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Capitaine Sky et le monde de demain

Attention, concept : filmer l'intégralité des performances des acteurs sur fond vert/bleu, et incruster tout ce qui est décors et accessoires en post-production. L'intérêt, aussi peu évident soit-il, se justifie par un désir très net d'offrir à un produit somme toute très banal dans les grandes lignes une identité graphique et un style très à part. L'idée de départ, on la doit au réalisateur, novice dans la profession, et auteur d'un court-métrage de 6 minutes apocalyptiquement technique mariant l'ambiance rétro des films des années 30 avec de curieux concepts futuristes. Un must see, pour Jude Law, qui décide alors de co-produire et d'en assumer le rôle principal de la version cinéma.

New York, pendant les années 30. La ville est agressée par des centaines de robots gigantesques et de machines volantes incroyables, le gouvernement n'a d'autres choix que de faire appel au capitaine Sky (Jude Law) et à sa flotte de chasseurs. Pendant ce temps, la jeune journaliste Polly Perkins (Gwyneth Paltrow) enquête. Des scientifiques disparaissent, et des machines sèment la pagaille ? Tout est probablement lié, et elle compte bien découvrir comment...

Comme je l'ai signifié en intro, le concept tourne autour de l'idée de la cohabitation de deux univers fréquemment dissociés, d'un côté l'amérique chapeau feutré des années 30, et de l'autre le récit d'anticipation abordant sans complexe technologies incroyables et fin du monde. Le résultat, traduit à l'écran par un tournage entièrement axé sur l'incrustation (fond vert/bleu), a de quoi étonner, voire décontenancer. C'est surexposé, c'est constrasté, c'est parfois sublimé. Aucun doute, le film dispose de sa propre identité graphique qui ne laissera pas grand monde indifférent. Surtout que Capitaine Sky tient plus du récit futuriste bateau que de l'intrigue policière ou du thriller façon début du siècle. Se côtoient alors vieux taxis sans angles droits et porte-avions hélicoptés, coucous américains et robots à tentacules. Etrange, mais pas au point de se sentir trahi. Le plus gros problème, c'est que la performance visuelle prend nettement le pas sur tout le reste du film avec un cannibalisme des plus violents. Le scènario fait alors la part belle aux poncifs du genre, du savant fou haineux aux héros américain sans peur ni reproche, de l'humour 1er degré à l'héroïsme 1er degré aussi. Constat semblable pour les acteurs, apparemment restreints et contenus dans des stéréotypes de personnage.

Une espèce d'hommage au film d'anticipation des années 30 ou 40, surtout motivé par un franc désir de produire une oeuvre visuellement à part. Pari réussi, même si on peut facilement lui reprocher les maigres considérations infligées au scénario et aux personnages, tous relégués au second plan.

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