8/10

Closer - entre adultes consentants

Pourquoi mon amour ne suffirait-il pas ?

Closer est l'adaptation au cinéma de la pièce de théâtre à succès de Patrick Marber. On y retrouve Natalie Portman (Léon, Mars Attacks!, Star Wars Episode 1 2 3...), Jude Law (Bienvenue à Gattaca, eXistenZ, Alfie...), Julia Roberts (Pretty Woman, Erin Brockovich, Ocean's Eleven...) et Clive Owen (Gosford Park, La mémoire dans la peau, Le Roi Arthur...).

Chose exceptionnelle pour un film hollywoodien, toutes les personnes qui entourent les quatre personnages ont des rôles de figurants. Alice (Natalie Portman), Dan (Jude Law), Anna (Julia Roberts) et Larry (Clive Owen) sont pratiquement les seuls visages que l'on voit à l'écran, comme si le quadrilatère amoureux qui se déroule entre eux créait une bulle totalement hermétique aux autres individus. Cet espèce de huis-clos iréel donne une formidable intensité à des protagonistes quasiment communs.

Partant de cette situation et avec une réalisation peu banale, Mike Nichols, le réalisateur de Wolf, Primary Colors et de la série Angels in America, nous livre une sorte de "film français à l'américaine" qui a de quoi séduire à de nombreux égards. Grâce à quatre acteurs aux interprétations d'une sublime justesse (caractéristique de nombreuses productions américaines), on se retrouve passionnés par une histoire quasi anecdotique (caractéristique de beaucoup de films français) menée de façon très lente avec longs plans-séquences et un nombre assez réduit de scènes. Il est plus qu'essentiel de préciser que si les quatre acteurs n'avaient pas été aussi brillants ou même que si un seul avait été moins bon que les autres, le film aurait sombré dans le ridicule ou la nullité.

Autour de ces quatre fortes personnalités teintées de faiblesses (doutes, mensonges, ruses...) se ficellent des scènes parfois comiques, comme l'hilarante et savoureuse discution sur le net, et souvent dramatiques, comme les scènes de ruptures, qui touchent sans jamais faire dans le larmoyant. Certains moments, presque incensés, comme la scène de photo avec Alice et Anna, celle très "hot" dans le club de strip-tease entre Larry et Alice et celle de rupture entre Larry et Anna resteront longtemps dans les mémoires grâce à des dialogues particulièrement subtils et appliqués qui donnent aux situations une puissance phénoménale. Même les phrases ou mots les plus vulgaires et violents apparaissent comme de véritables oeuvres, nous procurant des sensations tour à tour de gêne, de rire, de plaisir et d'étrange familiarité.
La qualité des dialogues de Patrick Marber permet à Mike Nichols de suggérer toutes les scènes de sexe plutôt que de les montrer. Et, fait assez incroyable, on a rarement aussi crûment parlé de sexe dans un film américain que dans Closer. Ainsi, on y parle sans honte ni retenue de branlettes, d'éjaculations en tous genres, de masturbations, de jouïssances féminines, de positions sexuelles, de façons de faire l'amour, de performances sexuelles... Ce ton libre et réaliste magnifie tout ce qu'il évoque et touche.
Plus loin que cet aspect "sexe" débridé, Closer parle différemment d'amour en décrivant l'honnêteté dans le couple comme un aveux plutôt qu'une fidélité.

Natalie Portman et Clive Owen n'ont vraiment pas volé leurs récents Golden Globe, respectivement pour "meilleure actrice féminine dans un second rôle" et "meilleur acteur masculin dans un second rôle". Clive Owen est indéniablement la révélation de Closer. Cet acteur, sorte de mélange physique de Ray Liotta et Jared Leto, dégage une présence incroyable et possède un potentiel dramatique et comique qui n'a rien à envier aux plus grands. Natalie Portman est irréprochable, somptueuse, émouvante, terriblement mignonne, ultra sexy (avec ses shorty et hauts moulants) et même franchement sexuelle (avec des strings destructeurs qui se posent sur des fesses divines).
Musicalement, on retiendra le très approprié Smack My Bitch Up de Prodigy pour l'ambiance club de strip-tease, la génialissime et indémodable How Soon is Now? des Smiths et la somptueuse chanson The Blower's Daughter de Damien Rice au début et à la fin du film.

Au final, les 3/4 de Closer sont parfaits avec des performances d'acteurs impressionnantes et essentielles. Le dernier quart souffre d'une baisse de régime liée à un début de répétition du propos qui attenue la pertinence des dernières scènes. Le dernier fondu blanc pour évoquer le temps qui passe est peut-être celui de trop...
Mais cela ne retire en rien la finesse et l'impact du reste du film. Closer s'impose d'or et déjà comme un des meilleurs films de 2005.

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11 commentaires

  • desby

    18/01/2005 à 20h52

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    Profondément douloureux. Il n'y a rien de la fulgurance de l'amour...Closer n'est que le reflet de la folie passionnelle qu'il peut engendrer
    Ce film n'arrive pas à transcender tant il épouse au plus près les courbes exacerbées des sentiments torturés
    on n'explore que l'infini douleur... entre quelques bribes de vie drôles et toujours justes...

  • Protos

    17/02/2005 à 01h28

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    J'étais plein d'"a prioris" sur ce film, du fait qu'en général les américains ont une facheuse tendence à "mieliser" (il n'y a pas d'autres mots) les films sentimentaux, d'autant plus que ce film traite de la vie tumultueuse de deux couples, jeunes et passionnés.
    Ce fut une bonne surprise. Enfin un film qui traite de façon réaliste les histoires de couples en mettant l'accent sur l'attirance physique plutôt que la personnalité lors des premiers contacts.
    Les acteurs jouent de façon remarquable; que ce soit Julia Roberts, Natalie Portman, Jude Law ou Clive Owen, on se rend compte de leurs talents.

  • iscarioth

    23/04/2007 à 13h55

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    Natalie Portman est irréprochable, somptueuse, émouvante, terriblement mignonne, ultra sexy (avec ses shorty et hauts moulants) et même franchement sexuelle (avec des strings déstructeur qui se posent sur des fesses divines).




    J'avais encore jamais lu ça dans une critique de film.

  • gyzmo

    23/04/2007 à 14h29

    Répondre



    J'ose à peine imaginer ce que donnerait une critique d'un film X par Vincent.L

    Sinon, je suis au regret d'annoncer à tous les prépubères bavant devant les pseudo atouts physiques de l'actrice sans trop se poser de questions que pour la scène du strip dans la boîte, Portman - comme beaucoup d'autres comédiennes avant elles (Roberts dans Pretty Woman, par exemple) - a eu recours à un body double, une doublure corps quoi. Hé oui, je sais, cruelle est l'illusion faite par la table de montage héhé^^

  • iscarioth

    23/04/2007 à 14h38

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    gyzmo a dit :
    une doublure corps quoi. Hé oui, je sais, cruelle est l'illusion faite par la table de montage héhé^^


    J'ai vu le film hier et c'est carrément flagrant. Les raccords entre les scènes doublées/non doublées sont assez gros pour qui prête attention.

    Sinon moi j'imagine bien la même phrase pour un acteur :

    Clive Owen est beau, viril, somptueux, ultra sexy (trouvez un acteur qui porte mieux le costume), voire sexuel (un petit cul à croquer et un torse magnifique)



    Allez savoir pourquoi ca passe encore moins bien. Société patriarcale diront certaines chiennes de garde la bave aux lèvres.

  • gyzmo

    23/04/2007 à 14h50

    Répondre



    Ah tiens, pour les faux raccords entre acteurs / doubleurs corps, je conseille justement Boby Double de De Palma et sa dernière séquence parodique qui joue avec beaucoup d'humour avec ce procédé que, personnellement, je trouve tout à fait imbécile et superficiel, typiquement hollywoodien. D'ailleurs, et pour rester dans la marge du "sujet", Portman a également fait appel à une doublure corps pour les scènes nues (et de tortures) de Goya´s Ghost, le prochain film de Milos Forman qui sortira cet été. A bon entendeur...

  • iscarioth

    23/04/2007 à 14h57

    Répondre

    Dans le même marge ^^, on rajoutera Captain Orgazmo et les "doublures bite". Film d'ailleurs critiqué par notre bon Vincent : http://cinema.krinein.com/capitaine-orgazmo-904/critique-904.html

  • Vincent.L

    23/04/2007 à 23h22

    Répondre

    Gyzmo said :

    J'ose à peine imaginer ce que donnerait une critique d'un film X par Vincent.L
    Sinon, je suis au regret d'annoncer à tous les prépubères bavant devant les pseudo atouts physiques de l'actrice sans trop se poser de questions que pour la scène du strip dans la boîte, Portman - comme beaucoup d'autres comédiennes avant elles (Roberts dans Pretty Woman, par exemple) - a eu recours à un body double, une doublure corps quoi. Hé oui, je sais, cruelle est l'illusion faite par la table de montage héhé^^

    C'est justement parce que c'est pas du X que c'est intéressant de s'arrêter sur le capital sexy de Portman dans le film.

    Prépubère moi ? A 24 ans... Euh........... Sinon, juste pour la précision, il existe des scènes (pas les gros plans, l'entrée dans d'Owen dans le strip club si je me souviens bien) où l'on voit clairement les formes sympathiques (car fines et élégantes) de N. Portman.

    Gallu a dit Sinon moi j'imagine bien la même phrase pour un acteur :

    Clive Owen est beau, viril, somptueux, ultra sexy (trouvez un acteur qui porte mieux le costume), voire sexuel (un petit cul à croquer et un torse magnifique)

    Moi je verrai pas de problème. D'ailleurs, il faudrait que je te retrouve la critique où je complimente un acteur sur son physique... (je reviendrais l'indiquer si je la retrouve)

    Gallu toujours Dans le même marge ^^, on rajoutera Captain Orgazmo et les "doublures bite". Film d'ailleurs critiqué par notre bon Vincent


    C'est un concours de retrouver les critiques pas terrible de Vincent.L ou quoi ? Dans ce cas, je te conseille aussi Blue Crush, Si Seulement, Daft Punk, La Dernière Maison sur la gauche...

    On peut même créer un topic si tu veux... et tu pourras y noter toutes les nombreuses remarques sexistes qu'il m'arrive de faire.

  • iscarioth

    23/04/2007 à 23h30

    Répondre

    moi j'aime bien ta critique de captain orgazmo.

    Pour le reste je peux pas dire j'ai pas lu (normal, j'ai pas vu)

  • Vincent.L

    23/04/2007 à 23h35

    Répondre

    moi j'aime bien ta critique de captain orgazmo.


    Merci Pourtant c'est une des plus mal écrites que j'ai produit. Après oui, elle est peut-être drôle car je suis fan du film et que ça se sent.

  • Dobbs

    02/05/2007 à 21h21

    Répondre

    rhoooooo

    Comme tu m'as flingué ma séquence fétiche avec ton body double LOL

    En tout cas, de trés belles scènes jouées et esthétiques (avec Damien Rice derrière, c'est toujours payant)...

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