4/10

Blood Snow

Six copains s'en vont faire les zozos dans un chalet perché dans une montagne que l'on dit hantée par les âmes de pionniers s'étant entredévorés lors d'une tempête tenace. Un malheur n'arrivant jamais seul, le générateur a des ratés, il neige à pierre fendre et un des clampins commence à voir des morts. Brr.

Six copains s'en vont faire les zozos dans un chalet perché dans une montagne que l'on dit hantée par les âmes de pionniers s'étant entredévorés lors d'une tempête tenace. Un malheur n'arrivant jamais seul, le générateur a des ratés, il neige à pierre fendre et un des clampins commence à voir des morts. Brr.

Avec son chronomètre atteignant péniblement 1h10, sa paire de seins astucieusement placée et le cachetonnage du conehead Michael Berryman en figurant de luxe, Blood Snow est un de ces petits direct-to-video comme on en trouve bon nombre aux USA. Au point qu'il est presque étonnant de ne pas voir la chose sortir des placards de Charles Band pour le compte du marché du câble. Pour le coup, nous retrouvons derrière cette entreprise le nom plus discret d'American World Picture, compagnie indépendante cofondée par ce bourrin de Mark Lester dont le catalogue nous arrive au compte-goutte, porté par des représentants franchement pourris. Après Pterodactyl, Yeti ou encore Lost Colony, voici donc Blood Snow, qui ne relève le niveau que d'une courte tête. Blood Snow a pour lui trois qualités : sa brièveté, la relative originalité de son traitement et une musique étrange de Jonathan Price, apportant un gain de poésie aux apparitions spectrales. Ceci et quelques effets de frousse plutôt efficaces. Peut-être les seuls atouts de ce téléfilm bien pépère, aux dialogues plats,  n'exploitant jamais un contexte géographique pourtant apte à être anxiogène. Le casting, oscillant entre un rescapé de 7 à la Maison et une pop-star des années 80, n'a rien de foudroyant et l'idée, pas mauvaise en soi, de créer une ambigüité psychologique à la Shining, référence explicite de cette histoire de fantômes-cannibales, n'a pas le temps d'être poussée à son paroxysme. Quelques jolis plans aident à faire passer le temps, mais au final, c'est bien l'ennui qui gagne.

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"Les montagnes, ça craint, je préfère les collines"

L'oeuvre, indéniablement modeste et référentielle, ne méritant pas que l'on s'acharne dessus plus que de raison, cessons là les hostilités. Car c'est finalement plus d'ambiance que de talent que manque ce Blood Snow, techniquement pas honteux. Plus qu'une quelconque antipathie, Blood Snow suscite surtout l'envie de se refaire Vorace. Quelque part, ce n'est pas si mal.

Le DVD

Par un paradoxe plus ou moins étrange, les films les plus fauchés ou les plus faibles suscitent souvent de bons bonus, pour la simple raison que les tournages les plus malaisés dispensent les meilleures leçons de cinéma. Blood Snow est de ceux-là, avec son making-of relax et sans prétentions qui revient tranquillement sur le projet, de la genèse à sa concrétisation. L'occasion de constater qu'il faisait effectivement un temps de chien sur le plateau. Un module dont l'aspect bricolé s'avère assez rafraîchissant, à l'image du jovial "hey, I make movies !" lancé par un membre de l'équipe heureux de se les geler pour la bonne cause du 7ème art ! Dommage qu'il ne soit pas sous-titré ou traduit. Le public non-anglophone se tournera plus volontiers vers un diaporama de belle qualité, permettant entre autres de s'attarder sur la qualité des maquillages, très satisfaisant pour ce genre de production. Image et son de bonne tenue.

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Johnny Belle Gueule

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