5.5/10

Bouquet final

Un sujet universel et sinistre, traité avec une légèreté incroyable par Michel Delgado, scénariste passant à la réalisation. Le résultat est une sorte de téléfilm inconséquent et vaguement drôle.

Le scénariste Michel Delgado (L'enquête corse, L'auberge rouge) s'aventure, pour sa première réalisation, sur le terrain de la mort et des gens qui la croquent. Un sujet qui filerait le bourdon à la plupart des gens, mais pas au Didier du même nom ni à sa jovialité proverbiale. Bouquet final démontre que l'humour noir se conjugue au divertissement familial, sans grand entrain mais avec quelques bonnes blagues.

Gabriel (Marc-André Grondin), est un jeune musicien au chômage. Comme il faut bien vivre, il accepte un boulot dans une entreprise de pompes funèbres ; recruté en tant que directeur commercial, il pique ainsi le boulot que convoite Gervais Bron (Didier Bourdon), croque-mort depuis quinze ans. Le vieux briscard, chargé de former le jeunot, se jure de lui en faire baver... Mais la principale préoccupation de Gabriel est de séduire la charmante avocate Claire (Bérénice Bejo), tout en lui cachant son métier honteux.

Existe aussi avec bouillotte
Existe aussi avec bouillotte
D'entrée de jeu, on sait que Delgado ambitionne de donner dans la grosse farce, avec une scène d'ouverture gaguesque qui désamorce la gravité du propos. Reconnaissons que le scénariste-réalisateur s'emploie à quelques reprises à surprendre le spectateur en emmenant le film là où on ne l'attendait plus, mais globalement il n'est question que de camoufler le thème de la mort sous un cocon de blagues prévisibles et une histoire d'amour totalement standard, avec le souci apparent de ne jamais rentrer dans le vif (ahah) du sujet. Même la bande originale mise sur une pop tendance à des fins euphorisantes, jusque dans les (rares) scènes d'émotion intimistes.

Le casting s'active sans grand enthousiasme dans ce scénario prévisible mais mené avec application ; toutefois, malgré le jeu correct d'un Didier Bourdon devenu sérieusement massif ces dernières années, les prestations les plus remarquables viennent des seconds rôles : Gérard Depardieu et Marthe Keller en parents artistes déphasés, qui interdisent à leur fils d'arrêter la musique et se sont « mortellement inquiétés quand il s'est inscrit en école de commerce » ; et Valérie Bonneton en Tu montes prendre une bière ? (ahah)
Tu montes prendre une bière ? (ahah)
thanatopracticienne, qui sublime un rôle pourtant prévisible par son jeu candide et spontané (là où ses collègues semblent parfois lire péniblement un prompteur). Michel Galabru, de son côté, fait une petite performance sympathique mais fatiguée.

Le film n'est pas véritablement mauvais, il témoigne à la fois d'un soin documentaire (Michel Delgado s'est largement renseigné sur le monde des pompes funèbres) et d'une capacité à fignoler quelques scènes vraiment drôles (le plus efficace restant de mettre deux gars bourrés dans une situation solennelle, c'est idiot mais ça marche toujours), mais le résultat est incroyablement anodin et s'oublie presque instantanément. D'où la nécessité pour l'auteur de ces lignes de boucler rapidement sa page. Et de vous conseiller la lecture du dernier album de Pierre Tombal plutôt que la vision de ce Bouquet final.

A découvrir

Iron Man - Blu-ray

Partager cet article
A voir

Saw V

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Anonyme

    11/11/2008 à 11h13

    Répondre

    Super flim ![img]http://www.krinein.com/forum/images/smilies/love.gif"%20border="0[/img]!


    J'ai trop adoré !! On était a 4 dans la salle de cinéma et c'est bien bête !!


    un film comme ca vaut beacoup plus !!!

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques