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Blood on the Highway

De l'horreur comique à l'arrache, tournée avec les pieds, sans un rond et sans idée. L'humour geek bas du plancher, avec scatologie atterrante et dialogues ineptes, semble avoir séduit les publics de plusieurs festivals.

Primé dans pas moins de six festivals différents, Blood on the Highway nous arrive par le biais de la vidéo, sous une jaquette alléchante en forme de dessin "comics" plutôt stylé. On nous annonce du gore, de la comédie et la présence du Nicholas Brendon qui jouait Alex dans Buffy contre les vampires. Sans aller jusqu'à espérer le Evil Dead ou le Bad Taste du XXIème siècle, c'est avec confiance qu'on met la
galette dans le lecteur pour une bonne soirée chips horrificomique.

Les premières minutes confirment le potentiel de sympathie de cette bande underground : avec son générique rétro agrémenté d'une musique entraînante, Blood on the Highway pourrait bien être un road-movie aussi drôle que saignant. Sauf que non. A l'instant où les premiers acteurs entrent en scène, le doute s'installe : production indépendante, certes, mais les acteurs ne seraient-ils pas simplement une bande d'amateurs recrutés dans l'entourage des cinéastes ? Le trio vedette est composé d'un sosie approximatif de Sarah Michelle Gellar, d'une mauviette et d'un grand échalas aussi musclé qu'antipathique : de tout le film, il s'avèrera impossible de ressentir la moindre empathie pour l'un ou l'autre, tandis que leur comportement naviguera entre la bêtise et l'incohérence selon les besoins de l'intrigue. On objectera qu'il s'agit d'une comédie, et que l'absurdité y doit régner en maître, mais le scénario ne s'écarte jamais assez de sa ligne directrice pour prétendre à cette absurdité. On se retrouve donc avec une histoire standard (trois jeunes partent en vacances, s'arrêtent dans une station-essence, sont pourchassés par des vampires et se calfeutrent dans une maison avec les survivants locaux), avançant à coups de gags scatologiques (caca, vomi), de blagues sexuelles infantiles (ohoh, il paraît que tu as un pénis inversé) et de
dialogues lamentables (émaillés d'expressions utilisées uniquement par les geeks, comme « fucktards »). La mise en scène est plate, le rythme et la tension sont inexistants, les figurants sont tous des clones du vendeur de comics obèse dans Les Simpson, et l'apparition de Nicholas Brendon en catogan, aussi pathétique que le reste, se limite à trois minutes en fin de métrage. Le résultat ferait passer Zombie Strippers pour du Kubrick et Lesbian Vampire Killers pour du Kurosawa. Au crédit du film, on admettra que l'image ne trahit pas trop son origine vidéo, et que les effets gore sont parfois réussis (mais si mal amenés et filmés qu'on n'y voit qu'une démo de l'équipe chargée de les réaliser). Finalement, le plus drôle reste la lecture des sous-titres français : « Bitch » y est traduit par « Madame », « Japanese » par « pervers » et « pathetic asshole » par « Superman ». Malheureusement, le film n'est proposé qu'en v.o. : à quoi aurait-on eu droit si un doublage avait été fait ?...

Pour ceux que le film aurait séduit malgré tout, le DVD propose un making-of long et détaillé du tournage (comment la crotte a été faite, etc.).

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Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

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