7/10

Christine, le film

Mettez un bon vieux tube de rock, installez-vous au volant et c'est parti pour 111 minutes de frayeur !

Stephen King est un auteur multi-adapté au cinéma et quand on fait la liste des réalisateurs qui se sont attelés aux bouquins du maître de l'horreur, elle inspire plutôt le respect : Briand De Palma, Stanley Kubrick, George Romero, David Cronenberg, Bryan Singer, Tobe Hooper ou encore John Carpenter dont il est question ici. En effet, en 1983, le mythique réalisateur de Halloween, de New York 1997 ou de The thing adapte Christine, roman sorti la même année.

Christine, c'est bien évidemment cette Plymouth Fury de 1958, rouge comme l'enfer, qui traîne sa calandre malveillante sur les routes et engendre mort et destruction. À côté d'une distribution de personnages assez fades, la voiture est évidemment le personnage fort de l'histoire et elle traverse le film avec une présence rutilante, merveilleuse et éminemment effrayante. Avec ses plans de face où elle occupe la totalité de l'écran ou encore ses plans en vue subjective qui nous met dans la peau, ou plutôt le cuir, de la voiture, Carpenter magnifie Christine et en fait un objet de désir, comme elle l'est pour Arnie, mais aussi un objet de terreur, comme elle l'est pour Dennis ou Leigh, respectivement meilleur ami et petite amie d'Arnie. À côté de Christine, Arnie, dont le changement au cours du film aurait pu être marquant, a un tel manque de charisme qu'on ne s'identifie jamais à lui, qu'il soit le nerd bouc-émissaire du début ou le sale gamin trop sûr de lui de la fin. Tout ce qui peut lui arriver nous importe assez peu. Dennis qui était, dans l'œuvre originale, le narrateur reste ici cantonné à un quasi-second rôle sans épaisseur. Peut-être que Leigh (Alexandra Paul) est celle des actrices en chair et en os qui s'en sort le plus, d'ailleurs c'est aussi elle qui aura la carrière la plus conséquente avec sa participation à Alerte à Malibu.


Christine, rutilante de malveillance

Si Christine est aussi réussie, c'est en partie grâce à la caméra de Carpenter, grâce à ses chromes et sa peinture captivants mais aussi grâce à toute l'atmosphère qu'elle véhicule et qui est magnifiquement retranscrite par Carpenter. Christine est en effet évadée des mythiques années 50/60 et leur rock'n'roll que l'autoradio de la voiture s'entête à passer comme dans un film de Tarantino. Question musique, le film s'ouvre et se clôt avec le même morceau, Bad to the bone, de George Thorogood, sorti certes en 1982 mais puisant ses racines dans le blues et le rock : mauvaise jusqu'à l'os ne peut évidemment que parfaitement résumer ce qu'est Christine, le mal à l'état pur. Carpenter ne va d'ailleurs pas proposer une quelconque raison à la malveillance de Christine : elle est mauvaise et cela est suffisant. Et ce n'est pas son passage complètement enflammée qui dira le contraire : Christine est le diable incarnée. C'est pour celà, en plus d'être un monstre d'acier évidemment, qu'elle est largement effrayante.

En un sens, le film est largement plus réussi que le roman, œuvre finalement pas essentielle de Stephen King, en particulier parce que Christine est là et occupe toute la place reléguant en arrière plan les fantômes du passé. On regrettera cependant que Carpenter omette quelques instants clés du livre : une scène de mort de nuit sous la neige, un affrontement final largement plus impressionnant sur papier (ce qu'on avait pu retrouver, déjà, dans Carrie) et une scène finale largement plus explicite et effrayante chez King. Il n'en reste pas moins que Christine fait partie des bonnes adaptations des romans de Stephen King.

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A propos de l'auteur

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