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Cité Interdite (La)

La nouvelle fresque de Zhang Yimou

Après Hero et Le Secret des Poignards Volants, Zhang Yimou continue sa période épique avec la Malédiction de la fleur dorée. Ou plutôt La Cité Interdite en français, un titre plus loin de l'intrigue mais peut-être plus près du sujet.

La reine Phoenix (Gong Li) apprend que son mari le roi Ping (Chow Yun-Fat) a entrepris de l'empoisonner à travers le remède qu'elle prend tous les jours depuis 10 ans. Dans le palais aux mille couleurs se cachent les pires noirceurs : petit à petit, le passé ressurgit et les sentiments s'exacerbent tandis que se prépare la grande fête de Chongyang...


Qu'on se le dise, La Cité Interdite n'est pas un film d'action ; contrairement à Hero qui sublimait son statut de film de sabre au point de ressembler à un ballet, La Cité Interdite ne compte pour ainsi dire aucune scène d'action avant le dernier quart d'heure - qui, pour le coup, paraît d'une violence à la limite du ridicule et presque incongrue par rapport au reste du film.
L'intérêt du film n'est pas non plus à chercher du côté de l'intrigue, qui accumule nonchalamment les secrets familiaux et quelques complots, sans vraiment justifier à elle seule la durée de 1h54.
En fait, le vrai plaisir à retirer de la vision de La Cité Interdite réside dans sa forme. Stimulant tous les sens du spectateur, Zhang Yimou s'attaque essentiellement à la vue : les décors, les costumes, les maquillages et les accessoires sont tous d'une splendeur visuelle à tomber par terre, gorgés de couleurs chatoyantes et filmés avec un soin irréprochable. Pas besoin d'attendre les scènes de combat - malgré une impressionnante attaque des « arachno-ninjas chinois » - pour admirer la chorégraphie impeccable qui régit les mouvements de chaque personnage. L'ouïe n'est pas en reste, titillée par la musique envoûtante, les sons subtilement exacerbés - le bruit du poison versé dans la coupe de la reine, le frottement des étoffes - et le jeu des acteurs, qui fait regretter qu'ils aillent si souvent se brader à Hollywood au lieu de se consacrer aux rôles dignes d'eux qu'on leur offre en Chine. Quant au toucher, à l'odorat et au goût, ils sont fréquemment éveillés à travers l'image et le son, de façon assez comparable à ce que faisait Tom Tykwer dans son adaptation du Parfum l'an dernier.

Li Man
Li Man
Bien sûr, on peut regretter les excès du final, qui semble en partie conçu pour offrir au spectateur sa dose de bataille et de figurants ; on peut s'interroger sur le message du film, qui pourrait être que les hommes s'acharnent orgueilleusement à faire entrer des carrés dans des ronds ; mais pour peu qu'on soit prêt à accepter le spectacle contemplatif qu'il représente, La Cité Interdite représente une expérience hautement recommandable.

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3 commentaires

  • Leelee

    30/03/2007 à 03h03

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    Voilà pour une fois un des rares films chinois que j'ai voulu voir et qui ne m'a pas déçu. Il faut dire que j'ai en horreur tous ces films chinois (du même réalisateur c'est vrai) beau esthétiquement histoire d'épater la galerie occidentale mais vide et tellement loin des traditionnels films du genre.
    Ici, nous avons des grands acteurs comme dans les autres mais nous n'avons pas de choses trop surfaites, surnaturels.
    La reconstitution de la cité interdite est superbe, on s'y croirait vraiment au temps de sa gloire. Nous avons une présentation des rituels et des costumes de l'époque. Le décor était un peu trop rose et trop doré pour moi, ça en faisait limite mal aux yeux mais faut croire que c'était représentatif du luxe et de la grandeur de l'époque.
    Deux grand acteurs en tête d'affiche pour les cinéphiles (ils ne sont pas forcément connu de tous!!) donc et le jeune Jay Chou, chanteur et acteur adulé des demoiselles en Chine et des Eurasiennes qui ont le plaisir de le connaître
    Bon casting, beau décor, belle et epoustouflante bataille finale et vraiment impressionnant et jouissif à voir les "arachno-ninjas-chinois"

    Pour ceux qui sont curieux des traditions chinoises en ces temps là et à qui de l'action pure et simple suffit.

  • Umbriel

    01/08/2007 à 01h15

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    En voyant la bande annonce, je m'attendais à un film épique, un film d'aventure, un film grandiose. Alors oui, la photo est superbe, oui les décors et les scènes "quotidiennes" de l'époque sont bien retranscrits, on s'y croirait vraiment. Mais pour le reste, je me suis ennuyé ferme. J'ai été déçu, je m'attendais à autre chose en fait et donc j'ai été pris à contre pied.


    Est ce un mauvais film ? Les amateurs diront sans doute que non. J'avais pas aimé Tigre et Dragon, je pensais me réconcilier avec le cinéma asiatique, bah ça ne sera pas cette fois là. 

  • el viking

    15/09/2008 à 13h53

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    il est vrai que l'absence de grosses scènes d'action et de combat surprend à la première vision de ce film... D'autant plus que la bande-annonce abondait en ce sens (de mémoire)... Néanmoins, le film n'en demeure pas moins dénué d'intérêt... je vais pas refaire la critique, d'autant plus qu'elle y perdrait beaucoup en pertinence, aussi vais-je me contenter de dire que je trouve ce film très bon...


    Même s'il peut parfois trainer en longueur, la fin est sublissime, et je ne parle pas que des combats. A noter que mon petit côté amateur de navet à la "Steven Seagal" (ce type là mérite des majuscules à son nom et prénom) s'est bien marré lors du complot sournoisement ourdi par le plus jeune des fils... voir le film pour comprendre...

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