9/10

Chaser (The)

Le cinéma sud-coréen est désormais la tête de proue du cinéma asiatique et nous propose une nouvelle réussite, sur le thème du serial killer.

Joong-Ho Eom est un ancien flic, devenu maquereau après son éviction de la police. Un soir qu'il roule dans un quartier de Séoul, il découvre la voiture abandonnée d'une de ses « filles », disparue il y a plusieurs jours et qu'il croyait partie, comme cela arrive souvent. Ce n'est que lorsqu'une énième fille disparaît qu'il se rend compte qu'elles ont toutes été contactées par le même numéro de téléphone. Ainsi commence son enquête, à la recherche du tueur et de sa dernière victime. En vérité, et c'est là l'originalité de The chaser, le serial killer, Youg-Min Jee apparaît assez tôt dans le film et est découvert très rapidement par Joong-Ho qui n'a que faire des méthodes habituelles de la police. Mais malgré sa capture, le meurtrier reste mystérieux et rien ne semble l'accuser si ce n'est Joon-Ho.

Séoul à tomber parterre

Allo ? A l'huile... Ahahah
Allo ? A l'huile... Ahahah
L'action de The chaser se déroule en grande partie dans un quartier de Séoul. Comme souvent dans ce genre de film, la ville a une importance considérable, peut-être pas au point de devenir ce "célèbre personnage à part entière." Bâti sur une colline, le quartier cache l'horreur au sein d'un réseau de petites rues en pente, qui ne permettent que des courses poursuites... à pied. Même si l'idée peut sembler risible, sur l'écran, elles sont tout aussi prenantes et haletantes que n'importe quelle chasse à l'homme en voiture. Ces petites rues prennent un tout autre aspect quand la pluie se met à tomber : la référence à Se7en devient ainsi évidente et le film sombre dans l'obscurité.

Huitième thriller

Course pour suite
Course pour suite
The chaser
utilise les éléments habituels des films de tueur en série pour proposer quelque chose de légèrement différent. En général, le tueur se cache et ne sera découvert qu'à la fin du film, il laisse des indices, volontaires ou non, sur les victimes, des indices qui forcément permettront d'atteindre le meurtrier. Ici rien de tout ça. Le tueur est arrêté dans la première demi-heure du film, et le suspense va tenir sur la seule recherche de la dernière victime, Mi-Jin Kim, dont on ne sait si elle est vivante ou morte. Les scènes montrant la séquestration, presque de torture, de Mi-Jin sont d'ailleurs d'une violence plutôt rare.

Police acamedy version drôle

Ca rigole pas quand même...
Ca rigole pas quand même...
A l'opposé de ce sombre tableau, The chaser est aussi bizarrement une comédie réussie qui tape allègrement sur la police coréenne et son incompétence notoire. Du plus petit bleu au grand chef, tous sont maladroits et incapables, sauf peut-être Joon-Ho dont les méthodes sont loin d'être académiques. Ainsi la scène dans le commissariat n'est pas sans rappeler les combats généraux qu'on croise souvent dans les films asiatiques, où chacun frappe son voisin sans plus savoir  quand, pourquoi, où et comment. Au final, on se dit que même si l'assassin avouait ses crimes, une telle police serait capable de le laisser libre d'aller où il veut sans problèmes ! Cet aspect léger permet de faire passer l'horreur des meurtres plus facilement, et permet à The chaser de se démarquer de ses glorieux prédécesseurs.

Depuis quelques années, le cinéma sud-coréen a le vent en poupe. Des films aussi réussis et aussi différents que Old boy et Printemps, été, automne, hiver... et printemps sont ainsi venus à la rencontre du public français. Avec The chaser, Na Hong-Jin réussit un amalgame qu'on rencontre assez rarement, en proposant un film de policier qui s'approche du côté sombre et moite d'un Se7en, voire très poussé à la manière d'un Saw, et, dans le même temps, s'évade du côté de la comédie policière type Flic de Beverly Hills (heureusement sans Eddie Murphy). Porté par des acteurs magnifiques (ah la petite fille et son regard pénétrant !), The chaser est l'un des très bons films de ce début d'année (même s'il a été présenté à Cannes l'année dernière) ainsi qu'un film de serial killer particulièrement original.

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Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

1 commentaires

  • Veterini

    04/04/2009 à 10h36

    Répondre

    Un thriller efficace du moins durant une demi-heure. L’ambiance est crasseuse, la photo superbe comme beaucoup de film sud-coréen, les ruelles crasseuses de Séoul qui valent bien effectivement celle de Se7en. Le problème c’est que contrairement à Se7en l’histoire manque de la moindre parcelle d’originalité. Si, le fait que le tueur soit arrêté un peu plus rapidement que d'habitude, ce qui laisse un peu plus de place à une quête de rédemption avec mioche barbante.

    Bref du vu et revu chiantisime



    42/100

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