains décors et costumes. Le résultat se regarde sans ennui, jusqu'au final naïf suivi du même épilogue que le premier film... mais la franchise tournera court, et le scénario du troisième épisode sera recyclé bien des années plus tard sous le titre Kull le conquérant (un autre personnage créé par Robert E. Howard).

Malgré cet échec, Schwarzenegger retrouvera Richard Fleischer dès l'année suivante pour Kalidor : la légende du talisman, dans lequel il tient un rôle très "conanien" (hissé par le montage et le marketing au rang de vedette, son personnage souffle ainsi la place à Red Sonja). Quant à Conan lui-même, il restera cantonné à de modestes incarnations télévisées jusqu'à ce que le producteur Avi Lerner ne le ressuscite en 2011, sous les traits de Jason Momoa.


Qui est une poule mouillée ?

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1 commentaires

  • Canette Ultra

    24/08/2011 à 22h02

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    Après le premier opus, j'étais très enthousiaste et puis... un gros nanard qui parvient tout de même à se regarder mais loin du souffle "épique" du premier. Mention pour Wilt Chamberlain, grande star de basket ! http://www.krinein.com/cinema/conan-des ... 16909.html

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