8/10

Commando

John Matrix s'est fait enlever sa fille. Monumentale erreur ! Il va flinguer tout le monde dans une bonne humeur typique des 80's ! On y va ?

- Vous allez entendre une drôle de pétarade !

1985. Tel un muscle trop stéroïdé, le mythe Arnold Schwarzenegger a éclaté à la face du monde, via deux rôles qui le marqueront à jamais : Conan le Barbare et Terminator. Après ces deux coups d'éclat, Schwarzie, à l'aube de rencontrer
McTiernan pour Predator, a l'occasion de se promener dans les carnets de quelques producteurs, qui trouveront divers écrins à sa carrure exceptionnelle. Après avoir fait coucou chez la famille de Laurentiis, le Chêne Autrichien pousse la porte d'un jeunot nommé Joel Silver, qui vient de produire Walter Hill et John Hugues. A Silver s'associent Steven de Souza -aucun rapport avec la Valise en Carton-, scénariste de 48h et futur réalisateur de Street Fighter (yeah !), ainsi que les deux scénaristes de Teen Wolf, dont un certain Jeph Loeb, plus connu dans le 9ème Art (et de fait, sans doute pas étranger à l'absence de complexe du résultat). A tout ce petit monde s'ajoute le metteur en scène Mark Lester, à qui l'on doit alors un monument bis d'anticipation testostéroné, Class of 1984. Tels des peintres prenant inspiration d'un même sujet, tous vont modeler la matière-première Schwarzie pour créer ce qui restera un des plus ahurissants représentants du cinéma d'action des années 80 : Commando.

- Si vous voulez revoir votre fille, il faudra vous montrer coopératif... vrai ?
- FAUX !!! *Pang*

Si Commando a un scénario, il est réduit à sa plus simple expression : des terroristes basanés commandés par un sosie de Freddie Mercury enlèvent la fille du supersoldat John Matrix, qui contre toute attente va s'empresser de faire le ménage. Voila pour le prétexte et en vérité, tout le monde s'en balance pas mal. Car Commando est un film comme il n'en arrive qu'un par décennie ou presque, et vingt ans plus tard, il  n'y a guère que Bad Boys 2 à avoir atteint le même niveau d'outrance et de bêtise assumée, tout en reculant très loin les limites du genre.

- Tu l'as dans l'cul sale con !
- Nan, c'est toi qui l'a dans l'cul, sale con !

Le film est en vérité construit sur un principe limpide : John Matrix est un surhomme. De la scène d'introduction, où il transbahute sans sourciller un tronc
d'arbre fraîchement coupé, à un massacre final sponsorisé par Bricorama où il dézingue des sbires à coups d'outils de jardin, John Matrix  sait tout faire et n'aura de cesse de réduire au silence ceux qui croisent son chemin, faisant fi de toutes lois de la physique et de la convention de Genève. Il flingue, il écrabouille, il flambe, il ventile, et après, éventuellement, il discute. Un sbire tente de négocier ? Il le plombe. Une cabine téléphonique sur son chemin ? Il l'arrache de terre. Un béret vert passe pas là ? Il lui flanque une raclée. Une île remplie de vilains ? Matrix, équipé comme un char d'assaut, rapplique avec sa petite barque et on en parle plus. Au fil des actions improbables de John Matrix, Commando devient alors une sorte de monument de surréalisme jouissif, ce soldat de fortune aux performances presque cartoonesques n'en finissant plus de détruire tout ce qui passe, à mains nues ou à coup d'objets étranges, tel ce croquignolet lance-4 Roquettes, que la seule femme du récit utilisera à l'envers à l'occasion d'un gag burné.

- Tu te souviens Sully, j'ai dit que je te tuerais le dernier...
- Oui John, c'est ce que tu as dit !
- J'ai menti....
- Aaaaaaaarghh !!

D'ailleurs... gag, le mot est lâché. Et si tout ceci n'était qu'une farce ? Les punchlines les plus hilarantes fusent, les conventions sont brisées avec bonne humeur et rien, littéralement, n'arrête la course du mastodonte Schwarzie sur le chemin de la vengeance, tandis que le grand méchant de l'affaire cabotine comme un fou. Il n'y a finalement qu'une pichenette qui sépare Commando d'un Hot Shots 2, chaque scène trouvant son point d'orgue dans une action insensée mené par un Arnold monolithique faisant jouer chaque muscle de son corps. Commando va si loin dans le concept "Arnold fait tout péter" qu'il atteint les limites de la parodie. A la vision de certaines scènes, il n'est d'ailleurs pas interdit de voir en Commando une énorme BD live, tant l'insouciance et l'exubérance amènent à certains codes du support.

- Crache ta vapeur, sale pourriture !


Mené à un train d'enfer, transcendé par les accords martiaux de James Horner, Commando aurait pu, par ses excès, être une comédie, une sorte de Last Action Hero des 80's. Pensé comme un vrai film d'action un peu borderline à l'heure où Rambo régnait en maître, il reste aujourd'hui une pépite ultra-trépidante à redécouvrir, un monument de sueur, de poudre et d'explosions à savourer seul ou entre amis pour se rappeler que, bordel, y'a vingt ans on savait encore faire des films qui en avaient dans le pantalon !! Commando, quelque part, est une madeleine de Proust. Une autre époque, celle où Arnold n'était pas Gouvernator et pouvait plomber une centaine de gugusses sans sourciller. C'était le bon temps.


- Vous nous avez laissé quelque chose ?
- Rien que des morts !

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petits ruisseaux (Les)

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4 commentaires

  • Anonyme

    11/08/2010 à 18h32

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    Franchement trippant comme film.Comme dit dans la critique, les répliques cultes fusent à grande vitesse, les sud americains se fond désingués comme les russes dans rambo 3.C'est juissif et j'espère que the Expendables nous redonnera du spectacle dans un genre similaire. 

  • Sylvain

    11/08/2010 à 20h14

    Répondre

    Ce film est un authentique chef d'oeuvre, mais oui !

  • gyzmo

    12/08/2010 à 21h34

    Répondre

    Un film pour les gars et les filles qui aiment les cabanes de rangement pour outils de brico-jardinage ! Et Freddy Mercury aussi (mozidor indise).

  • Lestat

    12/08/2010 à 22h47

    Répondre

    Il y a "Rosebud", la douche de Psychose et ça :


     

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