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Blueberry, l'expérience secrète

Passionnant...

Il était une fois un dessinateur très doué appelé Jean 'Moebius' Giraud. Sa bande dessinée phare met en scène un personnage assez extraordinaire, le célèbre Marshall Blueberry. Un jour, deux producteurs facétieux (Thomas Langmann et Ariel Zeïtoun) se sont dit : on va acheter la licence et produire un grand western à l'américaine.

Ils ont choisi Jan Kounen pour faire leur film, un réalisateur assez barré qui a déjà fait ses preuves et qui a un style bien à lui. Il est parti aux Etats-Unis faire des recherches sur le shamanisme, le thème central du film. Eh oui, car le jeune Blueberry a été recueilli par des indiens après une malheureuse aventure et il a des liens très forts avec cette communauté. Donc il devra jouer sur deux tableaux : protéger les indiens d'un côté et être Marshall de l'autre, ce qui est magnifiquement mal montré dans le film. C'est Vincent Cassel, un vieil ami de Jan, qui fera le ténébreux Blueberry dont le nom n'est au passage pas prononcé de tout le film car on l'appelle Mike. Mais revenons à mon histoire. Kounen s'est tellement passionné pour le sujet qu'il a fait un documentaire sur le shamanisme et qu'on a l'impression que Blueberry est un autre documentaire sur le shamanisme.

En effet, si vous vous attendez à un scénario intéressant, à de grandes scènes d'action et des duels farwestiens, restez tranquillement chez vous et revoyez un ou deux Sergio Leone. Comme son nom l'indique, ce film est une expérience qui est restée bien secrète pour la plupart d'entre nous étant donné que la majeure partie est un trip mystique sous acide renforcé à grands coups d'images 3D certes magnifiques mais profondément ennuyeuses quand on s'en tape un bon quart d'heure d'affilée. Je passe sur les métaphores ridicules avec les aigles, le nombre incroyable de scènes et de plans inutiles, l'incitation à la prise de stupéfiants et d'alcool, la nullité des dialogues... On sent d'ailleurs que Vincent Cassel a voulu s'imprégner à fond de son rôle vu son air défoncé pendant les trois quarts du film. Michael Madsen et Juliette Lewis sont sous-utilisés et même les scènes de saloon manquent de charme.

Bien sûr, on pourrait sûrement parler des heures du côté philosophique du film s'il existe vraiment au-delà de l'éternel combat côté clair / côté obscur de la force mais je n'en vois pas l'utilité car ce film est creux du début à la fin. J'en ai retenu deux choses : la beauté des paysages et une très bonne bande sonore. Si vous cherchez un film psychédélique très réussi, allez voir Las Vegas Parano mais oubliez cette superproduction.

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    4 commentaires

    • nazonfly

      26/10/2007 à 10h30

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      Je copie un vieux truc que j'avais écrit ailleurs quand j'avais vu Blueberry au cinéma. 


      Comme beaucoup de personnes, semble-t-il, je ne connais pas la BD dont est originellement tiré Blueberry, et heureusement celà ne m'a pas fait défaut. Certes les fans ont dû (je pense) se retrouver perdus au milieu de ce pseudo western chamanique.

      Mais je pense que le but de ce film n'est justement pas de proposer une lecture conventionnelle du western, il y en a marre des indiens et des cowboys qui se tirent dessus. Blueberry aurait sûrement encensé la critique si celui-ci n'avait pas été une superproduction. Comme son titre l'indique, c'est une expérience. Et c'est celà que j'ai aimé dans Blueberry, c'est que c'est une expérience innovante, peut être inédite, en tout cas dans le monde des grosses productions.

      Je suis resté presque bouche bée devant ce film, en ayant eu l'impression de vivre quelque chose de fort, quelque chose que je ne comprends pas, mais parfois je préfère me laisser porter par l'ambiance et/ou l'esthétisme d'un film que suivre les chemins clairement tracés par le réalisateur.



      Et je rajoute ces quelques mots aujourd'hui :


      Je viens d'ailleurs de le revoir en DVD et me suis rematé le film avec les commentaires du réalisateur. Pour lui, c'est clair (il le dit d'ailleurs dans une sorte de préface au DVD), Blueberry se veut un film à part, un film qui ne fait pas appel à l'intellect mais à la sensibilité de chacun. En cela, le trip mystique, chamanique déconcertera la plus grande partie des spectateurs. Et le voir en DVD enlève beaucoup de puissance à ce trip.


      Pour répondre à CBL (qui de toute façon ne lira pas cette réponse), Jan Kounen n'a pas voulu citer le nom de Blueberry à cause de sa sortie internationale. Blueberry veut dire Myrtille et donc ça aurait été plutôt ridicule un marshall Myrtille. De la même façon, il dit clairement que le western n'est qu'une excuse et que le film aurait pu être fait à n'importe quelle époque, à condition que le chamanisme soit présent dans la culture filmée évidemment. 

    • riffhifi

      26/10/2007 à 10h56

      Répondre

      "Bien de chez nous" c'est discutable puisque tourné en anglais avec un casting métissé (Michael Madsen etc.)


      Navet je suis d'accord

    • Wax

      26/10/2007 à 11h08

      Répondre

      *mode QI d'huître /on*


      Vou conprné rien band de c**s. Allé fère votr film pr voir de koi vous ète kapabl!!!! lol


      *mode QI d'huître /off*


      N'empêche que j'avais bien aimé moi... au grand désarroi de mon entourage il est vrai.

    • gyzmo

      26/10/2007 à 14h13

      Répondre

      Puis bon, faut dire aussi, c'est du Kounen tout "crashé" : rien dans la tête, tout dans les muscles.

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