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chambre des morts (La)

La Chambre des morts ou la parfaite illustration du soufflé raté. On a les bons ingrédients, on réussit à avoir une préparation homogène et  on foire la cuisson lamentablement.

La Chambre des morts, réalisé par Alfred Lot, est l'adaptation du roman homonyme de Franck Thilliez. L'action se déroule à Dunkerque. Un soir, deux hommes très éméchés renversent un homme transportant une mallette. L'un veut appeler la police, l'autre pas, d'autant plus qu'ils découvrent que la mallette contient deux millions d'euros pour eux. Ils décident de cacher le corps et de garder l'argent.

Le lendemain matin, une petite fille aveugle est retrouvée morte dans un entrepôt à
"Faudrait quand même que je paie la facture EDF"
deux pas du lieux de l'accident. La police ne met pas longtemps avant de faire le lien entre les deux affaires et comprendre que la somme d'argent disparue était la rançon. Malgré l'avis d'un de ses supérieurs, Lucie (Mélanie Laurent), jeune brigadier, se retrouve dans l'équipe chargée de l'enquête. D'autant plus que le soir même, une jeune diabétique est enlevée, ses heures sont comptées...

La chambre des morts est un polar français très glauque, très dérangeant. Les personnages croisés sont assez surprenant, mais justement trop. On a du mal à y croire. Le film est captivant pendant une heure, la montée de la tension, les différents incidents, le déroulement de l'enquête, les fausses pistes, mais passé ce cap, ça part un peu n'importe comment, sans queue ni tête. Le film rappelle par moment le silence des agneaux, par son esthétisme et quelques scènes similaires.

Le récit se découpe en deux histoires, d'un côté celle des deux chauffards, et de l'autre celle de Lucie. Le découpage est bien trouvé au début, mais en deuxième
"Mais si ma chambre est rangée, enfin un peu"
partie, il a tendance à hacher le rythme du film, déjà relativement lent. La première histoire est classique presque banale, l'un des deux compères entraîne l'autre, l'argent créant un lien dérangeant entre les deux. L'histoire de Lucie, qui jongle entre son rôle de mère célibataire de deux jumelles et celui de policier, est intéressante, sans être pour autant des plus passionnantes. Son personnage est attachant, le charme de Mélanie Laurent y est pour beaucoup, et son personnage évolue au fur et à mesure du film. Lorsqu'elle arrive sur la scène du crime, elle semble fragile, ébranlée parce qu'elle a vu, mais on s'aperçoit peu à peu qu'elle est beaucoup plus complexe que ça, un peu dérangeante et qu'elle a un passé particulier.

Le film est assez long et il faut bien avouer que certaines scènes "meublent" plus
"Dis donc, tu as passé l'âge de jouer à la poupée"
qu'autre chose (notamment une scène sous la douche que les hommes apprécieront). Un faux rythme, et surtout pas de réelles explications à la fin, le réalisateur nous donne toutes les clés pour comprendre, ou pas. C'est donc au spectateur de recoller tout seul les morceaux et la deuxième partie, très fouillie, du film n'aide pas. Par contre que la photographie des scènes finales est superbe, le jeu des couleurs, les décors, l'atmosphère, mais ça ne sauve pas le film.

En sortant, on a un goût mitigé dans la bouche, encore sous le charme de Mélanie Laurent et d'Eric Caravaca (qui joue le lieutenant qui la prend sous son aile), déçu par la fin un peu abrupte du film et surtout par la deuxième moitié du film n'est pas à la hauteur des promesses de la première. Dommage.

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