Biographie de Lars von Trier

Né le 30 avril 1956 à Copenhague, Lars Trier ajoutera un "von" dans son nom pour s'anoblir de la plus immodeste des façons. Une provocation parmi d'autres pour ce cinéaste danois insolent et génial, dont peu de films laissent indifférent.

Après avoir étudié à la Danish Film School, il réalise en 1984 son premier long métrage Element of Crime, un thriller expressionniste envoûtant qui lui vaut le Grand Prix technique au Festival de Cannes.

Après les plus confidentiels et expérimentaux Epidemic et Medea (d'après un scénario de son idole Carl Theodor Dreyer), Lars von Trier tourne Europa (1991), un drame historique en noir et blanc avec Jean-Marc Barr, qui lui vaut d'être accepté dans la cour des grands (la critique le chouchoute, Spielberg lui propose un scénario - qu'il refuse !). Il se tourne alors vers la télévision, et concocte en 1994 une mini-série
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étrange appelée Riget (en France : L'hôpital et ses fantômes), sorte de Twin Peaks danois à l'humour étrange et corrosif ; une deuxième saison verra le jour en 1998, mais l'intrigue restera en suspens... Jusqu'à la mise en chantier d'un remake américain piloté par Stephen King (The Kingdom).

Revenant au cinéma, il pousse à son paroxysme le style éprouvé sur Riget : lumière naturelle, caméra portée... Breaking the Waves, drame étouffant et intime, tissé de longs plans séquences et brillamment interprété, lui vaut le Grand Prix du Jury à Cannes ; il remportera quatre ans plus tard la Palme d'Or, avec un autre mélodrame larmoyant appelé Dancer in the Dark (la chanteuse Björk y incarne la femme la plus misérable du monde).

Entre-temps, il crée avec quelques confrères le concept du Dogme, qui consiste à retrouver la pureté de la narration cinématographique en la dépouillant de ses artifices : tournages en vidéo, pas d'effet spécial, pas de ressort dramatique typique de la fiction... Juste derrière le Festen de Tomas Vinterberg, Lars von Trier apporte sa contribution au catalogue Dogma avec Les idiots (1997).

En 2003 et 2005, il réalise Dogville et Manderlay, qui constituent un diptyque consacré à sa vision de l'Amérique : Nicole Kidman et Bryce Dallas Howard s'y succèdent dans le rôle de Grace. Faisant un détour quasiment "Dogma" par l'anecdotique comédie Le Direktor,  il secoue ensuite le public avec le traumatisant Antichrist, où Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe paient chèrement de leurs personnes. En 2011, il réunit un casting quasiment hollywoodien pour Melancholia, un drame familial sur fond de science-fiction, présenté en compétition au Festival de Cannes...

Il a été marié deux fois et a quatre enfants.

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Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

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