5.5/10

Cold Prey 2 : Un petit rhume ?

On prend les mêmes et on recommence. S'il devait n'y avoir qu'une phrase pour décrire Cold Prey 2, ça serait celle-ci tant le film de Mats Stenberg n'arrive pas à se démarquer de son aîné. Même cheminement scénaristique et même photographie, il n'en fallait pas plus pour assurer les arrières de la production. Pourtant, Cold Prey 2 n'est clairement pas un mauvais film et il apporte une touche d'action plutôt bienvenue pour la saga horrifique norvégienne.

> La critique qui suit contient bien évidemment quelques spoilers. Si vous n'avez pas vu Cold Prey premier du nom, il est conseillé de ne pas lire le billet avant de l'avoir visionné.


DR.
Deux longues années ont été nécessaires pour concocter une suite à Cold Prey, le succès surprise (critique et commercial) norvégien de l'année 2006 dans le sens où le long-métrage de Roar Uthaug est un slasher et l'on sait pertinemment combien il est difficile de se démarquer dans ce domaine ultra-fermé. Sorti sur les écrans scandinaves en 2008, Cold Prey 2 a également mis du temps à obtenir son passeport pour la France puisqu'il a été présenté au même moment que son grand frère dans nos vertes contrées, lors du Festival du film fantastique de Gérardmer en janvier 2009. La manœuvre aura au moins permis aux distributeurs français de mettre sur le marché les deux œuvres simultanément. Pour donner un souffle nouveau à la franchise qui n'en avait pas forcément besoin, la production a décidé de changer de réalisateur et d'appeler Mats Stenberg pour occuper la place laissée vacante par Roar Uthaug. Ce qui aurait pu marquer un tournant crucial et décisif dans la série ne se révèle être qu'un détail mineur parmi de nombreux autres puisque rien durant l'intégralité de Cold Prey 2 ne laisse penser qu'un changement de ce calibre a été effectué, tant il a beaucoup de mal à se détacher de l'épisode précédent.


DR.

Démarrant quelques minutes après la fin de Cold Prey, ce deuxième volet met une nouvelle fois en scène Jannicke, la seule survivante du récent massacre. Récupérée sur la route de façon assez chanceuse, elle est immédiatement transférée à l'hôpital le plus proche pour subir quelques soins et tenter d'expliquer ce qu'elle faisait toute seule sur le chemin par ce temps glacial. Bien évidemment, elle raconte dans le détail ce qui est arrivé à ses amis et une équipe de policiers est immédiatement envoyée sur place pour analyser la situation. Au fin fond de la crevasse, ils découvrent les cinq corps, dont celui du boogeyman local, et les ramènent à la morgue de la clinique. Pris au dépourvu puisqu'ils n'y croyaient absolument pas au départ, le chef de la brigade mène de son côté quelques recherches pour finalement trouver un lien entre l'assassin et plusieurs disparitions de touristes ayant été constatées quelques années auparavant. Au moment de lui ôter ses vêtements, le tueur convulse et l'équipe médicale tente de lui redonner la vie par le biais d'électrochocs pour définitivement faire repartir son cœur malgré les violentes contestations de Jannicke. Le loup est lâché dans la bergerie, il ne reste donc plus qu'à apprécier le spectacle.


DR.
Et du spectacle, il va y en avoir. Beaucoup moins avare que son prédécesseur en termes d'action pure, Cold Prey 2 va rallier à sa cause ceux qui n'avaient pas spécialement accroché avant à cause de cette carence justement. Plus de sang, plus de gore et plus de créativité dans les meurtres ont incontestablement été les consignes du cahier des charges, étant donné que le Jason Voorhees norvégien utilisera la plupart du temps non plus la pioche, mais ses mains et tout ce qu'il trouvera à sa portée. De plus, le cliché du tueur que même la mort n'arrive pas à supprimer atteint ici son paroxysme tant il semble plus que jamais increvable, notamment à cause de sa soif de vengeance alimentée par son enfance difficile – il serait mort-né pour finalement recouvrer la vie quelques heures plus tard et ses parents l'auraient laissé pour mort en le perdant dans les montagnes. Mais mis à part cette révélation scénaristique (déjà à moitié expliquée dans le premier volet), ce caractère d'ermite asocial et sanguinaire affirmé et cette poussée d'action fort agréable, Cold Prey 2 emprunte exactement les mêmes ficelles que celles utilisées pour Cold Prey.


DR.

Effectivement, au niveau de la progression, on reste sur ce que l'aîné avait instauré, à savoir une petite présentation des personnages les quarante premières minutes pour réellement commencer la traque au sein de l'hôpital par la suite. Mais ce qui avait été bien fait précédemment l'est toujours ici, à commencer par les personnages. Loin d'être caricaturaux, ces derniers ne sont d'ailleurs pas des teens écervelés puisque pour la plupart, ce sont des médecins ou des agents de police. Ils réfléchissent avant d'agir, ce qui assez rare dans ce type de film pour le souligner. A l'instar des anciens protagonistes, tous gagnent notre sympathie haut la main et nous sommes à chaque fois peinés de les voir partir les uns après les autres. Techniquement parlant maintenant, la photographie proposée reste quasiment la même de celle que l'on a pu voir dans Cold Prey. Renforçant le sentiment d'angoisse et d'oppression dans les couloirs déserts de l'hôpital, elle a fait ses preuves par le passé et reste diablement efficace.

Finalement, ce Cold Prey 2 peut quasiment être qualifié de copié/collé car s'il apporte quelques touches somme toute sympathiques, il n'empêche qu'il garde également les défauts qui avaient fait de l'ombre aux indéniables qualités du premier. Dommage car une fois n'est pas coutume, Cold Prey 2 n'est pas un mauvais film en soi, loin s'en faut, et l'action qu'il amène avec lui est plutôt agréable mais le scénario est encore trop prévisible pour réellement faire passer la licence Cold Prey comme une indispensable. La conclusion sera donc la même que pour le premier volet : il aurait pu s'imposer comme un incontournable du genre. Au lieu de ça, il se contente de n'être qu'un bon divertissement horrifique.

> Le troisième volet de la série, Cold Prey 3, étant sorti il y a quelques jours en DVD/Blu-Ray en France, StudioCanal propose un coffret regroupant les trois épisodes (24,99€ pour le pack DVD et 29,99€ pour le pack Blu-Ray). Une bonne occasion de s'offrir l'intégrale de la série horrifique à petit prix.


Partager cet article

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques