5/10

Blanche-Neige 2012 : plutôt grise

Je m'en vais de ce pas vous expliquer pourquoi ce film est une œuvre de Dark Fantasy. Vous allez voir, c'est très simple : il admet que Kristen Stewart est plus belle de Charlize Theron. Attendez, attendez, je vous retranscris ça en langage universel :

Charlize Theron   <   Kristen Stewart


A droite, l'ex-plus belle du royaume ; à gauche, la nouvelle...

Des revues de haute autorité scientifique (comme FHM, Maxim, ou 20 Minutes) listent régulièrement Charlize dans leurs classements des plus belles femmes du monde, et l'on va essayer de nous faire avaler que Kristen la surpasse en termes de beauté ?
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On comprend dès lors l'important budget dédié aux effets spéciaux, sauf que la retouche numérique n'ira pas jusqu'à corriger les traits de la petite Bella. Bien sûr, dans l'idée on s'en fout, et d'une manière générale il s‘agit d'un jugement sur pièces qui va hérisser le poil aux féministes. Mais il faut rester cohérent : si un Fast & Furious montrait une Twingo gratter une Porsche, on râlerait ; si l'on affirmait qu'une frite maison était moins bonne qu'une frite McDo, on râlerait ; si un testeur de jeu vidéo écrivait noir sur blanc que Modern Warfare X était plus beau sur Wii que sur consoles HD, ce serait un déluge d'insultes et une castration en bonne et due forme.
Bref, le film part mal.

Mais s'il n'y avait que ça, on s'estimerait heureux. À l'image du Alice de Tim Burton, Blanche-Neige devient plus moderne et plus noir dans son propos. Encore que, pour la petite Alice, les conquis pouvaient affirmer que la vision du cinéaste chevelu était tout de même assez proche du conte originel. Pour Blanche-Neige, c'est du foutrement n'importe quoi articulé autour des clichés récurrents du conte des frères Grimm : la pureté, la pomme, le miroir. Parlons-en de la pureté, tiens. Tout le monde le dit très clairement :
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Blanche-neige est la plus belle, la plus pure et la plus innocente. En termes Hollywoodiens, le concept est plutôt vaste et indéfini, puisque la princesse en question va défigurer des types avec des clous rouillés, jouer du couteau, et lever une armée pour aller botter le cul magique de sa marâtre. Pour la pureté et l'innocence on repassera, bien que tous les personnages du film semblent sous le charme. On se demande d'ailleurs ce qui se passe dans la tête des scénaristes, qui paraissent appliquer sur chaque nouveau film un peu médiatique plus ou moins le même patron : emprisonnement, fuite, discours flamboyant, guerre. On trouvera des incohérences à chaque chapitre, mais ce sont bien les deux derniers qui nous laissent sur le cul. À voir les conneries qu'elle débite à ces hommes et l'espèce d'inconscience manifeste qu'elle affiche sur le champ de bataille (je vous passe les détails sur le plan d'attaque, improvisé et irréfléchi), on jurerait voir une nouvelle version de Jeanne d'Arc.


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Logiquement, Kristen et Charlize exploitent leurs rôles et éclipsent tous les autres. La première, on ne va pas revenir dessus ; la seconde joue de son sourire et hurle de temps en temps sur des gens, tout en mettant à rude épreuve le département FX qui est en charge de la faire vieillir. La reine a un frère, que l'on qualifiera  très expressément de plus gros loser du monde (hideux, une coupe de cheveux à se jeter dans une bétonnière en marche, et con comme pas deux), on s'en fichera rapidement. Restent les prétendants au cœur de Blanche-Neige. Le premier, c'est le chasseur, joué par notre ami Thor. Il a des grosses burnes, quoique un peu tristes depuis que sa femme s'est faite oblitérer par les armées de la méchante reine, et s'en prend un peu plein la gueule tout le long du film ; le second, c'est William, l'ami d'enfance au sang noble : une sorte de Legolas à la conversation pas très inspirée et à l'intellect limité. Ah mais j'oubliais, il y a les nains ! Pas très présents à l'écran, ils sont pourtant ce qu'il y a de plus réussi dans le coin, peut-être par l'entremise d'acteurs de qualité (Bob Hoskins, Ian McShane, etc.).

Blanche-Neige et le chasseur est donc un film à voir comme un Robin des Bois version 2010 : on oublie la légende, et on se prépare à la guerre. Sauf que c'est sans Ridley Scott, sans Russel Crowe, et quelques années en retard. En soi, ce n'est pas plus mauvais qu'une ressortie lambda comme on en essuie des tas ces derniers temps, mais la pilule est difficile à avaler sur certains points. Et ce n'est pas comme si c'était bien écrit, bien réalisé.


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A propos de l'auteur

11 commentaires

  • Nicolas

    25/06/2012 à 17h26

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    Juste pour signaler que la dernière photo de l'article est un des rares clichés où l'on peut apercevoir Kristen Stewart la bouche fermée http://cinema.krinein.com/-24984/blanch ... 19210.html

  • hiddenplace

    25/06/2012 à 18h57

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    Ils ont dû coller ses lèvres

  • nazonfly

    25/06/2012 à 22h48

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    Toujours pas de photo qui sourit par contre on dirait

  • froo

    25/06/2012 à 23h47

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    Ça fait pas envie en tout cas.

  • pastis-mirabelle

    26/06/2012 à 09h16

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    Entièrement d'accord avec cette critique. Blanche-Neige et le Chasseur fait penser à un mauvais morceau de metal : les codes esthétiques du genre sont présents, le rythme est entraînant, mais on n'y retrouve ni la subtilité, ni la poésie pourtant indispensables pour apprécier le genre. Heureusement que les Nains sauvent le film du naufrage, tous les autres personnages héritant de dialogues... Heu, non, en fait ils n'ont hérité de rien du tout !

    4/10 (dont 3 points de bonus pour les Nains)

  • jaiina

    26/06/2012 à 17h06

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    Idem, j'ai le même ressenti après le film...Beaucoup de promesses...pour pas grand chose au final. Pas désagréable à voir mais une impression de longueur. Il ne se passe finalement pas grand chose...J'ai parfois eu l'impression de me retrouver dans Robin des Bois, parfois dans le Seigneur des anneaux (mais en moins bien, of course).
    J'hésite entre un petit 4 ou un gros 3/10

  • el viking

    26/06/2012 à 19h28

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    C'est marrant ta comparaison entre la twingo et la porsch dans un hypothétique fast and furious, parceque les mangaka l'ont déjà fait, ça, faire gagner la twingo...

    Enfin, c'est pas une twingo mais une toyota, enfin bon, l'idée reste la même...

  • Akashinai

    27/06/2012 à 10h13

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    Meme ressenti, je suis monté à 4,5/10 pour certaines images assez esthétique (le dos de Charlize tout osseux, les fées, le cerf) et pour la beauté de Charlize, mais sinon ca ne vole pas bien haut...

  • pastis-mirabelle

    28/06/2012 à 16h25

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    La Forêt Enchantée m'a énormément fait penser au monde d'Avatar. Est-ce le fruit de mon imagination ou avez-vous eu la même impression ?

  • Loïc Massaïa

    23/03/2013 à 23h19

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    Oulala je viens de voir cette chose.
    Je ne sais pas pourquoi j'ai tenu, peut être pour voir jusqu'au bout l'étendu du désastre.
    C'est assez amusant de lire cette critique, qui aurait pu être la mienne sur bien des points. Hormis peut être la beauté de l'une ou l'autre, je ne me serait pas attardé dessus, car j'estime qu'il y a là une affaire de goût qui dépasse la simple logique. Et puisque pour beaucoup d'ado, qu'on le déplore ou non, Kristen Stewart incarne un certain érotisme. C'est vrai, a chaque fois qu'elle veut transmettre une emotion ou qu'elle doit faire la fatiguée ou l'essoufflée, on dirait qu'elle vient d'avoir un orgasme...
    Bref. En dehors de ça, je trouve qu'elle s'en sort pas si mal vu la profondeur de son personnage : elle donne une certaine intensité a son interprétation. Charlie theron est plus caricaturale, mais bon, dans un conte ça colle bien.
    Ce qu'il faut voir dans cette dualité d'actrice, au delà de leur beauté relative, c'est plus le symbole. L'actrice qui a de la bouteille, pas encore finie, mais qui tend vers le déclin de carrière hollywoodienne (elle commence à être vieille : 37 ans lors delà sortie du film), qui va se faire botter le train par la nouvelle coqueluche, jeune et bancable.

    Les citations visuelles sont trop évidentes (avatar, le seigneur des anneaux, Burton, princesse mononoke avec la scène inutile du cerf) et hôte la potentielle puissance évocatrice du film. Tout tombe à plat, sans personnalité, sans souffle épique, un scenar con comme ses pieds, des incohérences en veux-tu en voilà (non mais oui, tout pareil pour le coup de la blanche neige pure et naïve qui ne jure que par la mort de la sorcière, qui déclame un discours digne de braveheart ou de indépendance day et qui enfile son armure telle une Jeanne d'arc (moi aussi j'y ai vu cette référence) immature.

    Mais ce n'est même pas ce qu'il y a de plus terrible dans cette daube. Le pire, c'est qu'à la base transposer ce conte dans un univers héroïc fantasy n'est pas une idée si mauvaise. Ça donne un côté original, un ton plus adulte, plus sombre aussi. Soit. Pourquoi pas. Le problème c'est que cette histoire de beauté, de pureté, et de magie de l'amour qui est plus fort que la mort est tellement naïve, que dans ce contexte sombre et violent, il en devient d'un profond ridicule. Soit on rit, soit on est atterré. Soit les deux.

  • Islara

    19/07/2013 à 11h55

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    Bon allez, je vais tous vous faire pleurer, j'ai vu le film récemment, un peu par hasard et il ma drôlement plu. 1er point positif, par certains côtés il m'a rappelé la féérie de Princesse Mononoké, ce qui était absolument savoureux (et ce n'est pas le cerf qui m'y a fait penser, ce sont les bestioles de la forêt).2ème point positif : cette façon de trancher avec le conte et d'en faire une version sombre, c'était très amusant (et ça surprend bien au début). Enfin, et c'est peut-être ce qu'il y a de mieux, le film conserve cette espèce d'atmosphère enfantine malgré le côté sombre : tout est candide, un peu rapide, elliptique, souvent pas crédible, mais c'est le principe du conte de féé. Rien n'y est crédible, tout y est symbolique.Bref, pour apprécier ce film, je pense qu'il faut avoir gardé son âme d'enfant (ou lire des contes à des enfants) tout en ayant un léger attrait pour le Japon.Quant à la beauté des actrices, vous n'avez rien compris  : la femme la mieux roulée du monde sera toujours moins belle que les autres si elle est méchante et aussi aimable qu'une porte de prison. Vous êtes trop superficiels les copains, même les gosses ils comprennent ça. Pour eux, bien sûr que Kristen elle est plus belle puisqu'elle est gentille.

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