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7/10

chien des Baskerville (Le) - 1959

Le Chien s'est encore enfui !

En 1959, soit vingt ans après la mise en circulation d'une adaptation américaine du célèbre roman (dont les principaux rôles étaient alors tenus par Basil Rathbone et Nigel Bruce), les studios Hammer commandent leur propre version du Chien des Baskerville auprès de leur réalisateur fétiche du moment, Terence Fisher. Ce dernier vient alors de réaliser trois de ses plus grands succès pour le compte de son employeur : Frankenstein s'est échappé (1957), La revanche de Frankenstein (1957) et Le cauchemar de Dracula (1958). Trois films qui figurent aujourd'hui parmi les grands classiques du cinéma fantastique... Pour ce nouveau long métrage, le directeur de la photographie Jack Asher et le compositeur James Bernard acceptent à nouveau de collaborer avec le cinéaste. Chose amusante : les décors du Cauchemar de Dracula sont en partie repris pour les besoins de cette nouvelle aventure. Ecrit en 1902 par Sir Arthur Conan Doyle, Le Chien des Baskerville est à ce jour un des romans qui a le plus été porté à l'écran.

Suite à la mort mystérieuse de Sir Charles Baskerville, Sherlock Holmes et son célèbre acolyte, le docteur Watson, sont engagés pour résoudre le mystère de la malédiction qui pèse sur la famille des Baskerville : une malédiction qui se manifesterait sous la forme d'un chien surgissant des enfers et s'attaquant à chacun de ses représentants à la nuit tombée. Le célèbre détective est chargé de protéger le dernier héritier de la famille : Sir Henry Baskerville.

La qualité de la photographie est à coup sûr le premier détail qui saute aux yeux. Les nuances de couleur proposées nous feraient presque oublier qu'il s'agit là de la toute première adaptation colorisée d'une aventure de Sherlock Holmes. Les premières scènes sont de véritables chefs d'oeuvres d'animation. Plus globalement, le travail de Jack Asher, allié à celui du décorateur Bernard Robinson ainsi qu'aux violons de James Bernard, aboutit à la reconstitution d'un merveilleux univers gothique, qui correspond en tout point à celui de l'oeuvre originale. Avec ce film, on est bien loin de toutes ces adaptations maladroites réalisées dix ans plus tôt (Sherlock Holmes et l'Arme secrète, La Femme en vert, La Clé...). Il faut dire que la superbe demeure des Baskerville, édifiée au beau milieu de la lande anglaise, est un endroit particulièrement propice à l'instauration d'un tel univers. L'austérité victorienne, dont le personnage de Sherlock Holmes est un symbole, est ici parfaitement reproduite. Entre les ruines, la brume et les marécages environnants, il plane sur le domaine une atmosphère très incertaine, dont le poids est à la fois retranscrit par le son et l'image. Le réalisateur ne dissimule pas bien longtemps son goût pour l'étrange et l'inexplicable. A la tombée de la nuit, les forces du Mal se déchaînent sous toutes leurs formes (y compris celle de la jolie jeune femme incapable du moindre forfait). Sherlock Holmes devient alors l'homme de Bien que l'on connaît, "combattant le mal partout où il se trouve" et qui "n'aura de repos que lorsqu'il aura détruit ce qui tue" les Baskerville.

Peter Cushing est à la fois grand et mince. Son visage est étroit et ses lèvres sont fines. Il a le regard vif et la voix haut perchée. Il fume la pipe et porte un long manteau de couleur grise. Il est de nature assez froide mais ses déductions sont brillantes... Bref, il est excellent sous les traits du célèbre détective londonien. Il retrouvera d'ailleurs ce rôle dans le cadre d'une série anglaise courant 1968. L'histoire veut que Christopher Lee, l'interprète de Sir Henry Baskerville, ait également incarné le personnage de Sherlock Holmes au début des années 90. Quant à Andre Morell, il parvient sans difficulté à nous faire oublier les prestations alarmantes de Nigel Bruce, en interprétant un Docteur Watson de tout premier choix, autrement plus affûté que son prédécesseur. Les scénaristes se sont permis quelques écarts plus ou moins justifiés vis à vis de l'oeuvre originale, en insérant de nouvelles scènes ou en en supprimant d'autres (l'intervention de l'inspecteur Lestrade lors du dénouement, par exemple). J'aurais tendance à dire que cette adaptation aurait certainement été meilleure si ces scènes inédites avaient été un poil plus détaillées et si le scénariste Peter Bryan avait été un peu plus au bout de ses idées. Certaines scènes originales, dites "canoniennes", auraient également pu être plus longuement filmées, de manière à accentuer la sensation de mystère autour du clan des Baskerville (le réalisateur se contente un peu trop facilement de hurlements ou de gémissements lointains). Cela aurait permis de donner davantage de contenu à un film un peu court dans son ensemble. Mais s'il y a là suffisamment de matière pour satisfaire un fan de la première heure, il y a certainement là de quoi satisfaire n'importe qui d'autre.

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9 commentaires

  • thomasdesmond

    29/11/2005 à 09h22

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    Perso j'ai trouvé que Peter Cushing était tout petit !! Niveau faciès, c'est bien Holmes, mais niveau taille, il est vraiment nain...
    Sinon, c'est la meilleure adaptation d'une aventure de Holmes que j'ai vue, cent fois meilleure que les saloperies avec Basil Rathbone (pourtant le holmes le plus crédible physiquement) et Nigel Bruce...

  • Lestat

    29/11/2005 à 13h56

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    Pour moi, le Chien des Baskerville est un des meilleurs films de la Hammer. Cushing fait un excellent Holmes, Christopher Lee est égal à lui même, et surtout, c'est un film à l'écriture soignée, ce qui venant de la Hammer n'est pas toujours acquis. Du reste, on retrouve l'ambiance et les clichés chers à la firme avec un certain bonheur. Un excellent film.

  • riffhifi

    30/03/2007 à 14h32

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    Un des plus grands films de Hammer, et une superbe adaptation du roman ! En comparaison, la version réalisée pour la télé dans les années 80 avec Jeremy Brett (pourtant universellement reconnu comme le meilleur interprète de Sherlock Holmes) manquait singulièrement de saveur.

    Terence Fisher a notamment eu le bon goût de mettre en scène l'ancêtre des Baskerville dans la première moitié du film, de la même façon qu'il racontait les origines du héros dans La nuit du Loup-Garou.

    En réponse (ultra-tardive, mais je n'étais pas né en 2005) à thomasdesmond : Peter Cushing n'est pas vraiment petit, mais il souffre de la comparaison à l'écran avec Christopher Lee, qui est un géant. J'avoue que dans leurs plans communs, Cushing aurait dû monter sur un bottin...

  • Anonyme

    24/04/2008 à 22h25

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    Je commence à lire ce livre car nous l'étudions en classe de 4e. J'aime beaucoup la lecture, et j'aime les oeuvres de Conan Doyle, n'hésitez pas à le lire.

  • riffhifi

    24/04/2008 à 22h41

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    N'hésitez pas à voir le film non plus ^^

  • Danorah

    24/04/2008 à 23h00

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    Gnagnagna. Bah moi j'ai pas vu le film, j'ai lu le livre mais je me rappelle plus trop si j'avais aimé.


    C'était le commentaire utile du soir. 

  • Anonyme

    14/12/2008 à 15h53

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    Je suis en 5éme et on étudie le livre en classe, il est vraiment bien !

  • Anonyme

    08/09/2010 à 14h25

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    coool

  • Anonyme

    23/11/2010 à 18h46

    Répondre

    pas bien compris

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