7.5/10

Châtiments (Les)

Y a-t-il un exorciste dans la salle ?

Vous aussi, vous avez vu les affiches de ce film dans le métro ou sur les bords d'un bus, et peut-être que comme moi, vous avez cru à une variante du nanar d'aventures horrifique, façon Van Helsing ou Underworld. Vous avez cru que vous verriez Hilary Swank balancer des tartes à quelque créature démoniaque pendant que son sidekick afro-américain obligatoire débiterait des vannes. Si c'est le cas, vous vous êtes gourés autant que moi, car les Châtiments ressemble bien plutôt aux films de possession démoniaque des années 70, dont le chef de file est l'Exorciste.

Katherine Winter (Swank) a perdu la foi au Soudan, en même temps que son mari et sa petite fille sauvagement assassinés au nom d'un cérémonial religieux. Désormais, elle parcourt le monde dans le but de trouver une explication scientifiques aux miracles et autres phénomènes soi-disant divins. C'est pourquoi ce petit village américain de bouseux ultra-pratiquants lui demande d'expliquer la raison pour laquelle leur marais s'est changé en rivière de sang... Y aurait-il un rapport avec cette fille de 13 ans que l'on dit possédée par le diable ?

Il y a des réalisateurs dont le nom n'évoque rien, car leur carrière est trop hétéroclite et irrégulière pour qu'on puisse songer sérieusement à l'analyser. C'est le cas de Stephen Hopkins, qui fait ses premiers pas avec Freddy 5 en 1989, puis réalise entre autres Predator 2 (bof), Blown Away (un très bon « film d'explosions »), Lost in Space (un classique du nanar) et « Moi, Peter Sellers » (une biographie vraiment intéressante de l'acteur). Il participe également à la création de la série 24 heures chrono, dont il réalise la majeure partie de la première saison.
Aujourd'hui, il livre un film d'épouvante totalement à rebours des codes actuels (réalisme DV ou distanciation parodique à la Scream) : les Châtiments évoque directement les classiques d'il y a trente ans : l'Exorciste donc, mais aussi La Malédiction (l'original, pas le honteux remake de l'an dernier) ou encore, dans une moindre mesure, Rosemary's Baby. De ces films, on ne retrouve pas seulement l'intrigue, mais également le ton angoissé, le goût de fin du monde, et jusqu'à la teinte jaunie de l'image, esthétisante mais maladive. Il n'est pas question ici de tourner en dérision le sujet, même si on navigue délibérément en pleine série B : le spectateur a droit à ses artifices obligatoires de film d'horreur (le gros coup de musique qui fout la flippe) et le côté fantastique du film l'emporte heureusement sur un quelconque discours religieux. Dès le début, nul doute n'est laissé sur le caractère surnaturel des évènements, que le personnage d'Hilary Swank s'efforcera en vain de réfuter à coups d'arguments scientifiques. Ses efforts seront progressivement balayés par la montée en intensité des évènements : les dix plaies d'Egypte, traitées de façon un peu irrégulière mais parfois vraiment épique - mention spéciale à l'attaque des sauterelles, véritablement fabuleuse.

Bon, soyons honnête, le rythme connaît quelques baisses de régimes, et le mystère qui anime l'intrigue débouche sur quelques révélations qui risquent de faire ricaner - un problème inhérent à tous ces films qui traitent du divin sur le mode de la fiction à suspense. Mais pour peu qu'on apprécie ce type de cinéma, les Châtiments est un hommage salutaire aux classiques, traversé de vrais moments de souffle épique.

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5 commentaires

  • Lestat

    01/05/2007 à 16h32

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    Plus ça va et plus les productions Dark Castle vont en s'améliorant. Et Riffhifi a raison, c'est vraiment pas mal du tout,[i] les Châtiments. Bien fait, sincère et une fin géniale.


    " ça bouillonait comme des pets dans une baignoire"[/i]

  • Jade

    02/05/2007 à 14h32

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    Un film sympa meme si tres previsible (le coup de la plus grosse famille du patelin qui dirige les messes noires, la petite fille qui ne peut pas etre la grande mechante dans un film americain. Hilary Swank joue tres bien, la gamine aussi, le sidekick est très drole, avec son passé dans les gettos et son tatouage dans le dos.
    Je souligne un usage génial de la musique country dans ce film, notamment lors de la scene de la coupure de courant et du reve.
    Petit détail marrant, la disproportion qu'il y a entre les fléaux. Je pense aux rivieres irriguées de sang ('oui, l'equivalent d'environ 200 et 300 000 corps'... vivent les approximations ) par rapport à d'autres comme la scene des vers de terre et les mouches...dans le barbecue (!?) . Ca casse un peu l'ambiance apocalyptique tout de meme.

  • Anonyme

    31/10/2007 à 19h05

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    j'aimerait bien gagner - ce film a l'air très interressant


    bonne chance a tout le monde

  • Anonyme

    22/11/2007 à 13h36

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    "predator 2 = bof ???"


    tss tss tss nan mais t'es serieux la ?!





    Sinon j'ai bien envie de voir ce film, ca fait longtemps qu'il n'y a rien eu de bien dans le style ....

  • Anonyme

    30/11/2007 à 10h19

    Répondre

    L'histoire malheureusement comporte de très grandes invraisemblances. Premièrement, les dix plaies qui s'abattent sur ce pauvre village perdu de la Louisiane n'ont aucun sens. Cette fillette est-elle maléfique ou non? En fin de compte, d'un côté ou de l'autre de la barrière du bien et du mal, il n'y a pas de logique. Admettons qu'elle soit maléfique, son rôle serait que la prophétie d'un enfant parfait de Satan puisse voir le jour, mais soi-disant enfant parfait devrait un premier né. Donc cette théorie tombe à l'eau du fait que le personne joué par Hilary Swank a déjà eu un enfant et ne pourrai donc pas être de ce premier né. Quant à admettre qu'elle est du côté du bien, on peut dire qu'elle fait vraiment tout pour que toutes les personnes de son village la tue... pas une manière très discrète de se protéger... faire une fugue serait moins risqué. En conclusion, l'histoire n'a pas assez été peaufinée. Bons moments de terreur grâce à une musique de circonstance sont tout de même au programme de ce film de série B.

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