7.5/10

Bronzés font du ski (Les)

Sports d'hier

Les Bronzés, c'est un peu comme la Tour Eiffel : ça fait partie du patrimoine national, et ce n'est pas près de changer. La preuve : chaque année, inlassablement, TF1 recolle dans ses grilles Les Bronzés font du Ski avec la conviction indémontable de faire un carton. Et chaque année, inlassablement, des millions de gaulois se bidonnent en suivant les frasques de ce groupe d'amis franchouillards, juste caricature d'une bande de potes français réunis autour des pistes enneigées. En vingt-sept ans d'exploitation, le film n'a perdu ni de son humour, ni de son succès, et c'est probablement la raison pour laquelle la bande du Splendid' a souhaité remettre ça cette année avec un troisième opus très attendu...

« Attendez, j'suis pas fou, sur mon billet y'a écrit Saint-Lazare, c'est mes yeux ou quoi !? »
« Je crois que ça doit être vos yeux. »

A la base, donc, il y avait le Splendid' : une troupe de théâtre composée de fringants et jeunes comédiens dénommés Thierry Lhermitte, Michel Blanc, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, et Bruno Moynot (après le départ en 75 de Valérie Mairesse). Ensemble, ils écrivent dans un premier temps Pot de Terre contre Pot de Vin (1975), une comédie sans grande envergure qui ne leur retournera que peu de bons qualificatifs, mais qui leur permettra d'enchaîner sur un de leurs plus grands succès sur scène : Amours, Coquillages, et Crustacés (1997), inspirés de leurs propres observations récoltées sur les plages du Club Med. Un beau succès, qui leur ouvrira les portes du cinéma grâce au producteur Yves Rousset-Rouard. Patrice Leconte réalise, deux millions de spectateurs se pressent dans les salles obscures, et confèrent une certaine notoriété à la petite troupe qui ne connaîtra plus jamais l'inconsidération. De quoi imaginer une suite, écrite par Jugnot, Clavier, et Lhermitte, qui verra le jour en 1979. Les Bronzés prennent alors le chemin des pistes de ski, accentuant du même coup les caractères de cochon et le petit grain de folie de ces personnages atypiques. Nouveau carton. Par la suite, le Splendid' remontera deux fois sur les planches, pour Le Père Noël est une Ordure (1980) et Papy Fait de la Résistance (1981), tous deux également transposés au cinéma avec le succès qu'on leur connaît.

« Vous avez d'là pâte ? Vous avez du sucre ? Avec la pâte vous faites une crêpe et vous mettez du sucre dessus ! »

Les Bronzés font du Ski, c'est donc les retrouvailles de Jean-Claude Dusse (Michel Blanc), Gigi (Marie-Anne Chazel), Jérome (Christian Clavier), Popeye (Thierry Lhermitte), Bernard (Gérard Jugnot), Nathalie (Josianne Balasko), Christiane (Dominique Lavanant), réunis pour les vacances d'hiver dans une station de ski. La ligne scénaristique, pratiquement inexistante, ne va pas beaucoup plus loin, et le film fait davantage penser à une suite de situations et blagues cocasses destinées avant tout à divertir sans rechercher l'intrigue ou le sensationnel. Chacun rapplique donc avec ses problèmes et ses sautés d'humeur sous le bras, espérant passer un bon séjour, conclure avec des filles si possible, bref, être heureux en compagnie de ses amis.
Et tout ne se passera évidemment pas comme prévu, et donnera lieu à un florilège de scènes devenues anthologiques émaillées de répliques désormais cultes. Même les profanes auront certainement déjà entendu parler du « planté de bâton », de la drague à la Jean-Claude toujours « sur le point de conclure », des fameuses recettes montagnardes à base de vers et de crapauds, et des galères de logement de Popeye. Les bronzés, c'est ça : une succession de sketches plongeant profond dans la quotidien pour n'en garder que le cliché mis au carré de l'humour, interprétés par des acteurs talentueux élevés au panthéon des comédiens français. Tout n'est certes pas à se tordre, mais la balance penche tellement souvent du bon côté qu'il y a peu de chances de ne pas accrocher aux frasques de la troupe, quel que soit le personnage. Tous sont à leur place, du Jugnot ronchon au Clavier hystérique, en passant par le pauvre Michel martyrisé et la Marie-Anne hystérique.

« Tu m'aides là ? »
« Non, pas là, non. »

Et il est impressionnant de constater que l'humour n'a vraiment pas pris une ride et peut encore toucher un public de « pas encore conquis ». La réalisation, certes, n'était déjà pas du grand art à l'époque, et le montage se montre parfois un peu roupillant. Le film a donc ses longueurs, mais ne dure pas assez longtemps pour être altéré par ce petit défaut. Et puis, le succès populaire le précède tellement souvent qu'il est parfois difficile, si on découvre, de comprendre la logique du culte et d'adhérer du premier coup. Qu'à cela ne tienne, je ne suis pourtant pas bon public quand il s'agit de films français, mais je ne peux que m'incliner devant une oeuvre aussi drôle et sympathique. Reste à savoir maintenant si le nouvel opus, baptisé Les Bronzés - Amis pour la Vie, sera digne de son prédécesseur...

A propos de l'auteur

3 commentaires

  • nazonfly

    31/01/2006 à 15h03

    Répondre

    Ahhhh les Bronzés font du Ski... Monument du cinéma français, c'est dire s'il est bien bas. Je lis dans la critique que l'humour n'a pas pris une ride. Au contraire je dirais plutôt qu'il aurait besoin d'un bon ravalement de façade. Les situations qui se veulent comiques s'enchaînent, mais de très rares fois elles dépassent le seuil de l'apitoiement généreux. Je mettrais d'ailleurs 4, un point par sourire passé sur mon visage lors de la découverte de ce film à l'âge de 25 ans.
    Oui car c'est là que le bât blesse. Le film est précédé par un nombre incalculable de fans qui passent leur journée à se marrer en se rappelant sempiternellement les mêmes répliques cultes, des fans qui ont découvert le film dans leur enfance bien sûr. Mais pour qui le découvre à un âge plus avancé (comme moi), le film ne jouera pas sur le souvenir rigolo et chaque gag tombera à plat, plus à plat que le précédent.
    Bref en quelques mots quand j'ai décidé de regarder ce film culte, je me suis mortellement ennuyé.

  • Anonyme

    27/01/2008 à 23h12

    Répondre

    Le film est génial, on ne s'en lasse pas. Mais j'avais une question : à la fin du film lorsqu'une partie des Bronzés est hébergée, que mangent ils réellement sur leur tartine?

  • valmont

    28/01/2008 à 19h20

    Répondre

    Je préfère pas le savoir...

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques