3.5/10

Braquages

Au cinéma, les braquages réussis ne se comptent plus tellement le nombre de films qui a été tourné sur le sujet est impressionnant mais comme chacun apporte son innovation, ceci reste encore un genre apprécié et on peut distinguer : le braquage réglé jusque dans ces moindres détails (Ocean's Eleven, Braquage à l'italienne), les casses qui mettent en scène un héros solitaire et charmeur (L'affaire Thomas Crown, Hudson Hawk), le hold up violent (Dobermann) et tant d'autres encore... et tous les ans, le nouveau film qui apporte son petit plus. Braquages a trouvé son style mais son crédo est beaucoup plus simple et moins passionant en parlant des arnaques des vieux de la vieille grâce à leurs dons pour embobiner tout le monde... mais c'est loin d'être gagné.

Joe Moore (Gene Hackman), 60 ans, est un as en ce qui concerne les cambriolages de grande envergure. Son dernier coup, préparé et réussi, est celui d'une bijouterie très bien garnie en pièces uniques de grande valeur. Malheureusement pour lui, une caméra de surveillance l'a filmé à visage découvert alors qu'il était en train de la dévaliser. Le braquage se passe à merveille mais Joe qui a bien vainement essayé de récupérer la cassette de surveillance avant l'arrivée de la police est abasourdi de ne pas pouvoir la récupérer et c'est donc un gros problème pour lui si proche de la retraite puisque c'était son dernier coup... mais ce n'est pas pour si peu que Joe va s'en faire car il compte bien se faire payer par son employeur Bergman (Danny de Vito) et quitter la ville en compagnie de sa femme, Fran (Rebecca Pidgeon).
Le deuxième coup de malchance pour Joe, c'est que Bergman n'a pas le même point de vue et qu'il n'a absolument pas envie que son braqueur favori ne le quitte sans avoir réussi un dernier cambriolage, celui du Crédit Suisse. Forcé d'accepter mais avec une idée derrière la tête, Joe appelle ses deux compères Blane (Delroy Lindo) et Pincus (Ricky Jay) pour réaliser l'opération mais Bergman ne leur faisant plus confiance, il leur adjoint Jimmy Silk (Sam Rockwell), son neveu pour éviter toute manigance...

Si le début du film est attrayant avec des angles de caméras percutants et un rythme effréné, on pouvait se dire que ce film, passé presque inaperçu lors de sa sortie, était une bonne surprise mais le film oscille ensuite entre le moins bon et le très mauvais et c'est sans aucun doute lié au scénario exploité par David Mamet rempli de trous béants et manquant cruellement de profondeur ou de rebondissements. Le braquage en lui-même n'est qu'une partie de l'intrigue et c'est de loin la moins intéressante tant par son cruel manque d'action que par son air de déjà vu qui font cruellement diminuer l'intérêt pour le film d'un seul coup. Alors fausse publicité en ce qui concerne le titre du film ? Plus ou moins... car en fait, on a l'impression que le poids des années des acteurs a joué une importance considérable dans la manière de tourner l'histoire. Difficile de faire réaliser à Gene Hackman des cascades qui feraient écarquiller les yeux au spectateur ! Alors bien évidemment l'articulation doit se faire autrement. C'est pourquoi Mamet a plutôt essayé d'accrocher le spectateur par la préparation du coup plutôt pas mal réussi et surtout (pour notre plus grand désarroi) par le déroulement postérieur au vol qui tourne à la catastrophe scénaristique en jouant à qui mieux-mieux parviendra à garder le butin dérobé et qui traîne en longueur jusqu'à la fin laissant l'impression que cette vaste arnaque a eu une autre victime : le spectateur dépité de voir une fin si prévisible... Quant aux petits rebondissements et retournements de situations indispensables dans ce genre de film, ils sont vraiment minuscules et mal amenés.
Coté acteurs, si Gene Hackman est le centre d'attraction du film et Danny de Vito (qui a un rôle minuscule) sont à la hauteur, les seconds rôles font plus souvent office de figurants non participants à l'action et particulièrement Sam Rockwell, pas crédible une seule seconde dans son rôle de surveillant et de jeunot de l'équipe de cambrioleurs. Heureusement pour eux, les dialogues sont bien écrits et quelques répliques bien senties viennent ponctuer ici et là les moments creux, redonnant un intérêt léger au film... mais c'est trop peu.

Mamet avait bien mieux réussi ses films précédents sur le même thème que Braquages qui est donc un film huilé sur vingt bonnes minutes avant la panne sèche d'un scénario construit essentiellement autour d'un duel manichéen entre les gentils braqueurs et les méchants escrocs...

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