6.5/10

Braquage à l'anglaise

Jason Statham, en ancien braqueur rangé des bagnoles (ou plutôt pas, puisqu'il est concessionnaire) se retient de tabasser le casting dans ce polar ultra-classique, inspiré de faits réels.

Des films de casse, on en a vu plein. Des films où Jason Statham roule des mécaniques, on en a vu une bonne poignée aussi. Et des films de casse où Jason Statham roule des mécaniques, avec le mot « Braquage » dans le titre suivi d'une nationalité, on en a déjà vu un (Braquage à l'italienne) et on en verra un autre l'an prochain (Braquage à la brésilienne, c'est la suite). Celui-ci n'est pas le volet central de la trilogie, et il est précédé d'une réputation de haut vol. Le nouveau Ocean's eleven, comme le proclament Première et l'affiche du film ? N'exagérons pas. Mais un bon moment de classicisme bien carré, oui.

Initialement intitulé Baker Street (et finalement titré The bank job en version originale), Braquage à l'anglaise retrace les péripéties d'une histoire vraie survenue à Jason s'tâte à mains nues (hors champ)
Jason s'tâte à mains nues (hors champ)
Londres en 1971. On suppose qu'une partie des évènements est gentiment romancée pour rendre le récit plus digeste et conventionnel, mais il paraît qu'un vrai travail documentaire a animé l'écriture du scénario, et que plusieurs protagonistes ont apporté leur témoignage confidentiellement.

Le sujet a pourtant un goût de déjà-vu prononcé : une bande de cambrioleurs s'installe dans une échoppe mitoyenne à la banque qu'ils veulent dépouiller, et entreprennent de creuser un tunnel pour accéder à la salle des coffres. Un pitch rencontré, par exemple, assez récemment chez Woody Allen (Escrocs mais pas trop) et chez les frères Coen (Ladykillers), qui ne faisaient déjà rien d'autre que se livrer à un remake du plus ancien Tueurs de dames. Pour l'originalité des prémisses, on repassera, même si le casse décrit ici est en réalité motivé par une sombre manipulation téléguidée par le MI-5 (ou 6, personne n'a l'air de savoir). A tel point que la première partie du film peut susciter quelques bâillements étouffés (ou pas) chez le spectateur habitué à ce genre d'histoire : galerie de personnages sympathiques mais décrits hâtivement, mini-suspenses prévisibles pendant la creuse du tunnel... On se raccroche à la personnalité de Jason Statham et à son trio amoureux esquissé pour tromper le vague ennui distillé par cette première moitié. Heureusement, la suite s'avère plus mouvementée : les braqueurs, on le sait dès le début, sont destinés à plonger dans
"Jason, c'tatami n'suffira pas à étouffer le bruit."
la mouise sans bouée et sans maillot de bain. On réalise progressivement qu'ils y sont encore plus que prévu, et que la taule est sans doute ce qui peut leur arriver de mieux... Les ficelles sont archaïques, les rebondissements visibles à des kilomètres (la véracité de l'intrigue n'excuse rien), mais la sauce prend relativement bien grâce à une narration carrée menée par le vétéran Roger Donaldson (Guet-apens, Le pic de Dante, La recrue).

Bien entendu, on peut être tenté d'attendre le moment où Jason s'tatane les méchants (Krinein est en train de proposer un texte de loi qui rendra ce jeu de mots obligatoire dans tout article qui parle d'un film de Jason Statham). Mais Braquage à l'anglaise n'est pas un film d'action dopé à l'adrénaline comme Hyper tension, c'est un polar à l'ancienne basé sur le suspense et les personnages, mâtiné d'une petite dose syndicale d'espionnage. La recette fonctionne, Statham joue plutôt bien de son charisme brut, et pour peu qu'on goûte l'accent londonien, le film s'avale tout seul. Et se digère facilement.

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Momie (La)

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