7/10

bonheur est dans le pré (Le)

Il n'y a pas un genre plus pratiqué par le cinéma français que la comédie. Sur presque chaque liste rédigée sur le thème des films cultes, on peut constater l'engouement et l'attachement du public français pour ce patrimoine. Le genre n'a pas enfanté que des merveilles d'innovations et d'écriture. La gouaille est souvent excessive et les déceptions nombreuses. Mais attention... Le film dont nous allons parler ici n'est pas une comédie française comme les autres. A la source, il y a Etienne Chatiliez, l'un des cinéastes à succès les plus corrosifs, s'il en est....


Entre 1990 et 2000, Etienne Chatiliez ne réalise qu'un seul film : Le bonheur est dans le pré, en 1995. Chatiliez, après Tati Danielle, au succès critique indéniable mais à la réussite commerciale moins importante, renoue avec le grand succès qu'il avait connu pour La vie est un long fleuve tranquille. 4,9 millions de personnes en salle pour aller voir le Bonheur est dans le pré, après les 4 millions de La vie est un long fleuve tranquille... Ici, le discours se fait moins agressif, mois cynique. Chatiliez réalise un film beaucoup plus doux et optimiste que ce à quoi il nous a habitué. Et pourtant, le film, léger et agréable, résolument souriant, ne donne jamais l'impression d'une accumulation de mièvres scènes béates. Au scénario, on retrouve Florence Quentin, co-scénariste de La vie est un long fleuve tranquille et de Tati Danielle, cette fois seule à l'écriture. La différence de piment serait elle due à l'absence de Chatiliez ?

L'histoire est celle de Francis (Michel Serrault), chef d'entreprise affaibli, blasé et cadenassé par une femme et une fille pédantes et snobs à l'extrême. Ce quotidien morose est bouleversé par une émission de télévision, qui catapulte l'homme dans sa nouvelle vie, au sein d'une famille aimante, dans un pays de cocagne, sous le soleil du Gers. Le film doit une très large partie de son succès à ses acteurs, tous très talentueux : Carmen Maura, la fameuses muse de Pedro Almodovar, Eddie Mitchelle, peut être le chanteur français le plus doué et le plus sous employé du cinéma national (il recevra le César du meilleur second rôle pour sa prestation) et enfin Michel Serrault, véritable pilier du film, monument d'expérience, de talent et de présence. Ce qui fait l'humour, l'ambiance et le caractère du film, c'est bien plus les entrechoquements des personnages, tous très archétypaux, entre eux, que la trame scénaristique, assez mince et de peu d'intérêt.


Scénarisé de manière peu critique, avec une histoire que l'on qualifierait presque de commune, de banale, Le bonheur est dans le pré s'en tire tout de même avec les honneurs grâce à son formidable casting, le couple Mitchell et Serrault en tête. A découvrir.

Partager cet article

A propos de l'auteur

5 commentaires

  • Anonyme

    27/03/2007 à 11h56

    Répondre

    Très bon film le Bonheur est dans le pré, sauf que ça se passe pas en Provence, mais dans le Gers... un peu rien à voir ! Le Bar des Sports est celui de Vic Fezensac, deux fois vainqueurs d'Intervilles... respect !

  • iscarioth

    27/03/2007 à 13h40

    Répondre

    woups

  • just_jorel

    28/03/2007 à 08h10

    Répondre

    Canards = Gers

  • Anonyme

    02/08/2007 à 20h25

    Répondre

    magnifique film !


    en soulignant l'interprétation majestueuse d'Eddy !


    Sans oublier cette musique sublime dont je recherche activement la partition musicale depuis longtemps: en vain ...


    Si quelqu'un savait où je puis me la procurer...


    merci

  • Anonyme

    10/03/2009 à 11h42

    Répondre

    la musique que tu cherches est joué par les armagnacs d'eauze lesarmagnacs.free.fr


     

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques