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Bridget Jones 2 : L'âge de raison

Bridget Jones a enfin trouvé l'amour en la personne de Marc Darcy. Depuis huit semaines, elle vit une passion sans faille avec son séduisant avocat. Toujours aussi hermétique émotionnellement, celui-ci semble néanmoins toujours aussi épris d'elle, ce qui ne suffit à modérer les angoisses chroniques de sa moitié. D'abord, il y a Rebecca, cette jeune assistante au corps idéalement proportionné, qui gravite continûment autour de Marc. Et puis il y a aussi ce bougre de Daniel Cleaver, l'ancien patron de Bridget, dont le charme est en passe d'opérer à nouveau. A cela s'ajoutent les discours orientés de son groupe d'amis, un ensemble fini de célibataires névropathes, ainsi que les préoccupations professionnelles respectives des deux tourtereaux. Leurs entourages n'ont rien en commun. Les sentiments qui les unissent semblent donc devoir être mis à rude épreuve.

Réalisé par Beeban Kidron, à qui l'on devrait semble-t-il de nombreux téléfilms, ce deuxième volet des aventures de la célèbre égérie d'Helen Fielding s'inspire considérablement de son prédécesseur, qui fut pour sa part mis en image par Sharon Maguire. Jacinda Barrett et Lucy Joyce, interprètes respectives de Rebecca et Constance, sont les deux seules actrices à avoir été recrutées à l'intersaison. Pour les besoins de ce nouvel épisode, Marc et Daniel, entendez Colin Firth et Hugh Grant, ont échangé leur temps de parole, si bien que ce dernier n'est en mesure de rééditer l'une de ses admirables prestations. Pour le coup, la caméra s'attarde encore davantage sur la prestance d'une Renée Zellweger, dont la masse superflue occupe à présent tout l'écran. La qualité de son interprétation n'en demeure pas moins excellente. Quant aux seconds rôles, ils se contentent de leurs quelques interventions furtives et de leur véritable statut d'accessoire.

Ont également été importées puis vaguement contrefaites quelques séquences phares du premier opus, si bien que les quiproquos se succèdent sans qu'ils ne nous surprennent réellement. Au mieux, ils ne nous soutirent qu'un vague étirement de lèvre ici où là. Faute de contrastes, il s'avère pénible de maintenir son attention sur la durée, en particulier à l'occasion de cette prétendue descente aux enfers aux alentours de la Thaïlande. Son schéma narratif se révélant absolument identique à celui de son prédécesseur, on ne peut pas dire que le film se démarque de ce dernier et apporte une quelconque valeur ajoutée, que ce soit à l'art du cinéma en général ou à l'art de la comédie en particulier. L'enthousiasme que suscitent les tous derniers instants du film s'oppose en droite ligne à l'indifférence, ayant caractérisé sa longue entame.

Il est bien connu que les suites se soldent fréquemment par de cuisants échecs commerciaux. Les producteurs se fondent sur leur succès antérieur pour se persuader que leur marché est quantifiable, qu'il existe par avance et qu'ils peuvent donc dès à présent se fier à sa fidélité. Leur vision est altérée par leur bonne fortune et le champ de vision des véritables concepteurs, à savoir les réalisateurs, se voit donc extrêmement réduit. La tentation est grande de rééditer leur tour de force et de produire un nouvel objet vaguement similaire au précédent, qui soit susceptible de plaire au plus grand nombre. Les risques de l'innovation ont eu raison de notre apprentie journaliste, noyée en pleine déraison.

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6 commentaires

  • Migou

    10/12/2004 à 11h31

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    Je ne peux que saluer le courage et l'abnégation de ceux qui n'hésistent pas à se sacrifier en visionnant de tels films pour pouvoir nous en faire un compte rendu.

  • Filipe

    10/12/2004 à 20h21

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    C'est gentil de ta part, Migou!!

  • Prinncess

    02/01/2005 à 12h12

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    L'âge de raison est encore meilleur que le 1. Toujours plus délirante, encore plus "blonde", Renée Zellweger alias Bridget Jones est vraiment excellente et on n'aurait pas pu trouver mieux pour un tel rôle !!!
    Pour celles ou ceux qui ont envie de se changer les idées, de décompresser ou de délirer un bon coup alors n'hésitez pas à aller voir ce film. à en pleurer !
    Certes, certaines scènes sont "grosses" (celles de la descente du ski) mais c'est une comédie et ça ne se regarde pas en espérant y trouver une quelconque leçon !

    C'est juste un excellent moment de bonheur ! Et c'est surtout "So British" !

  • Audraie

    02/01/2005 à 13h43

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    J'ai beaucoup aimé ce second volet. Bridget est encore plus ronde, encore plus rose, fait encore plus de gaffes ! Hilarant !

  • Grrr

    10/01/2005 à 00h08

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    Bridget Jones 2 représente, pour moi le passage de la comédie au pur film comique. L'allègement du scénario est inversement proportionnel à la survenance de gags!
    L'histoire est mince, très mince, un prétexte en somme, mais le rire est là, Bridget est encore plus dodue (du visage surtout ), encore plus kitsch (ça fait mal aux yeux) encore plus gaffeuse...alors bien sur , c'est prévisible , c'est parfois lourd (ou noir je ne sais pas faire chanter like a vrigin a des prostituées thaïlandaises^^)) , parfois très cliché Ou comment Bridget est supposée comprendre que ses problèmes de couples sont dérisoires dans la mesure où elle n'est ni battue , ni droguée , ni prostituée par son amoureux^^, mais je reconnais avoir passer un bon moment et que mes zygomatiques n'ont pas chômé!
    la personne qui m'accompagnait n'avait pas vu le premier....elle compte y remédier rapidement

  • Anonyme

    18/09/2009 à 16h29

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     Ce film est une vraie daube, à tout point de vue, et ne respecte pas du tout le livre qui lui restait hilarant. Les personnages des parents, divinement joués par d'excellents acteurs disparaissent. On a le sentiment qu'il ne s'est agi que de faire de l'argent, et très facilement. Quant au personnage de Bridget, il devient tellement laid et sot qu'on se demande vraiment pourquoi cet avocat brillant lui jette ne serait-ce qu'un coup d'oeil. Quel ratage, et dire qu'ils parlent d'en faire un troisième...

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