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Comparatif - Rencontre à Wicker Park & L'Appartement

Critique comparative de L'appartement et de son remake Rencontre à Wicker Park

Les américains ne peuvent pas s'en empêcher, il faut qu'ils aient le besoin de faire des remakes. C'est une vilaine manie qui la plupart du temps ne vaut pas l'oeuvre originale. Rencontre à Wicker Park, remake du film français L'Appartement datant de 1996, ne déroge pas à la règle.

Rarement un remake a été aussi proche de l'original dans la reconstitution des scènes et aussi loin dans la restitution de l'intensité de ces dernières. Au début de Rencontre à Wicker Park, on croît que l'on va assister à une copie conforme qui respectera la puissance émotionnelle, psychologique et dramatique de L'Appartement. Mais bien vite, on se rend compte que le réalisateur du remake Paul McGuigan ne maitrise pas du tout aussi bien que Gilles Mimouni cette histoire de triangles amoureux pleine de flash-back, de poésie et de force sentimentale. Le réalisateur anglais se perd dans des tentatives de complication d'un scénario original déjà bien tordu. Avec de nombreux artifices visuels tels que de nombreux split-screens et des superpositions d'images assez douteuses, il tente de donner du poid et de la beauté à des scènes qu'il a imcompréhensiblement ralongé par rapport à celles de L'Appartement. Son film lui échappe pendant une bonne heure où le spectateur qui n'a pas vu le film original à de quoi être complètement largué et s'ennuyer ferme; celui qui a vu l'original ayant de quoi être navré par le semi crime qui se produit devant ses yeux. Enfin, dans les 50 dernières minutes, Paul McGuigan et Brandon Boyce, le scénariste du remake, se reprennent un peu et parviennent légèrement à recréer les tensions, le stress et quelques sentiments d'amitié et d'amour si forts dans l'original.

Le remake n'a donc pas su retrouver le charme de l'original. L'ambiguité des personnages est quasiment absente, les relations des personnages sont plus stéréotypées, les flash-back sont moins bien intégrés au récit au présent, le chassé-croisé amoureux est beaucoup moins captivant et la pression se ressend moins. De plus, Rencontre à Wicker Park déforme la subtité des personnages de L'Appartement avec les interprétations de Josh Hartnett (Matthew), Diane Kruger (Lisa), Matthew Lillard (Luke) et Rose Byrne (Alex) qui sont largement moins éblouïssantes que celles de Vincent Cassel (Max), Monica Bellucci (Lisa), Jean-Philippe Écoffey (Lucien) et Romane Bohringer (Alice). Les doutes et les maladresses du jeu de Vincent Cassel sont remplacées par le jeu plat de Josh Hartnett; l'ambiguité et la froideur de la performance de Monica Bellucci sont changées par la présence tiède et peu convaincante de Diane Kruger; la souffrance des expressions de Jean-Philippe Écoffey se transforme en stupidité de Matthew Lillard; les larmes et le charme déséspéré de Romane Bohringer deviennent une folie maladive quasi incensée avec Rose Byrne.

Même si Rencontre à Wicker Park copie la plupart du temps les scènes de L'Appartement image pour image et les dialogues mot pour mot, il s'écarte gravement de l'original sur un certain nombre de point, perdant ainsi encore plus de sens et d'impact.
On passera sur la profession de Lisa qui de que comédienne devient danseuse mais on s'arrêtera par contre sur l'aspect dramatique et apocalyptique de l'ancienne relation de Lisa et sur la fin qui se retrouve totalement modifiée. Celle de L'Appartement, à la fois particulièrement affreuse, triste, touchante et juste (en un sens) devient dans le remake un Happy End bidon qui dit l'inverse du film original.
Ceux qui auront la curiosité de se tourner vers le film original comprendront ce qu'il en est et comment on peut vraiment gacher tout le sens d'un film. La phrase "l'amour nous fait faire des choses incensées" perdant dans Wicker Park 90% de sa force et de sa légitimité.

Au final, Rencontre à Wicker Park ne vaut pas le détour tant il s'éloigne de ce que L'Appartement nous disait sur les relations amoureuses et tant il gache une fin somptueuse et subtile dans le film original.
On ne retiendra que la bande son du remake avec des titres des Stereophonics, Coldplay, Jóhann Jóhannsson, Mum, Mazzy Star ou encore Mogwai.

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2 commentaires

  • Anonyme

    01/11/2007 à 00h54

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    C'est quoi cette critique purement  subjective??


    c'est parce que la version  originale est française qu'elle est meilleure? c le message qu'on veut faire passer à travers cette critique ! 


     on a souvent vu des remake plus beau que la version originale !


    j'ai trop aimé le film, tres bien fait, plein d'émotions ! 

  • Anonyme

    22/04/2008 à 13h15

    Répondre

    Je ne suis pas d'accord. Rencontre a wicker park est beaucoup mieux que l'appartement.

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